• Attention, locution suspecte ! Condamnée par l'Académie comme « grammaticalement fautive », présentée comme « familière » dans le Petit Robert (1), l'expression au final est pourtant fréquemment employée, tant à l'écrit qu'à l'oral, comme synonyme de finalement. Que lui reproche-t-on, au juste ? De faire de l'adjectif final un nom : au n'est-il pas la contraction de à le ? nous explique-t-on le nez plissé. Le masculin attendu excluant le substantif féminin finale (« dernière épreuve d'une compétition sportive »), l'homme de goût passera son chemin. Point final.

    L'argument est de poids, assurément, mais ne saurait donner la mesure : les fines bouches font-elles autant de cas de l'expression en définitive, dûment consignée dans le Dictionnaire de l'Académie ? Si l'on accepte cette dernière locution mise pour « en sentence définitive », pourquoi refuser au final, que l'on peut voir comme une ellipse de « au temps final, au moment final » ? Le deux poids deux mesures, avouez que c'est agaçant, à la fin ! D'autant que, soit dit en passant et n'en déplaise aux grincheux, l'emploi substantivé de final est attesté (au sens de « finalité », si l'on en croit le Dictionnaire du moyen français) depuis... le XVe siècle : « PARIS. Dieu fault de tout louer... PEUPLE. Ce est le principal. PARIS. ... et pardon demander. PEUPLE. Cela est le final » (Moralité d'Excellence, Science, Paris et Peuple, vers 1465-1468) (2). Mais c'est surtout dans son acception musicale que finale (et sa variante orthographique sans e... final), emprunté au XVIIIe siècle de l'italien finale, s'est imposé comme substantif masculin pour désigner la dernière partie d'une œuvre de musique, d'un acte d'opéra (le finale de la neuvième symphonie de Beethoven). Partant, il était écrit que le syntagme prépositionnel au final(e) finirait par se rencontrer dans la littérature musicale, comme en témoignent ces deux exemples :

    « [Le compositeur italien] Piccinni eut l'heureuse idée de les [= divers motifs musicaux] annoncer aussi par des changements de mouvements et de mesure, donnant, par ce moyen, au final, moins d'uniformité et plus de développement et d'étendue » (Biographie nouvelle des contemporains, 1824).

    « Il est bon dans une symphonie même pastorale de faire revenir de temps en temps le motif principal, gracieux, tendre ou terrible, pour enfin le faire tonner au finale avec la tempête graduée de tous les instruments » (Gérard de Nerval, 1854).

    De là à accréditer l'origine musicale de notre locution adverbiale, il n'y a qu'une pirouette orthographique que tous les spécialistes ne sont pas près d'accepter : « Qui peut croire à ce glissement du vocabulaire mélomane vers le parler de tous les jours ? » objecte Didier Pourquery dans Les Mots de l'époque (2014). Et pourtant... Un article de la Grammaire des grammaires (1853) de Girault-Duvivier nous met la puce à l'oreille, fût-elle non mélomane :

    « [Pour le grammairien Domergue, membre de l'Académie française de 1803 à 1810,] le mot final, ainsi que la chose, nous vient des Italiens, et que dans leur langue il est, lorsqu'il signifie le morceau final, du genre masculin : Ecco un bel finale, disent-ils ; ils sous-entendent pezzo, qui veut dire morceau. D'ailleurs, ajoute Domergue, final est évidemment un adjectif, ou plutôt un adjectif substantifié [qui] ne peut être d'un autre genre que du genre masculin. »

    Dès lors, rien ne s'oppose, de l'aveu même d'un académicien, à ce que au final soit analysé comme l'ellipse de la locution musicale « au morceau final », passée dans la langue courante avec le sens figuré de « au moment final ». Pour autant, ses sceptiques successeurs pourront toujours continuer de lui préférer des expressions plus consensuelles comme à la fin, finalement, pour finir, en fin de compte, tout compte fait, au bout du compte, en dernier lieu, somme toute, etc., voire in fine, locution latine renvoyant à la fin d'un livre, d'un texte, d'un discours. Fin mot de l'affaire ?

     

    AstucePour rappel, finale, au féminin, désigne la dernière épreuve d'une compétition sportive ; au masculin, la dernière partie d'une œuvre musicale.

    Il va disputer la demi-finale mais Il va entonner le finale.

     
    (1) Et aussi : « Au final est un barbarisme, une tournure inacceptable » (Jean-Pierre Colignon), « Il s'agit d'une faute de grammaire » (Paul Saegaert), « L'expression au final [...] est donc, au mieux, un néologisme, au pire, une impropriété et, en tout cas, une expression tellement galvaudée qu'elle doit être bannie » (Didier Guével). Rien que ça !

    (2) Notons également cette construction trouvée dans un texte daté de 1618 : « Le tuteur peut actionner son pupil apres la closture de son compte pour la despence, fraiz, nourriture et entretenement, dont il se trouve au final d'iceluy son reliquataire » (Les Procès civil et criminel, Claude Le Brun de la Rochette).

     

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    Remarque 1 : D'autres encore justifient la construction au final par analogie avec le latin in fine, l'espagnol al final ou les français au total, au complet.

    Remarque 2 : Non, la locution adverbiale au final n'est pas « nouvellement forgée » comme on peut le lire çà et là : « Je disserterai, au final, sur l'intérêt de divers partis à intervenir dans cette affaire » (Charles Fourier, 1823), « J'leur tiens la bride, si bien qu'au final, / Y a toujours mèche pour me faire entendre » (Pierre Tournemine, 1837), « Mais au final, elle devint excessivement pâle » (Joseph-Henri Boex, 1890), « La théorie cachée dans ce mot égalité n'est autre chose, au final, que celle d'une nouvelle organisation sociale » (Auguste Onclair, 1895). C'est sa prolifération − jusque sous des plumes avisées − qui date des années 1990 : « Tous, au final, flambeau en main, se regrouperaient devant l'église » (Jean-Luc Coatalem, 1998), « Un compromis entre exigences lexicographiques et nécessités commerciales qu'au final on s'accordera à trouver plutôt honorable » (Jean Pruvost et alii, Pierre Larousse, 2002), « Mais, au final, il va prendre la route du nord » (Erik Orsenna et Isabelle Autissier, 2006), « On ne sait, au final, s'il publie afin d'être aimé ou moqué » (Jean-Paul Enthoven, 2016).

    Remarque 3 : Dans la neuvième édition de son Dictionnaire, l'Académie enregistre les deux graphies pour le substantif masculin employé au sens de « dernière partie d'une œuvre » : « Final, ou mieux, Finale. » Précisons que le mot est également attesté comme terme d'architecture : « Les pinacles, les flèches, si essentiels à l'architecture gothique, exigeaient un surcroît qui en fût la fin, un ajoutage qui en fût la terminaison. Eh bien, cette fonction indispensable fut noblement remplie par le final, terme employé par les Anglais pour désigner le bouquet et qui a plus de justesse que celui-ci » (Jean-François Colfs, La Filiation généalogique de toutes les écoles gothiques, 1883).

    Remarque 4 : L'adjectif final s'écrit finals au masculin pluriel (parfois finaux dans le vocabulaire des linguistes et des économistes) et finales au féminin pluriel.

    Les résultats finals, les solutions finales.

    Remarque 5 : Voir également les billets En définitive et Finaliser.

    Au final

     


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  • Voilà une expression qui connaît le même sort que au jour d'aujourd'hui : mise à l'index pour sa lourdeur pléonastique et un rien suffisante, vilipendée par certains puristes... et pourtant employée à tour de bras, même par de bons écrivains (Apollinaire, Mérimée, Huysmans, etc.)

    Alors, qu'en est-il vraiment ? L'association de ces deux adverbes relève-t-elle définitivement de la construction artificielle  ? Voire...

    Voire (avec un e final ; à ne surtout pas confondre avec son homonyme, le verbe voir) fut à l'origine un adverbe qui correspondait à une sorte de « oui » mesuré. Il en reste aujourd'hui trace dans la réponse ironique et dubitative : Lui, un grand artiste ? Voire !

    Puis voire a signifié « vraiment, sans aucun doute », conformément à son étymologie (du latin verus, vrai), avant de prendre le sens actuel de « (et) même », visant à renforcer une assertion, à renchérir. Et c'est là que ses ennuis commencent. Car, avec cette dernière acception, voire même semble bien revêtir tous les oripeaux du pléonasme : « et même même »...

    Mais ce serait oublier le sens originel de voire ! Ainsi, plusieurs grammairiens (Girodet, Larousse, Thérive, Thomas, etc.) allèguent que l'expression voire même doit être comprise non comme une redondance inutile mais comme « véritablement même », formule qui peut être taxée, à la rigueur, d'archaïsme (elle daterait tout de même du XVIIe siècle), mais plus de pléonasme.

    Vraiment ? Certains objecteront – avec justesse, ma foi – que l'usage qui est actuellement fait de voire même relève davantage de « peut-être même » que de « véritablement même »... À quelle logique se plier, en définitive ?

    Toujours est-il que rien n'empêche ceux qui aspirent à plus de légèreté de se contenter de voire ou de et même.

    En résumé, les trois formulations suivantes ont reçu l'approbation de l'Académie :

    Il est parti plusieurs jours, voire des semaines.

    Il est parti plusieurs jours, voire même des semaines.

    Il est parti plusieurs jours, et même des semaines.

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    Remarque
    : Bien qu'encore critiquée dans de nombreux manuels, l'expression voire même est souvent considérée comme un pléonasme « aujourd'hui admis » (Hanse). Pour autant, elle fait partie de ces prétendues fautes (avec par contre...) qu'il est de bon ton d'éviter si l'on veut être considéré comme quelqu'un qui maîtrise sa langue.

    Subtilités : Passez me voir demain, voire aujourd'hui.

    Définitions

    Pléonasme : répétition inutile de mots ayant le même sens.

    Pléonastique : qui relève du pléonasme.

    Voire même

     


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  • Voilà une expression qui a le vent en poupe, un tic de langage à la mode qui fait florès dans les bars comme dans les salons, en dépit de l'indéniable lourdeur de son tour pléonastique.

    Que lui vaut son succès actuel ? Son emphase supposée renforcer l'actualité de l'idée exprimée ? Ou la délicieuse suffisance que sa formulation semble procurer à certains ?... Autrefois réservé au registre ironique, ce pléonasme volontaire se répand aujourd'hui dans le langage courant comme une marque illusoire de style soutenu et jusque chez de bons auteurs (George Sand en tête). Au point de susciter chez d'autres un agacement (et c'est un euphémisme) à la hauteur de son incompréhensible popularité.

    Flèche

    Au jour d'aujourd'hui, double pléonasme


    Déjà, la formation de l'adverbe aujourd'hui (contraction de à le jour d'hui) avait de quoi faire grincer des dents. Hui signifiant à lui seul « le jour présent » (du latin hodie, en ce jour), aujourd'hui constitue un pléonasme en soi (« au jour de ce jour »), à la lourdeur certes critiquable mais qui est entré dans la langue comme un mot à part entière depuis le XIIIe siècle. Un pléonasme « admis », donc, par oubli de son étymologie.

    Mais que dire de la locution au jour d'aujourd'hui, qui ajoute une troisième couche à un mille-feuille déjà bien indigeste ? Sinon qu'il s'agit d'un « pléonasme populaire et fort peu recommandable » (Littré), que l'on remplacera plus légèrement par aujourd'hui, actuellement ou à ce jour.

    Foin de la surenchère verbale, donc ! Car à force de se gargariser de ces constructions artificielles, pompeuses et souvent ridicules, on finirait par voir fleurir des « au jour d'hier (ou de demain) » comme des « à l'heure de cette heure »...

    Pour autant, comme le concède le même Littré, cette locution tant décriée peut parfois être utilisée à bon escient, sans relever de la redondance fortuite, de la surcharge sémantique ou de l'excès de zèle. Ainsi chez Lamartine : « L'univers est à lui [Dieu], Et nous n'avons à nous que le jour d'aujourd'hui ! » (= que le jour qu'est aujourd'hui). Et chez Maurice Genevoix : « Une riche plaine bien de chez nous, aussi belle qu’au jour d’aujourd’hui. »

    Pour l'Académie, pour une fois bien conciliante, « l’essentiel est de n’en pas abuser, mais en elle-même, cette tournure n’est pas incorrecte ».

    Quitte à vouloir insister sur l'idée du moment présent, pourquoi ne pas plutôt recourir à l'expression « au jour actuel » comme on dit « à l'heure actuelle » (au lieu de cet invraisemblable « à l'heure d'aujourd'hui » qui se propage sur la Toile) ?...


    Flèche

    Jusqu'(à) aujourd'hui


    Pour les mêmes raisons, certains grammairiens condamnent la locution jusqu'à aujourd'hui sous le prétexte que la préposition à est déjà dans aujourd'hui. S'il est évidemment plus correct, grammaticalement parlant, de dire jusqu'aujourd'hui, l'Académie admet les deux formes sans distinction.

     

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    Définitions

    Pléonasme : répétition inutile de mots ayant le même sens.
    Pléonastique : qui relève du pléonasme.

    Remarque : On lit dans le Grand Larousse du XIXe siècle (1864) : « Cet adverbe, composé de cinq mots, à le jour de hui, est peut‐être l'exemple le plus frappant du principe d'agglutination suivant lequel se sont formés un grand nombre de mots de notre langue. […] Hui était évidemment suffisant pour rendre l'idée exprimée par le latin hodie ; mais, par une de ces redondances si fréquentes dans notre ancienne langue, on ajouta à cet adverbe les mots au jour de, et l'on eut au jour de hui, aujourd'hui. Et ce pléonasme ne suffisant pas encore au peuple, il dit au jour d'aujourd'hui [...]. Voilà comment nous rendons, par une accumulation de mots, une idée que nos pères exprimaient par un monosyllabe : "E s'il sunt hui mauvais, il seront demain pire" (Rutebeuf, XIIIe siècle). Qu'on vienne donc nous dire maintenant que le progrès consiste à simplifier. »

    Au jour d'aujourd'hui

    Affiche d'un spectacle de la Compagnie Au jour d'aujourd'hui

     


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  • « Le tour à ce que, qui est d'une affreuse lourdeur, est à éviter chaque fois que c'est possible » (René Georgin, Pour un meilleur français).

    Voilà qui est dit... mais pas toujours entendu ! Car force est de constater que l'emploi raisonné des tournures à ce que et de ce que requiert la maîtrise de quelques subtilités.

    Flèche

    Verbe + (à ce) que / (de ce) que


    Que
    , conjonction de subordination, sert à introduire une proposition subordonnée conjonctive : Je voudrais que tu viennes.

    Cependant, pour les verbes construits avec la préposition à ou de (verbes transitifs indirects), la proposition subordonnée peut être également introduite par à ce que, de ce que.

    En clair, cela signifie que l'on fait l'analogie : travailler à quelque chosetravailler à ce que ; profiter de quelque choseprofiter de ce que ; etc.

    Il tient à ce que tu t'entraînes (par analogie à Il tient à ton entraînement).

    Je profite de ce que vous êtes tous présents (par analogie à Je profite de votre présence à tous).

    Mais – car il y a un mais –, « là où le simple que est possible, il est souvent considéré comme plus élégant » (dixit Grevisse). Ainsi les verbes transitifs indirects se répartissent-ils (a priori de façon assez arbitraire...) en deux groupes : ceux pour lesquels les locutions conjonctives à ce que, de ce que sont recommandées et ceux pour lesquels elles sont déconseillées.

    Se construisent avec à ce que les verbes : s'accoutumer, s'appliquer, condescendre, contribuer, se décider, s'employer, s'exposer, gagner, s'habituer, s'intéresser, s'opposer, se refuser, réfléchir, tenir, travailler, veiller, ainsi que des locutions verbales comme avoir intérêt (*), être attentif, trouver quelque chose d'étonnant, etc. Étrangement, profiter et provenir sont les rares verbes à ma connaissance pour lesquels on recommande la construction avec de ce que.

    Nous veillerons à ce que vous soyez satisfaits (notez le subjonctif dans la subordonnée).

    J'ai réfléchi à ce que vous m'avez dit (ici, c'est l'indicatif).

    Cela provient de ce qu'il est maladroit (indicatif).

    À l'inverse, l'abandon de la préposition au profit de la simple conjonction que est préconisé (chaque fois que c'est possible) pour les verbes : s'attendre, s'étonner, s'indigner, se féliciter, se réjouir, se plaindre, se soucier, aimer, avertir, consentir, demander, faire attention, prendre garde... 

    Dans un langage soigné, on veillera donc à dire :

    Ils s'attendent que tu viennes (de préférence à Ils s'attendent à ce que tu viennes).

    Je consens que tu t'en occupes (de préférence à Je consens à ce que tu t'en occupes).

    Il s'étonne qu'on ne l'ait pas remercié (de préférence à Il s'étonne de ce qu'on ne l'a pas remercié) mais Il s'étonne de ce que tu dis (impossible ici de supprimer la préposition de).

    Il demande que le coût du projet soit revu à la baisse (et non Il demande à ce que le coût du projet soit revu à la baisse).

    Faites attention que personne ne vous voie (mais Faites attention à ce qu'elle dit, ce étant ici antécédent du pronom relatif que).

    Dans tous les cas, on privilégiera autant que possible tout autre tour permettant de gagner en légèreté.

    Il se refuse à son départ (plutôt que Il se refuse à ce qu'elle parte).

    Elle gagne à être connue (plutôt que Elle gagne à ce qu'on la connaisse).


    (*) Girodet précise toutefois : « Dans la langue très soignée, on évitera le tour avoir intérêt à ce que et on préférera avoir intérêt que (suivi du subjonctif) : Nous avons intérêt que cet accord soit signé rapidement. »

    Flèche

    De façon que / De manière que


    De même, on écrira de façon que, de manière que de préférence à de façon à ce que, de manière à ce que comme on le voit parfois par analogie avec la tournure infinitive. En effet, ces locutions conjonctives seraient des formes elliptiques de de telle façon que, de telle manière que.

    Elle place son argent de façon qu'il rapporte des revenus réguliers (et non de façon à ce qu'il rapporte) mais Elle place son argent de façon à obtenir des revenus réguliers (tournure infinitive).

    « De façon à ce que, couramment employé et qu'on rencontre même chez de bons auteurs, n'est pas à conseiller », précise encore l'Académie. Idem pour de manière à ce que qui « est incorrecte ».

     

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    Remarque 1 : Le tour demander à ce que (par analogie avec demander à suivi d'un infinitif) est d'autant plus critiquable que demander est un verbe transitif direct.

    Remarque 2 : Les locutions de façon que, de manière que, de sorte que sont le plus souvent suivies du subjonctif, dans le sens de « afin que, pour que » (conséquence recherchée), plus rarement de l'indicatif, dans le sens de « si bien que » (conséquence réalisée).

    Parlez plus fort, de façon que je vous entende (= afin que je vous entende → subjonctif).

    Elle parlait fort, de façon que je l'entendais (= si bien que je l'entendais → indicatif).

    Remarque 3 : On notera que le tour de ce que est suivi de préférence de l'indicatif alors que la construction directe réclame de préférence le subjonctif.

    Je me réjouis qu'il soit venu mais Je me rejouis de ce qu'il est venu.

    Remarque 4 : On trouve aussi en ce que, sur ce que : Son erreur consiste en ce que... Il insiste sur ce que (ou sur le fait que). En revanche, on fera le nécessaire pour éviter quand c'est possible le désagréable que ce que.

    Il est plus grand que tu ne le pensais (et non Il est plus grand que ce que tu pensais).

    Que leur apportes-tu qu'ils n'ont déjà (et non Que leur apportes-tu que ce qu'ils n'ont déjà) ?

    Remarque 5 : Il existe également des prépositions qui sont correctement suivies de ce que : Jusqu'à ce que tu reviennes.

    Remarque 6 : En matière d'analyse grammaticale, on se gardera de toute confusion entre que, conjonction de subordination, et que, pronom relatif.

    Je  profite de ce que vous êtes là (subordonnée conjonctive, intoduite par la locution conjonctive de ce que) mais Je m'étonne de ce que vous me dites (subordonnée relative, introduite par le pronom relatif que, ayant ce pour antécédent).

    A ce que / De ce que / De façon que / De manière que

     


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  • Prêter à confusion signifie « être ambigu, équivoque ».

    Le verbe prêter est ici utilisé dans son emploi intransitif, avec le sens de « donner matière à, donner lieu à » (comme dans prêter à rire).

    Afin d'éviter toute confusion, justement, on se gardera de substituer dans cette expression le verbe porter à prêter, sous l'influence de la construction porter à (= amener à , inciter à).

    Son analyse prête à confusion (et non porte à confusion).

    En revanche, il est correct d'écrire : Son analyse a porté la confusion chez ses contradicteurs (= a semé la confusion), mais le sens est différent.

    Il existe plusieurs expressions où l'on évitera d'interchanger les verbes porter et prêter. Ainsi dira-t-on de préférence :

    • porter (ou tirer) à conséquence : comporter de graves suites.
    • porter atteinte, préjudice.
    • prêter à rire, à controverse, à discussion, à débat, à l'équivoque.
    • prêter attention : être attentif.
    • prêter le flanc à (la critique) : donner prise à.

     

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    Remarque : Même s'il semble bien que Flaubert y ait eu recours dans sa Correspondance, le verbe confusionner (quelle horreur !) ne peut se dire pour « rendre confus ». On le remplacera avantageusement par confondre, du latin confundere, « mêler, mélanger » d'où « troubler, déconcerter, remplir de stupeur ou de confusion ».

    Etre confondu d'admiration.
    Vos compliments me confondent.
    Se confondre
    en remerciements, en excuses
    (= les multiplier avec excès)

    De même, on évitera d'employer l'adjectif confusant (emprunté à l'anglais confusing et recensé dans aucun dictionnaire) à la place de confus, ambigu, déconcertant, flou...

    Prêter / Porter à confusion

    Certaines expressions peuvent prêter à confusion...

     


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