• Ainsi, en 1990, une vilaine sorcière se sera penchée sur le berceau du petit féerie (et de sa lignée) pour l'affubler d'un second accent aigu bien disgracieux. Sans doute faut-il voir dans cette capitulation – pardon, dans cette rectification – orthographique le résultat de plusieurs dizaines d'années de prononciation aussi fautive (fé-é-ri au lieu de fé-ri) qu'injustifiée ; car, après tout, viendrait-il à l'idée de quelqu'un de parler de la fé-é Morgane ?...

    D'aucuns observeront que, si la graphie rectifiée ne figure pas encore dans la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie, la prononciation fé-é-ri y est désormais qualifiée « d'usage » ! Un usage prompt, semble-t-il, à rejeter une prononciation classique aux allures bien peu merveilleuses de vieux métal rouillé (l'adjectif homophone ferrique signifiant, comme chacun sait, « qui contient du fer »).

    Pour ma part, je m'en tiendrai à la position de Hanse, de Dupré et de Thomas, qui prévalait jusqu'alors : féerie et féerique ne sauraient se laisser mener à la baguette des réformateurs ; ils s'écrivent avec un seul accent aigu et se prononcent en deux syllabes sans marquer le e intercalaire. Il n'y a rien de bien magique dans tout cela !

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    Remarque 1
    : Le mot féerie, qui désigne un monde imaginaire habité par les fées, une pièce de théâtre où figurent des personnages merveilleux et, par extension, un spectacle enchanteur, est apparu au XIIe siècle sous la forme faerie, laquelle a pu se prononcer fa-é-ri si l'on en croit Féraud. La graphie doublement accentuée, quant à elle, est attestée dans l'édition de 1694 des Poésies d'Antoinette Des Houlières et dans un numéro du Mercure de France, daté d'octobre 1745. On relève également, aux XVIIIe et XIXe siècles, la graphie fêrie : « Ami de la fêrie » (Jacques Delille, 1806).

    Remarque 2 : On écrira conte de fées (plutôt que conte de fée, qui pourrait s'interpréter comme « conte fait par une fée ») mais (avoir des) doigts de fée (= être d'une très grande dextérité).

    Féerie, féerique

    Au port de Saint-Cyprien (66), on a l'accent réformé et généreux...
    (panneau publicitaire, photo Marc81)

     


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  • La plante aromatique originaire d'Inde, de la même famille que le gingembre et dont les graines au goût poivré servent à parfumer les plats et les boissons, s'appelle la cardamome (avec deux m) et non la cardamone comme on l'entend souvent.

    Sous forme de graines ou en poudre, l'épice (qui porte le même nom) entre dans la composition de nombreux plats de la cuisine indienne (cari), de la cuisine asiatique, de la cuisine africaine (Ras el hanout) ainsi que de l'hypocras, du pain d'épice et de diverses préparations stimulantes voire aphrodisiaques. Elle sert également à parfumer le vin chaud, le thé ou le café.

    C'est, après le safran et la vanille, une des épices les plus chères.

    Cardamome
    (Photo wikipedia)

     


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  • En dépit de ce que l'on voit souvent, genèse s'écrit sans accent aigu sur le premier e – et se prononce donc jenaiz' et non jénaiz' –, contrairement à ses dérivés génésiaque (« relatif à la Genèse ») et génésique (« relatif à la génération, à la sexualité »).

    Avec une majuscule, la Genèse (empruntée du grec genesis, « création, production, naissance ») désigne la création du monde et de l'homme par Dieu ainsi que le premier livre de la Bible consacré au récit de la Création et aux origines de l'humanité.

    Avec une minuscule, genèse est un nom commun féminin, qui désigne la façon dont une chose a été créée, son processus de développement.

    La genèse d'un roman, d'une œuvre d'art, d'une maladie.

    Expliquer, retracer la genèse d'un évènement.

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    Remarque : Dans le domaine scientifique, les noms composés avec l'élément -genèse se voient parfois affublés d'un accent (sous l'influence de génétique ?), qui ne se justifie pas. On écrira donc morphogenèse, parthénogenèse, thermogenèse, etc.

     

    Genèse

     


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  • Glu

    C'est sous l'attraction du mot anglais glue que certains croient utile d'affubler le français glu d'un e superfétatoire pour désigner la substance collante extraite de l'écorce du houx ou des baies du gui.

    Il a conçu un piège avec de la glu pour prendre des petits oiseaux.

    Avoir de la glu aux mains (= retenir plus qu'on ne doit de l'argent qui passe par les mains).

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    Remarque
    : Glu fait partie de ces mots en u (avec bru, tribu, vertu) qui, bien que féminins, s'écrivent sans ce e final qui leur colle pourtant aux lettres.

    Glu

     


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  • Il arrive parfois d'hésiter sur la place du h à l'intérieur de certains mots, d'autant plus qu'il s'agit d'une lettre que l'on ne prononce pas... et donc que l'on n'entend pas !

    Voici les principales difficultés que l'on peut rencontrer.

     

    Abhorrer (= haïr)
    Adhérer
    Annihiler (= anéantir, du latin nihil, rien)
    Apothicaire (= pharmacien)
    Arrhes
    Athlète
    Chrysanthème
    Compréhensif
    Dahlia
    Ecchymose (= bleu)
    Épithète
    Esthétique
    Ethnologie (du grec ethnos, peuple)
    Éthylique
    Euthanasie
    Exhaler
    Exhaustif
    Exhiber
    Exhorter (= encourager)
    Exhumer
    Haschich
    Hypoténuse
    Hypothèque
    Inhaler
    Inhérent
    Labyrinthe
    -lithique (du grec lithos, pierre : néolithique, paléolithique...)
    Myrrhe (= résine odorante)
    Mythologie
    Ornithorynque (= mammifère australien)
    Ortho- (du grec orthos, droit : orthographe, orthophoniste...)
    Oto-rhino-laryngologiste (= spécialiste ORL)
    Philanthropie
    Piranha
    Plinthe
    Psychopathe
    Pythagore
    Rédhibitoire
    Rhapsodie (= poème ou œuvre musicale)
    Rhésus
    Rhétorique
    Rhinite
    Rhododendron
    Rhubarbe
    Rythme
    Schéma
    Silhouette
    Stakhanovisme (= méthode de travail soviétique)
    Stéthoscope
    Sympathique
    Térébenthine
    -thèque (du grec thêkê, armoire : bibliothèque, médiathèque...)
    -thèse (hypothèse, parenthèse, synthèse...)
    Thorax
    Thune (= pièce en argot)
    Thuya
    Thym
    Véhément
    Walhalla (= paradis scandinave)

     

    Remarque : On notera que coryza, étymologie, exalter, exaucer, exorbitant, exubérant, métempsycose (réincarnation de l'âme), néandertalien... s'écrivent sans h. Par ailleurs, on veillera à ne pas mettre de h après le t de catéchisme et de philatélie.

     

    Homme à la hache

    L'homme à la hache de Paul Gauguin
    (source wikipedia)

     


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