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Alternative

Qui n'a jamais entendu dire (ou dit lui-même), au fil d'une conversation approximative :

Il n'y a que deux alternatives.

Il n'y a pas d'autre alternative.

Quand on sait que le mot alternative (construit sur l'élément latin alter, « l'un de deux ») signifie « choix entre deux possibilités (dont l'une exclut l'autre) », on saisit mieux l'impropriété de ces formules, en ce qu'il n'y a jamais qu'une alternative composée de deux éléments entre lesquels il faut choisir ! À moins de pousser le vice, situation éminemment cornélienne, jusqu'à envisager pas moins de quatre solutions...

Il convient donc de dire, par exemple :

Il n'y a que deux options possibles.

Il n'y a pas d'alternative (= il n'y a qu'une solution).

J'hésite entre ces deux options, choix, solutions, éventualités (et non J'hésite entre ces deux alternatives).

De même, l'emploi du mot alternative pour désigner une solution de remplacement (sens emprunté au terme anglais alternative, « solution, possibilité ») est fautif, notamment dans la formulation une alternative à quelque chose. Aussi évitera-t-on de dire : Existe-t-il une alternative au nucléaire ? (on privilégiera choix, solution, option...).

L'éolien : une solution de rechange / une énergie de substitution au nucléaire ? (au lieu de une alternative au nucléaire).

 

En résumé

Le terme alternative ne doit pas être confondu avec solution, éventualité : on retiendra qu'il désigne une situation n'offrant que deux possibilités - et non chacune des deux options. Dans ce sens, alternative est toujours au singulier et ne peut être associée à « seule », « autre », « double », à un nombre ou à « quelque chose ».

L'alternative est la suivante : vaincre ou mourir.

Se trouver devant une alternative, proposer une alternative à quelqu'un.

Ils n'ont d'autre choix que de résister (et non Ils n'ont d'autre alternative).

 

Remarque 1 : Alternative désigne également une succession de deux états opposés ou revenant tour à tour (ainsi que la consécration d'un torero novice, en termes de tauromachie). Dans ce sens vieilli, alternative peut prendre la marque du pluriel et ne se distingue pas toujours aisément de son paronyme alternance, « succession répétée et généralement régulière de plusieurs choses ».

Des alternatives de chaleur et de froid.

L'alternance des jours et des nuits, des partis politiques au pouvoir.

Remarque 2 : L'adjectif alternatif sera réservé au courant électrique et à tout ce qui implique une alternance, un mouvement de va-et-vient ou un choix entre deux possibilités. Dans la langue soignée, on évitera donc de parler de traitement alternatif (à moins qu'il ne s'agisse d'un traitement offrant le choix entre deux options...) ou de solution alternative mais de traitement de substitution, de solution de remplacement.

Remarque 3 : On distinguera alternative de dilemme (voir l'article consacré à Dilemme).

Alternative

Quelle solution (de remplacement) ? serait de meilleure langue.
(campagne de publicité des magasins U)

 

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C
Voilà bien un mot qui prouve à quel point les décisions académiques du XVIIe siècle n'arrivent pas à se réformer. Présenter le nom 'alternative' uniquement comme couple inamovible de deux solutions a sans doute été une définition conjoncturelle de la première édition de l'Académie (1694) mais elle ne résiste pas à l'analyse. Si 'alternance' qualifie bien le phénomène d'aller-retour périodique entre deux états (donc bien exclusifs l'un de l'autre par nature), c'est bien qu'il faut un mot de cette famille de 'alter-' pour chacun de ces états. Il devrait d'ailleurs en être de même avec le mot 'choix' qui s'applique curieusement à la fois au fait de choisir (avoir le choix) qu'à la décision unique qui en résulte (c'est mon choix). Faute de mot latin équivalent, on a donc bloqué le processus naturel de la langue et tenté d'imposer des variantes inadaptées ('autre terme de l'alternative', 'option', etc.). On est donc en droit de restituer à l'alternative le sens de 'point atteint lors d'une alternance'. C'est ce que fait naturellement la langue commune qui ne s'y est pas trompée. Dans ce cas, l'adjectif retrouve son sens originel de "qui change régulièrement de place", comme pour le courant électrique. Il n'y a pas d'obstacle à parler de "solution alternative" puisqu'on peut indéfiniment en revenir et y retourner. <br /> Je ne pense pas être le seul linguiste à défendre ce point de vue qui n'a contre lui que de piétiner une plate-bande académique désaffectée que personne ne comprend plus.
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A
Vous confirmez donc que "solution alternative" que l'on retrouve quasiment partout, est une faute?
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