• Voilà un verbe qui obnubile son monde, tant certains butent sur sa prononciation et son orthographe.

    Obnubiler – du latin obnubilare, couvrir de nuages (racine que l'on retrouve dans l'ancien adjectif nubileux) – est un verbe transitif qui signifie « obscurcir les facultés mentales, priver de discernement, fausser le jugement de ».

    La peur de se tromper obnubile son raisonnement.

    Par extension, être obnubilé par signifie « être obsédé par ».

    Elle est obnubilée par son âge.

    Pour quelles raisons ce verbe est-il actuellement soumis à tous les barbarismes – omnibuler (paresser tout le temps ?), obnibuler (rester bouche bée à la vue d'un obni dans le ciel ?), omnubiler (se faire de la bile à la vue d'un homme nu ?) – alors qu'il suffit de le décomposer selon son étymologie latine : ob-nubiler ? Peut-être sous l'influence des mots commençant par le préfixe omni-, « tout » (omnivore, omnibus...).

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    Remarque 1
    : Le verbe obnubiler s'emploie (rarement) à la forme pronominale :

    Sa pensée s'obnubile (= s'obscurcit).

    Remarque 2 : Pour information, je viens de découvrir qu'il existe un groupe sur Facebook intitulé « Tuons ceux qui disent "Omnibuler" ». Sans aller jusqu'à cette extrémité...

     

    Obnubilé

    Source : wawaa.canalblog.com

     


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  • Il est de bon ton de reconnaître son erreur en recourant à cette expression... à l'origine d'un débat qui ne semble pas encore tranché.

    En effet, si aujourd'hui certains grammairiens tolèrent la graphie autant pour moi, d'autres rappellent que cette locution relèverait du langage militaire : selon l'Académie française, l'expression « Au temps ! » se dit pour commander au soldat de reprendre un mouvement depuis le début, de revenir « au temps » précédent. On en trouve également trace dans l'expression au temps pour les crosses − ordre de recommencer une phase de maniement d'armes quand le bruit des crosses n'a pas été synchrone et, au figuré, formule signifiant qu'il faut recommencer ce qu'on vient de faire − ainsi que dans l'italien al tempo.

    Hors de la caserne, cette injonction n'a pu être correctement orthographiée, faute de référence originelle, laissant ainsi la voie libre à la graphie altérée autant pour moi qui s'est imposée au fil du « tant ». Et le sens militaire de « c'est à reprendre » aurait progressivement glissé vers le sens figuré de « se tromper », pour avouer que l'on est prêt à reconsidérer sa position initiale.

    Je croyais qu'il était là, mais il est déjà parti. Au temps pour moi !

    Si ce que tu dis est vrai, alors je me suis trompé. Au temps pour moi !

    Pour autant (!), l'étymologie de cette expression reste contestée : Claude Duneton, dans un article du Figaro littéraire daté de 2003, revendique la graphie autant pour moi comme l'ellipse de c'est autant pour moi (au sens de « j'ai autant d'erreurs que vous à mon service, je ne suis pas meilleur qu'un autre », en réponse à ceux qui se demandent autant de quoi ?), par analogie avec une ancienne locution populaire : Autant pour le brodeur, « raillerie pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi à un récit ».

    L'usage nous laissera-t-il longtemps le choix entre ces deux graphies ?...

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    Subtilité
    : Il est bien évidemment des cas où l'emploi de l'adverbe de quantité autant est justifié.

    Tu as acheté un kilo de tomates ? Achètes-en autant pour moi.

    Au temps pour moi
    (Illustration Rue 89)

     


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