• Pourquoi diable certains s'obstinent-ils à employer escalier au pluriel dans des expressions où il n'est de toute évidence question que de singulier ?

    Certes, l'hésitation sur le nombre est fondée dès lors que l'on a affaire à des objets composés de plusieurs parties identiques, mais, attendu qu'un escalier est constitué d'un ensemble de marches permettant d'accéder à un autre niveau, on conçoit qu'il convient de dire :

    Monter ou descendre l'escalier (de préférence à les escaliers) mais Monter ou descendre les marches.

    La concierge est dans l'escalier (à moins que l'immeuble ne possède plusieurs escaliers, auquel cas le pluriel peut se justifier).

    Aussi se gardera-t-on de confondre escalier et marche (ou degré)... sous peine de dévaler celles de la gloire orthographique.

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    Remarque 1
    : Dans l'expression figée descendre l'escalier quatre à quatre (de préférence à descendre les escaliers quatre à quatre), qui signifie « très vite, en franchissant plusieurs marches à la fois », on notera la juxtaposition du collectif (l'escalier) et de la partie (les marches).

    Remarque 2 : L'usage de la préposition dans (Il le croisa dans l'escalier) est préférable à sur, qui entretient la confusion entre marches, palier et escalier.

    Escalier


    Sans doute préfèrent-elles descendre l'escalier tout court...
    (Livre de Paul Henney, Editions EDP Sciences.)

     


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  • Passer (aller, sauter) d'un extrême à l'autre et passer d'une extrémité à l'autre sont deux expressions possédant le même sens, à savoir « passer d'un état excessif à un état contraire ».

    Ce n'est pas une raison pour passer outre aux règles du genre en écrivant, par extrême confusion : passer d'une extrême à l'autre (formulation fautive, extrême étant ici un nom masculin).

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    Remarque 1
    : Extrême est également un adjectif qui signifie « qui est au dernier point, au plus haut degré » et, par extension, « qui est très éloigné de la juste mesure » (Un froid extrême. Une attitude extrême). En tant que superlatif, extrême ne devrait pas être pourvu d'une marque de degré, mais on trouve souvent dans la littérature les formulations plus extrême, aussi extrême..., acceptées par Littré et Hanse.

    Remarque 2 : Malgré ses airs pléonastiques, l'expression être à la dernière extrémité est admise par l'Académie, avec le sens de « être sur le point de mourir ».

    Remarque 3 : On notera l'accent aigu de extrémité et l'accent circonflexe de extrême échappant à la règle qui veut que, « quand dans les dérivés l'accent devient aigu, le mot primitif prenne l'accent grave et non l'accent circonflexe, par exemple : problème / problématique, système / systématique » (Littré).

    Extrême

    Livre de Nuria Roca, Editions Ulisse

     


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  • Plusieurs expressions construites avec les verbes mettre et remettre peuvent prêter à confusion ou présenter des difficultés.


    • Mettre
    (ou remettre) sur pied (et non sur pieds) : constituer, élaborer.

    • Mettre au ban de la société (et non au banc) : déclarer indigne.

    • Mettre à jour (= mettre en conformité, tenir en ordre, actualiser) mais Mettre au jour (= faire sortir de terre, faire apparaître, divulguer).

    Les archéologues ont mis au jour des vestiges romains (il s'agit d'une mise au jour) mais Il a mis ses comptes à jour (il s'agit d'une mise à jour).

    • Mettre en cause (= impliquer dans, incriminer) mais Remettre en cause (= considérer à nouveau).

    • Mettre (ou remettre) en question : contester, soumettre à la discussion.

    • Mettre (ou être) en butte (et non en but) : exposer (ou être exposé) à.

    Il a été mis en butte à ses contradictions.

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    Remarque 1 : Faites attention à la conjugaison au conditionnel : Vous mettriez (et non Vous metteriez).

    Remarque 2 : Faites attention à l'accord du participe passé de la forme pronominale (voir le rappel de la règle).

    Elle s'est mise à table mais Elle s'est mis un chapeau et des gants.

    Elle s'est remise de sa maladie.

    Remarque 3 : Concernant l'accord de la locution mis à part, voir le rappel de la règle.

     

    Remettre

     


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  • La distinction, qui a cours en Belgique et au Québec notamment, entre ennuyant (dans le sens de « contrariant ») et son paronyme ennuyeux (dans le sens de « lassant, fastidieux, qui cause de l'ennui ») est conforme à l'avis de Littré :

    « L'homme ennuyant est celui qui ennuie par occasion ; cela est accidentel ; l'homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours ; cela est inhérent. Un homme ennuyant peut n'être aucunement ennuyeux. »

    Ainsi, nos cousins Québécois qualifieront un contretemps d'ennuyant (qui les a contrariés sur le moment) et un emploi d'ennuyeux (s'il est intrinsèquement monotone, fastidieux).

    Cette nuance n'est plus de mise en France, où l'Académie considère l'adjectif ennuyant (participe présent du verbe ennuyer) comme vieilli. On remplacera donc avantageusement ce dernier par ennuyeux, qui réunit les deux idées (contrariété passagère imputable aux circonstances et lassitude persistante).

    Un homme ennuyeux, un contretemps bien ennuyeux.

     

    Ennuyeux

     


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  • De façon surprenante, rassis, au sens de « qui n'est plus frais, mais pas encore dur », est le participe passé du verbe rasseoir (« asseoir de nouveau, remettre à sa place »), employé comme adjectif. À partir de là s'est formé dans la langue populaire le verbe rassir (non reconnu par l'Académie, mais désormais enregistré par les dictionnaires usuels).

    Du pain rassis.

    Laisser le pain devenir rassis (de préférence à laisser rassir le pain).

    Au féminin, rassis devient rassise.

    Une brioche rassise (et non rassie).

     

    Rassis

    Une bonne viande est une viande bien rassise.
    (photo Wikipédia sous licence GFDL by David Benbennick)

     


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