• Rémunérer vient du latin remunerare (formé du préfixe re- et de munus, présent) et signifie littéralement « donner un présent en retour », donc « récompenser ». Dans le langage courant, ce verbe transitif a pris le sens de « payer ».

    On se gardera d'intervertir les lettres m et n et de prononcer rénumérer, comme on l'entend souvent, par analogie avec numéraire ou sous l'influence de énumérer.

    Il s'est fait rémunérer pour son travail (et non rénumérer).

    Astuce

    Un moyen mnémotechnique pour se rappeler l'ordre des lettres (m puis n) : c'est le même que dans monnaie.

     

    Rémunération

     


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  • Il arrive parfois d'hésiter sur le doublement ou non du c dans certains mots.

    Voici les principales difficultés que l'on peut rencontrer.

     

    Un "c"Deux "c"
    Acabit
    Accalmie
    Acacia
    Acclamer
    Académie Accommoder
    Acajou Accompagner
    Acariâtre (= grincheux)
    Accoster
    Acné Accourir
    Acolyte
    Accueil
    Acompte Coccyx (=os)
    Acoustique
    Ecchymose
    Acrobate
    Ecclésiastique
    Acrylique Macchabée
    Bucolique
    Occire (= tuer)
    Eclectique Occitan
    Oculaire Occlusion
    Racoler
    Occulter
    Récurrent
    Occurrence

    Saccade
      Succinct (avec trois c !)
      Succion
      Succulent
      Succursale

     

    Remarque : On retiendra que les mots commençant par ac- prennent deux c sauf...

     

    Acuponcture

     


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  • Selon le contexte, occurrence signifie « circonstance » ou « apparition d'une unité lexicale dans le discours ».

    Notez l'orthographe traîtresse : deux c, deux r... donc deux fois plus de risques de se tromper ! Celle-ci se justifie par l'étymologie latine de ce mot emprunté du verbe occurrere (aller au-devant de, rencontrer), lui-même formé du préfixe ob- et du radical currere (le doublement de la consonne c provenant de l'assimilation du b du préfixe avec le c du radical).

    Une occurrence favorable. Dans cette fâcheuse occurrence.

    En l'occurrence (= en la circonstance).

    Relever le nombre d'occurrences d'un mot dans un texte.

    Séparateur de texte


    Remarque 1 : De même, concurrence et récurrence prennent deux r (mais un seul c !).

    Remarque 2 : On notera qu'une occurrence, dans son acception vieillie de « circonstance plus ou moins fortuite », n'est pas forcément favorable. Aujourd'hui, on parle plutôt d'une occasion (avec deux c !).

    Occurrence

     


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  • Où diable faut-il placer ce fichu h ? Voilà la question que doivent se poser les jardiniers amateurs lorsqu'il leur vient l'envie de composer un bouquet de fleurs... sous peine de semer leur florilège de fautes à tout vent.

    Il se trouve que le nom savant des plantes, en latin ou en grec, est souvent complété par une « dédicace botanique », formée à partir du patronyme du botaniste ou de l'explorateur à qui lesdites plantes ont été dédiées.

    Ainsi, pour orthographier correctement le mot dahlia (h avant l), il suffit de se rappeler que c'est le botaniste suédois Anders Dahl qui le rapporta du Mexique, en 1789.

    Un dahlia nain (et non un dalhia nain).

    Même explication pour le forsythia, ainsi nommé en l'honneur de William Forsyth, botaniste britannique, ainsi que pour le fuchsia (chs et non sch), en l'honneur du médecin et botaniste bavarois Leonhart Fuchs.

    Un champ de fuchsias (Zola).

    Quant au rhododendron, c'est son étymologie qui nous vient en aide : en grec, rhodon signifie « rose » (et dendron, arbre).

    Un rhododendron sauvage (et non un rodhodendron sauvage).

    C'est encore l'étymologie qui nous aide à orthographier correctement – et surtout à visualiser – orchidée : grec orkhidion, « petit testicule », par analogie... de forme !

    Séparateur de texte


    Remarque 1
    : De même, le bégonia emprunte son nom à l'intendant général de Saint-Domingue au XVIIe siècle Michel Bégon ; le camélia, au jésuite Georg Joseph Kamel, qui l'apporta d'Asie en Europe ; le freesia (prononcez frésia), au médecin allemand Friedrich Heinrich Theodor Freese ; le gardénia, au botaniste écossais Alexander Garden ; le magnolia, au botaniste français Pierre Magnol ; le zinnia, au botaniste allemand Johann Gottfried Zinn ; etc.

    Remarque 2 : L'emploi des termes formés sur un nom étranger pose parfois question : faut-il les prononcer à la française ou respecter leur prononciation naturelle ? Il en est ainsi du mot fuchsia, couramment prononcé fuchia par nos concitoyens alors que le nom du botaniste auquel il se réfère se dit fouks en allemand. Voilà pourquoi d'aucuns préconisent de prononcer fouk-sia (la prononciation fuk-sia, que l'on devine derrière la graphie fuxia adoptée par George Sand, me semble bâtarde). Quel sort convient-il alors de réserver à forsythia, quand on sait que Forsyth se prononce for-saïss, en anglais ?...

    DahliaRhododendron

                            Dahlia                                                            Rhododendron
    (photo wikipedia sous licence GFDL by Vulkan)                             (photo wikipedia)

     


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  • Ah ! que de tergiversations sur l'accentuation du mot évènement.

    Comme la plupart d'entre vous, j'ai toujours pris grand soin de mettre deux accents aigus à événement. Il faut croire que je me trompais... comme l'Académie elle-même !

    En effet, ce n'est que lors des Rectifications orthographiques de 1990 que l'Académie a mis un terme à une erreur datant du XVIIIe siècle, en régularisant la graphie du mot évènement (un accent aigu et un accent grave, au lieu des deux accents aigus habituels).

    De quelle erreur s'agit-il exactement ? En fait, il existe une règle concernant l'accentuation du e en français :

    La lettre e ne prend l’accent grave que si elle est précédée d’une autre lettre et suivie d’une syllabe qui comporte un e improprement qualifié de « muet » (on dira mieux un e « instable », c'est-à-dire un e sans accent qui se prononce comme dans venir ou qui ne se prononce pas comme dans e).

    célébrer → célèbre (le e final de célèbre est muet).

    collégien → collège (le e final de collège est muet).

    régler → règlement (le e central de règlement est muet).


    Il résulte de cette règle (notez l'accent grave de règle) que le e du mot évènement doit s'écrire avec un accent grave, puisque suivi d'une syllabe – ne – comportant un e muet. N'en déplaise aux puristes...

    Il ne s'agit donc pas d'une tolérance, comme on l'entend souvent, visant à rendre la graphie conforme à la prononciation, mais bel et bien de la correction d'une erreur de français ! D'une coupable paresse, plus précisément. On raconte, en effet, que le mot évènement s’est retrouvé improprement affublé d'un deuxième accent aigu, un jour de 1736, à cause du peu de scrupules de l'imprimeur du dictionnaire de l’Académie qui, tombé à court d'accents graves, avait temporairement remplacé ces derniers par des accents aigus. Et comme souvent dans l'histoire de la langue, le temporaire a duré plus que prévu... Bien des vérités sont à l'origine de simples coquilles qui ont su résister au temps jusqu'à être officialisées ! Dès lors est-on fondé à se demander, en paraphrasant le professeur Matoré, s'il faut, parce qu'on respecte le passé, accepter les erreurs qu'il nous a léguées ?

    Séparateur de texte

    Remarque 1 : Pour autant, les deux graphies (événement, évènement) coexistent dans la plupart des dictionnaires.

    Remarque 2 : Les autres mots concernés par cette rectification sont : allègement, avènement, cèleri, (je) cèderai, crèmerie, (nous) gèrerions, règlementaire, sècheresse, vènerie, etc. Seuls médecin et médecine échappent encore à la règle et conservent l'accent aigu, sans doute parce qu'ils sont couramment prononcés avec le son é. En français, les règles – et leurs exceptions – tiennent à bien peu de chose...

    Evénement

    Ou comment organiser un évènement...

     


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