• On se gardera de confondre accès, dans le sens de « manifestation intense d'une affection, d'un sentiment » et excès, « acte qui dépasse la mesure ».

    Il a eu un accès de fièvre, de toux, de colère, de violence, de folie, de désespoir, de fou rire... (= poussée).

    Il a fait un excès de langage, de vitesse, de pouvoir, de travail, de zèle... (= abus).

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    Remarque  La locution par accès signifie « de manière irrégulière » : Il travaille par accès.

     

    Accès

     


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  • Être sous l'emprise de quelqu'un, c'est être sous sa domination intellectuelle et morale.

    Elle est sous l'emprise d'un gourou, (par extension) de la société.

    Exercer une emprise sur quelqu'un.

    Lorsqu'il s'agit d'évoquer le fait d'être sous la dépendance de quelque chose, on aura recours de préférence à l'expression être sous l'empire de.

    Elle est sous l'empire de l'alcool, de la colère, de la passion.

    Être sous l'empire d'un pouvoir magique (définition de l'adjectif enchanté dans le Petit Larousse illustré).

    En résumé

    Dans le sens de « domination, influence, ascendant », on dira de préférence sous l'emprise de quelqu'un et sous l'empire de quelque chose.

     

    Remarque : Longtemps condamné par les puristes comme salmigondis de paronymes (empire, empreinte, prise), le substantif emprise (du vieux français emprendre qui signifiait « entreprendre ») ne fut admis par l'Académie qu'en 1932 au sens figuré de « domination exercée par une personne sur une ou plusieurs autres et qui a pour résultat qu'elle s'empare de son esprit ou de sa volonté ». Ceux qui contestent cette acception, pourtant consacrée par l'usage, continueront de lui préférer les termes ascendant, autorité, domination, empire, fascination, influence, mainmise, pouvoir, etc.

    Il a vécu sous la domination de ses tortionnaires.

    Elvis a marqué le rock de son empreinte (et non de son emprise).

    En termes de droit administratif, emprise désigne l'action de prendre des terrains par expropriation.

     

    Empire

     


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  • Acceptation (du latin acceptare, recevoir, consentir) désigne le fait d'accepter quelque chose.

    L'acceptation d'un don, d'une offre.

    On se gardera de faire la confusion avec son paronyme acception (du latin accipere, comprendre), qui correspond au sens particulier dans lequel un mot est employé.

    Les différentes acceptions du mot défense : action de se défendre ou dent de l'éléphant.

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    Remarque
    : Acception signifie également « égard, préférence », comme dans l'expression sans (faire) acception de (= sans accorder de préférence à).

    La justice ne fait acception de personne ni de fortune (et non exception de personne, de fortune / = sans faire entrer en ligne de compte la personne ni la fortune).

     

    Acception

    Livre de Louis-Sébastien Mercier, Editions Nabu Press

     


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  • Si, dans leur utilisation courante, ces deux verbes ont un sens distinct (falloir = être nécessaire, obligatoire / valoir = avoir la valeur de), la confusion apparaît avec la construction impersonnelle il vaut mieux (qui signifie « il est préférable de »), parfois altérée en il faut mieux.

    On proscrira donc la formulation il faut mieux, qui relève du barbarisme.

    Il vaut mieux écouter ce conseil ou Il faut écouter ce conseil.

    Mieux vaut tard que jamais.

    Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

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    Subtilités

    Il vaut mieux travailler (= il est préférable de travailler) mais Il faut mieux travailler (= il faut être plus efficace / l'adverbe mieux porte ici sur travailler, par sur faut).


    Remarque 1
    : Entre deux verbes en comparaison, on peut intercaler indifféremment que ou que de.

    Il vaut mieux prévenir que guérir (ou que de guérir).

    Remarque 2

    • Avec un complément qui répond à la question combien ?, valoir est un verbe intransitif et son participe passé est invariable.

    Les 50 euros qu'ont valu ces livres.

    • Avec un complément qui répond à la question quoi ?, valoir est un verbe transitif et son participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct s'il est placé avant le verbe.

    Les félicitations que son exposé lui a values.

    • Quant au participe passé de falloir, il est invariable comme pour tous les verbes impersonnels.

    Les deux heures qu'il lui a fallu pour rentrer chez lui.

    Il vaut mieux

    (Source : groupe Facebook « Pour la préservation de l'expression "Il vaut mieux" »)

     


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  • Voilà deux paronymes souvent confondus. Il est vrai qu'ils partagent le même radical et la même idée de violente soudaineté, mais leur sens est diamétralement opposé : éruption vient du latin erumpere, sortir avec violence, et irruption du latin irrumpere, entrer brusquement.

    Le mot éruption (notez le é initial, emprunté au préfixe ex-, hors de) est donc associé à une soudaine poussée vers l'extérieur. On l'emploie pour désigner une éruption volcanique, une éruption dentaire, une éruption cutanée... et, au sens figuré, à propos de l'explosion soudaine d'un sentiment.

    Un volcan fait éruption (en crachant de la lave). Un adolescent fait une éruption d'acné (en crachant...).

    Une éruption de joie, de colère (= explosion, au sens figuré).

    On fera la distinction avec irruption (notez le ir initial, représentant euphonique du préfixe in-, en, dans), mot associé à un mouvement brusque et soudain vers l'intérieur.

    Il fit irruption au moment où l'on s'y attendait le moins.

     

    Eruption

    Livre d'André Picaud, Editions Kessinger Publishing

     


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