• Inutile de le nier : les spécialistes de la langue peinent à s'accorder sur les différences sémantiques entre les verbes de négation nier, démentir et réfuter.

    Nier − et c'est là leur seul terrain d'entente − signifie couramment « déclarer qu'une affirmation n'est pas vraie ou qu'une chose n'a pas de réalité, d'existence » : Il nie l'évidence, elle nie avoir fait cela, ils nient formellement. Les choses se compliquent avec démentir : « Nier la réalité d'un fait, l'exactitude d'une affirmation. Voilà des informations qu'on ne peut démentir. Nous démentons formellement cette nouvelle, ce bruit calomnieux », lit-on dans la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie. Avouez que la nuance entre nier un fait et nier la réalité d'un fait n'est pas à la portée du premier menteur venu... Le linguiste Jacques Moeschler nous aide à y voir plus clair : selon lui, démentir se distingue de nier dans la mesure où « un démenti ne porte pas sur un fait, mais sur un acte d’énonciation [...]. La différence avec nier apparaît rapidement en comparant ces deux exemples : Le ministère des Affaires étrangères a démenti l’information selon laquelle... et *Le ministère des Affaires étrangères a nié l’information selon laquelle… » En d'autres termes, on peut nier n'importe quel fait tenu pour vrai par autrui, mais on dément l'énoncé d'un tel fait (accusation, affirmation, allégation, information, rumeur...). Las ! une ligne de l'article « démentir » du TLFi vient contredire cette thèse : « Déclarer qu'un fait, un discours est faux. L'agence Havas a, comme il convenait, démenti le fait (Clemenceau). » On pourrait encore citer Bossuet : « Faudra-t-il donc démentir un fait certain ? » (vers 1700), Jean-Charles Laveaux : « Démentir un fait, dire, soutenir qu'il n'est pas vrai » (1820) et Louis-Nicolas Bescherelle : « Démentir un écrit, un fait, une nouvelle, un bruit de journal, une assertion... » (1845). Nous aurait-on menti « à l'insu de notre plein gré » ? D'autres considèrent que démentir, mieux que nier, permet de rétablir la vérité face à un mensonge...

    Réfuter, de son côté, introduit une idée supplémentaire : l’existence d’une argumentation établissant la fausseté de ce qui est avancé. Autrement dit, réfuter, c'est démentir avec preuve à l'appui : « La faulte est si evidente qu'il n'est ja besoing de la refuter par plus amples raisons » (Éloy Maignan, 1549). De là les cris d'orfraie que l'emploi de réfuter comme simple synonyme de démentir (voire de nier) fait encore pousser à certains : « Mardi soir, à BFM, Sophia Chikirou a démenti toute surfacturation de la campagne de [Jean-Luc Mélenchon]. Et les médias presque unanimes d'annoncer qu'elle avait "réfuté" les accusations ! Depuis quand un démenti est-il une réfutation ? » s'insurgent les correcteurs du monde.fr sur leur blog(ue). Mais depuis que l'Académie elle-même s'est décidée à entériner cette extension de sens dans la dernière édition de son Dictionnaire, pardi ! Jugez-en plutôt : « Réfuter. Combattre, détruire ce qu'un autre a avancé, en prouvant que ce qu'il a dit est faux ou mal fondé. Réfuter un argument, une théorie, une preuve. Réfuter une accusation, une calomnie, un mensonge. Par métonymie. Réfuter un auteur. Littéraire. Apporter un démenti à. L'expérience a réfuté ses dires. » (1) À la décharge desdits correcteurs, reconnaissons que cette dernière acception, présentée par l'Académie comme « littéraire » sans autre restriction d'usage, s'entend d'ordinaire des seuls inanimés : « Au XXe siècle, [réfuter] s'emploie également dans un style soutenu avec un nom d'inanimé pour sujet (un argument réfute une position...) » (Dictionnaire historique de la langue française), « Par analogie. [Le sujet désigne une chose] Infirmer, démentir ce qui était arrivé. Le temps qui passe réfute d'heure en heure nos pronostics (Michel Butor) » (TLFi). Il n'empêche, l'emploi du verbe réfuter en dehors de toute idée d'argumentation, fût-ce avec un nom de personne pour sujet, ne saurait être tenu pour incorrect au regard de l'étymologie, si l'on en croit le Dictionnaire historique de la langue française : emprunté du latin refutare (« repousser, refouler ; refuser d'admettre »), le bougre n'a-t-il pas d'abord signifié « refuser, repousser, rejeter, contester » (2), avant de prendre le sens moderne de « repousser (une allégation, une position) en démontrant qu'elle est fausse ou qu'elle n'est pas fondée » ? Tout au plus taxera-t-on les imprudents d'archaïsme...

    Est-ce une raison pour encourager l'emploi prétendument vicieux de réfuter au sens de « démentir » ? Que nenni ! Mais il faudrait être de mauvaise foi pour nier la part de responsabilité des spécialistes de la langue dans la confusion actuelle...

    (1) Larousse va même jusqu'à écrire, à l'article « réfuter » de son édition en ligne : « Contredire quelqu'un, le démentir » !

    (2) « Jhesus li bons nol refuded [Jésus, le bon, ne le (Judas) repoussa pas] » (Passion du Christ, Xe siècle), « [Ce] que m'avez arguee De mes diz et refutee » (Guillaume de Digulleville, vers 1330), « Lesdis archiers n'osèrent refuter le commandement de leur prince » (Jean Molinet, fin du XVe siècle, cité dans le Dictionnaire du moyen français), « Refuter la foi, refuser de s'en rapporter au serment » (Glossaire de la langue romane de Roquefort, 1808).

     

    Séparateur

     

    Remarque 1 : Après nier que, le verbe de la subordonnée − parfois précédé du ne explétif quand la proposition principale est à la forme négative ou interrogative − se met généralement au subjonctif : « On ne peut nier qu'il ne soit bâtard » (Pierre Bayle), « Je nie que dans Molière il y ait de la gaîté » (Émile Zola), « Nierez-vous que vous soyez la cause du conflit [...] ? » (Paul Bourget). L'indicatif peut cependant être employé (sans ne explétif), pour souligner la réalité du fait nié : « On nie qu'il ait fait cela (le locuteur ne se prononce pas sur cette action). On nie qu'il a fait cela (le locuteur croit plutôt qu'il l'a fait) » (Hanse), « Il nie qu'il vous a fait, qu'il vous ait fait cette promesse » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie). Les mêmes observations valent pour démentir que, construction ignorée par l'Académie et Littré, mais admise par Damourette et Pichon, Nyrop, Hanse, Dupré, Girodet et Larousse.

    Remarque 2 : La langue moderne emploie généralement l'infinitif sans de après nier : « Il nie avoir fait cela ou, classique, d'avoir fait cela » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie).

    Remarque 3 : Attention à l'indicatif imparfait et au subjonctif présent : (que) nous niions.

    Remarque 4 : Selon Christian Rubbatel, dénier − dérivé de nier (avec le préfixe dé- exprimant le renforcement) d'après le latin denegare (« nier fortement, formellement ; refuser ») − ne diffère de son ancêtre que syntaxiquement : « Son objet direct est un nominal et non une complétive. »

    Remarque 5 : Voir également le billet Démentir.

     

    Nier / Démentir / Réfuter

     


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  • « Durant la perquisition de son appartement et des QG de son mouvement et du Parti de gauche, [Jean-Luc Mélenchon, photo ci-contre] s'en était pris tour à tour aux forces de police et au magistrat qui avait mené les opérations [...]. Le tout sous fond de complotisme, en affirmant que la manœuvre était purement politique et directement téléguidée par le pouvoir en place. »
    (Erwan Bruckert, sur lepoint.fr, le 24 octobre 2018)  

     

    FlècheCe que j'en pense


    Les Français auraient-ils l'esprit de contradiction ? Ils n'hésitent pas à mettre la préposition sur à toutes les sauces, y compris les plus indigestes (voir liens ci-dessous), mais rechignent à y recourir quand le sens, pourtant, l'exige. Témoin ces exemples repérés sur la Toile (de fond) et qui gagneraient à rester sous le manteau de l'oubli : « La première fête du sport sous fond de polémique » (France 3), « Sous fond de grogne du mouvement sportif » (RFI), « Une tempête financière sous fond de crainte » (LCI), « L'université d'été [...] s'ouvre sous fond d'inquiétudes budgétaires » (BFM TV), « Sous fond de trafic de stupéfiants » (Ouest France), « Espoir et solidarité sous fond de crise économique » (La Dépêche).

    Il n'est pourtant pas nécessaire de se creuser très profondément la tête pour s'aviser que ce fond-là (que l'on se gardera d'affubler d'un s final) a à voir avec l'arrière-plan, pictural ou acoustique, sur lequel se détachent figures, objets ou sons. C'est donc logiquement précédé de la préposition sur que l'intéressé, associé à un complément déterminatif, s'est construit par métaphore, avec puis sans l'article indéfini selon le degré de figement et d'abstraction de la locution ainsi formée : « Sur un fond d'hostilité, tous les détails prennent du relief » (Jules Renard), « [Ce récit] se profile sur un fond historique tout en grisaille » (Alphonse Juin), « Jours monotones, où, sur un fond d’attente morne, se détache pourtant un petit épisode » (André Gide), « On dira que toute motivation est sur fond d’influence » (Paul Ricœur), « Maurice Genevoix décrit son prédécesseur sur fond de paysage d’une France rurale encore intacte » (Marc Fumaroli), « Sur fond de tragédie, il y a paradoxalement chez le poète [...] » (Jean-Marie Rouart), « Ce roman [...] se déroule entre Guangzhou et New York, sur fond de mièvres chansons chinoises » (Jean-Loup Dabadie), « Le tout sur fond de légère hystérie » (Alain Rey), « Des élections sur fond de scandale financier » (Robert illustré).

    Sous à la place de sur, c'est encore la confusion que l'on voit se répandre dans des affaires d'espionnage à deux sous, sous l'influence probable de être sous surveillance : « Attention, vous êtes sous écoute » (Le Figaro), « Un téléphone placé sous écoute » (France Bleu), « [Ils] étaient depuis plusieurs semaines sous écoute téléphonique » (Libération). Les analystes de fond sont pourtant sûrs de leur coup : « Mettre quelqu'un, un téléphone, des correspondants sur écoute, sur table d'écoute » (Robert), « Ils sont sur écoute(s). Mettre quelqu'un sur écoute(s) » (Robert & Collins), « Mettre quelqu'un sur écoutes, brancher son téléphone sur une table d'écoutes » (Larousse en ligne).

    Vous l'aurez compris : en matière de langue, l'usager a parfois du mal à écouter la voix de la raison. Non content d'avoir touché le fond, plus d'un entend encore creuser au-dessous...

    Remarque : Voir également les billets Avertir, Sensibiliser, Voter et Fond.

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Le tout sur fond de complotisme.

     


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  • Prise de tête

    « David [Hallyday, photo ci-contre] n'en oublie pas ses petites sœurs, Jade et Joy. Il souhaite qu'elles soient parties prenantes dans cette succession. »
    (Marine Madelmond, sur gala.fr, le 9 octobre 2018)  

     
    (photo Wikipédia sous licence GFDL par Ulrike Liebrenz)

     

    FlècheCe que j'en pense


    Loin de moi l'intention d'attiser le feu (à défaut de l'allumer) dans une affaire que chacun reconnaîtra brûlante, mais je vous laisse imaginer ce qu'elle avait, ma gueule, après avoir pris connaissance de ces quelques lignes. Car enfin, je vous le demande, l'attribut partie prenante peut-il prendre la marque du pluriel dans l'expression être partie prenante ? Non, si l'on en croit Grevisse : « Tour figé : être partie prenante », écrit l'ancien taulier du Bon Usage dans la partie « Absence de l'article ». Autrement dit, pour qui sait lire entre les lignes, partie prenante est variable quand il forme un groupe nominal autonome et invariable quand il est construit sans déterminant dans la locution verbale être partie prenante (surtout employée de nos jours au sens figuré de « avoir des intérêts communs dans, participer activement à [une entreprise, une affaire, un projet quelconque] »). Comparez : « Le créancier, le fournisseur, le client, le dirigeant, le salarié, l'actionnaire sont des parties prenantes » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie) et « Ils se considéraient comme partie prenante de l'honneur que vous m'avez décerné » (Jacques de Bourbon Busset, sur le site Internet de l'Académie), « Ils ne se sentent plus partie prenante de la communauté nationale » (Xavier Boissaye, dans la revue Défense de la langue française). Même constat avec sa sœur jumelle partie intégrante : « Ces articles sont des parties intégrantes du règlement » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie), à côté de « Tous ces parlers sont partie intégrante de la langue française » (Damourette et Pichon). Mais voilà que l'Office québécois de la langue française se la joue rebelle, en prenant le parti d'établir une distinction entre la graphie au singulier et celle au pluriel : « Dans être partie à ou dans, le singulier indique que le sujet pluriel forme une même partie (partie est alors un collectif), et le pluriel signifie que les éléments qui composent le sujet pluriel sont autant de parties : Elles sont partie prenante dans cette affaire (ou Elles sont parties prenantes dans cette affaire). » Pas sûr, à ce petit jeu-là, que le commun des mortels s'embarrasse de pareille subtilité, d'ailleurs difficile à vérifier, quand lui prend l'envie de faire une partie... D'autant que, pour ne rien simplifier, le même Office québécois réserve un traitement différent à partie intégrante : n'écrit-il pas que, dans le cas où ladite locution est introduite par le verbe être, elle « prendra la marque du pluriel si elle est précédée d’un déterminant pluriel ; autrement, elle demeure invariable » ? Plus question, cette fois, de savoir si l'on se réfère aux membres d'une seule partie ou de plusieurs...

    C'est qu'il y a partie et partie : l'élément (indispensable à l’intégrité) d’un tout et la personne physique ou morale qui participe à, qui est engagée dans (un acte juridique, un contrat, une convention), comme dans partie adverse, partie civile, partie plaignante, partie opposante... Formé du substantif féminin pris dans cette seconde acception et de l'adjectif prenante mis pour « qui reçoit, qui a droit à une attribution (en particulier de l'argent) », partie prenante a d'abord désigné, en droit administratif, une personne qui touche un mandat de paiement en qualité de créancier de l'État, puis, par extension, toute personne fondée à recevoir une somme d'argent : « Tant sur la partie prenante, et qui se seroit fait assigner sur lesdits deniers, que sur le receveur qui en auroit fait le payement » (Arrêt de la cour sur l'exécution d'un édit de Charles IX, 1566), « Afin que [...] les parties pregnantes puissent estre payees de leurs ventes » (Nicolas Barnaud, 1582), « C'est une partie prenante. Payé aux parties prenantes. Les parties prenantes ont fourni leurs quittances » (Dictionnaire des finances, 1727), « Prélèvera-t-on une somme proportionnelle sur chaque partie prenante ? » (Chateaubriand, 1825) et, au figuré, toute personne intéressée dans une action, une affaire quelconque : « À quoi bon les fabricants [...], interposés entre l'ouvrier qui produit et le commissionnaire qui achète ? pourquoi cette partie prenante dans une industrie où deux suffisent ? » (Jean-Baptiste Monfalcon, 1834). Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle que ladite expression commence à être employée sans déterminant, au sens propre : « [Interdiction] de faire aucun payement à ceux qui sont parties prenantes » (Traité de la vente des immeubles par décret, 1739), « Celui qui est partie prenante dans une succession » (Arrêt du 14 mars 1810), « Les cessionnaires étaient parties prenantes » (Guillaume-Jean Favard de Langlade, 1823), puis au sens figuré : « Le fœtus et le nouveau-né appartiennent, comme la mère, à l'état puerpéral, puisqu'ils sont partie prenante dans la gestation et dans l'accouchement » (Paul Lorain, 1855), « Le platine ou l'acide ne sont pas, pour ainsi dire, partie prenante dans l'opération » (Claude Bernard, 1865), « Sceller [...] une réconciliation où nous n'étions point partie prenante » (Alphonse Despine, 1869), « Je veux être partie prenante dans une de ces délicieuses intrigues qui se jouent tous les soirs à Paris » (Émile de Najac, 1872). Il ne vous aura pas échappé que, dans ces exemples anciens du moins, la tendance était à laisser le temps à (être) partie prenante de varier au sens propre, mais pas au sens figuré (1). Le doute est donc permis dans l'affaire qui nous occupe...

    Mais là n'est pas le seul écueil que nous réserve notre locution ; que l'on songe au choix de la préposition introduisant l'éventuel complément : doit-on opter pour dans, de, à... ? Les avis sont pour le moins partagés, comme chacune des parties peut en juger : « Des parties prenantes au budget » (Balzac), « Il y a soixante mille parties prenantes pour la rente à Paris » (Stendhal), « La France [...] fut partie prenante au Conseil international de la langue française » (Claude Hagège), « Étant lui-même partie prenante dans ce système » (Alain Rey), « Les traités auxquels la France n’est pas partie prenante » (Hélène Carrère d'Encausse), « Être partie prenante d'un complot » (Jean-Pierre Colignon), « Les mots de la francophonie sont partie prenante du renouvellement régulier de la nomenclature » (Jean Pruvost), « Les parties prenantes d'un conflit » (Robert), « Chaque partie prenante de la succession devra être présente. L'État est partie prenante dans la négociation de ce traité » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie). Pris à partie sur ce délicat sujet, Martine Rousseau et Olivier Houdart croient pouvoir affirmer, sans plus d'argument (2) : « On est "partie prenante de", et non "partie prenante à" » (Le P'tit Dico du journal Le Monde). L'académicienne Hélène Carrère d'Encausse en jaunit à l'idée...

    Vous l'aurez compris : dans cette affaire comme dans d'autres, les spécialistes de la langue ont bien du mal à accorder leurs guitares électriques. Gageons que ce n'est là que partie remisante... pardon, remise !


    (1) Cette tendance souffrait quelques exceptions : « Les bienheureux obligataires qui gagnent sont partie prenante aux 375 000 francs de primes distribuées » (Henri Cozic, 1885), « Toutes les opinions sont parties prenantes à la vérité » (Henri-Frédéric Amiel, 1869).

    (2) D'aucuns soupçonneront une analogie avec la construction être (ou faire) partie intégrante de...


    Remarque
     : Voir également le billet Parti / Partie.

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Elles sont partie prenante (selon Grevisse ?) dans cette succession.

     


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  • « A Hong Kong, un habitant a ainsi été diagnostiqué il y a peu avec l'hépatite E du rat. »
    (Charlotte Anglade, sur lci.fr, le 2 octobre 2018)  

     

    FlècheCe que j'en pense


    Que notre journaliste se rassure, elle est en bonne compagnie : Le Parisien, La Dépêche, Sud Ouest, RTL, Sciences et Avenir, nombreux sont les organes de presse qui se font également l'écho, dans la même syntaxe approximative, de cette inquiétante première mondiale. De là à voir dans pareille unanimité le symptôme d'un dérapage préalable de l'AFP...

    Emprunté du grec diagnôstikos (« apte à reconnaître, à discerner »), diagnostic est un terme de médecine qui désigne l'identification d'une maladie d'après l'étude de ses symptômes et, par analogie, le jugement porté sur une situation complexe, un mal, une difficulté, etc. d'après l'interprétation de signes extérieurs : « Établir le diagnostic d'une maladie » (Académie), « [Le] diagnostic d'une réelle misère » (Balzac). Aussi le verbe transitif diagnostiquer − attesté en 1806 au sens de « reconnaître, identifier en faisant le diagnostic » − se construit-il régulièrement avec la chose diagnostiquée (maladie, état, défaut, tendance...) comme objet direct : Le médecin a diagnostiqué un cancer chez son patient. Les experts ont diagnostiqué une crise économique.

    Mais alors, me demanderez-vous la fièvre au front, pourquoi voit-on se répandre comme un virus, depuis au moins le milieu du XIXe siècle, des emplois de diagnostiquer avec un complément d'objet direct (ou, au passif, avec un sujet) de personne ? Qu'on en juge : « Un sujet qui avait été diagnostiqué tuberculeux » (Théodore-Émile Leudet, 1853), « Ce malade, diagnostiqué tuberculeux » (Alfred Fournier, 1875), « Diagnostiquer les malades » (Pierre-Louis-Gabriel Mondan, 1882), « Un malade diagnostiqué ataxique » (Jules Dejerine, 1884), « Un malade diagnostiqué lépreux » (Isaac Bruhl, 1890), « Tout malade diagnostiqué doit être immédiatement traité » (La France médicale, 1900), « Les mains jointes, dans la position qui lui est familière quand il diagnostique un malade » (L'Avenir d'Arcachon, 1911), « Un seul enfant est diagnostiqué par le médecin comme atteint de débilité mentale » (Jean-Maurice Lahy, 1927), « L'enfant qui ne va pas bien dans l'école est diagnostiqué comme ayant des troubles "relationnels" » (revue Ornicar ?, 1983), « [Des] femmes diagnostiquées avec un cancer du sein » (Nouvelles Questions féministes, 2006), « Auprès de femmes diagnostiquées d'un cancer du sein » (Anne-Cécile Bégot, 2010), « Le futur bébé [...] diagnostiqué comme porteur d'un handicap » (Bertrand Quentin, 2013), « Un homme diagnostiqué en phase terminale » (Alain Boublil, 2017) et, au figuré, « À ses manières, à la coupe de ses vêtements, elle diagnostique quelqu'un de très bien » (Johannès Gravier, 1902). D'aucuns s'empresseront d'y diagnostiquer des anglicismes syntaxiques : le verbe to diagnose, qui possède à l'origine le même sens qu'en français, ne s'est-il pas vu ajouter celui de « identifier la nature de l'état de santé de (quelqu'un) » (1) ? Témoin ces exemples relevés dans le Cambridge Dictionary et l'Oxford Dictionary : The specialist diagnosed cancer (même construction que sous nos latitudes) et She was diagnosed with/as having diabetes, she was diagnosed as a diabetic (constructions passives avec un sujet de personne). Le français a-t-il été contaminé, dans cette affaire, par la syntaxe anglaise ? Ce ne serait pas la première fois, me direz-vous. En l'espèce, il me semble bien plutôt que les deux verbes ont connu dans leurs langues respectives la même évolution sémantique suscitant les mêmes critiques (2), à ceci près que les dictionnaires anglais admettent désormais l'emploi étendu que leurs homologues tricolores s'obstinent à ignorer. Mais pour combien de temps encore ? Il faut bien reconnaître que le phénomène, qui s'observe surtout à la voix passive, paraît d'autant plus difficile à enrayer qu'il n'existe pas toujours d'équivalent satisfaisant en français soigné. Comparez :

    • Il est diagnostiqué tuberculeux → Il est déclaré tuberculeux (sens affaibli), il apprend par son médecin qu'il est atteint de tuberculose (formulation plus longue).
    • Les femmes diagnostiquées avec (ou d') un cancer du sein → Les femmes chez qui un cancer du sein a été diagnostiqué (construction que d'aucuns considèrent comme peu naturelle, voire lourde).
    • Un enfant diagnostiqué comme autiste → Un enfant qui a reçu un diagnostic d'autisme.
    • Le médecin diagnostique un malade → Le médecin diagnostique une maladie chez un patient.
    • Diagnostiquer un malade à son haleine → Établir un diagnostic à partir de l'haleine du malade.


    Après tout, ne manqueront pas de faire observer les médecins et les avocats du diable, la tendance de l'usage à considérer que le malade et son affection ne font qu'un est-elle à ce point condamnable ? Le commun des patients anglais, lui, n'en fait plus une maladie...

    (1) « 1. Identify the nature of (an illness or other problem) by examination of the symptoms. 2. Identify the nature of the medical condition of », selon l'Oxford Dictionary. Et aussi : « 1. To recognize (something, such as a disease) by signs and symptoms. 2. To diagnose a disease or condition in », selon le Merriam-Webster Collegiate Dictionary.

    (2) « "[She] is diagnosed for kleptomania." Such use of the word "diagnosed" is incorrect. A person cannot be diagnosed : the thing that is diagnosed is a disease, a condition, etc. » (Charles Lurie, How to Say it, 1927), « A condition or disease is diagnosed (a patient is not) » (Lynn Staheli, Speaking and Writing for the Physician, 1986).

    Remarque 1 : Inattendu, cet emploi de la préposition sur sous des plumes académiciennes : « Après avoir diagnostiqué sur la maladie de l'enfant » (Octave Mirbeau, de l'Académie Goncourt, 1885), « Un fameux médecin qui doit examiner la reine et diagnostiquer sur son état mental » (René Doumic, de l'Académie française, 1897).

    Remarque 2 : On se gardera, en français moderne, de toute confusion entre diagnostic, substantif, et diagnostique, adjectif (les signes diagnostiques du cancer) et forme conjuguée (le médecin diagnostique un cancer).

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    L'hépatite E du rat a été diagnostiquée chez un habitant de Hong Kong.
    Des scientifiques de l'Université de Hong Kong ont diagnostiqué pour la première fois le virus de l'hépatite E du rat chez un être humain.
    Un habitant de Hong Kong a contracté l'hépatite E du rat.

     


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  • Je ne vais pas y aller par quatre chemins : il est des fois où les ouvrages de référence ont le chic pour semer le trouble dans l'esprit du lecteur. Témoin la façon dont l'Académie traite l'expression familière ne faire ni une ni deux dans la dernière édition de son Dictionnaire : « Elliptiquement. Ne faire ni une ni deux, se décider sur-le-champ, agir immédiatement », lit-on à l'article « deux ». Mais de quel terme est-on censé avoir fait l'économie dans cette affaire ? Pas un mot. De deux choses l'une : ou bien les Immortels prennent un malin plaisir à jouer aux devinettes, ou bien le nom féminin sous-entendu tombe à ce point sous le sens que ce serait une insulte à la logique d'en dévoiler l'identité. Le rouge me monte au front ; il me faut en avoir le cœur net. Ni une ni deux, je me rue sur le Littré, lequel, quand il me mettrait de fait sur la voie, ne soulève pas moins de questions. Jugez-en plutôt : « N'en faire ni un ni deux [...]. On dit aussi, au féminin, n'en faire ni une ni deux, en sous-entendant le mot fois. » Ne (n'en ?) faire ni une fois ni deux fois ? Ou, au masculin, ni un ni deux ? Voilà, convenons-en, qui mérite un mot ou deux d'explication.

    À l'origine était l'expression n'en pas faire à deux fois, attestée depuis le XVIe siècle au sens de « finir tout d'un coup » (Antoine Oudin, 1640), « faire la chose tout d'un train » (Joseph Joubert, 1710) : « Veu que je n'en devois faire a deux fois » (Claude Gruget, 1526), « [Il] le vuyda sans en faire à deux fois » (Nicolas Herberay des Essarts, vers 1550), « Pour n'en faire à deux fois » (Simon Goulart, 1589). Dans son sillage sont apparues la forme positive en faire à deux fois (synonyme du futur « s'y prendre à deux fois ») : « Si elle en faisoit à deux fois » (Farce nouvelle de frère Guillebert, début du XVIe siècle), « Il en avoit fait à deux fois » (Étienne Pasquier, 1587) et la variante elliptique en faire (ou n'en pas faire) à deux : « Ce n'est pas une âme, ce n'est pas un corps qu'on dresse, c'est un homme ; il n'en faut pas faire à deux » (Montaigne, 1580), « Le Bourgeois n'en fait pas à deux » (François Salvat de Montfort, 1708), « Il n'en fit pas à deux » (Pierre Hourcastremé, 1773). À ceux que la présence du pronom en intrigue, il est généralement répondu, et plutôt deux fois qu'une, que le bougre a ici « une valeur imprécise » comme c'est le cas dans un grand nombre d'expressions rebelles à l'analyse (s'en faire, s'en prendre à quelqu'un, s'en tenir à quelque chose, en finir, etc.). Voire. Car en l'espèce, et à en croire le Dictionnaire du moyen français, faire de quelque chose (parfois de quelqu'un) se dit depuis au moins le XVe siècle au sens de « s'occuper de quelque chose, se décider sur quelque chose » : « Il advisast comment l'on pourroit faire du chastel » (Actes de la chancellerie d'Henri VI, 1427), « Saiche [...] que ne feray de son mandement [= que je ne suivrai pas son ordre] » (Raoul Lefèvre, 1464), d'où : « Il est vray qu’on fit à deux fois de ce concile » (François de Clary, 1592), « Il ne faut pas faire d'une chose à deux fois, c'est-à-dire à plusieurs reprises » (Dictionnaire de Furetière, 1690). Vous l'aurez compris, en est ici mis pour « de cela (ou de lui) » − comparez : « Les uns disoient qu'il n'en falloit pas faire à deux fois » et « On disoit qu'il ne falloit pas faire à deux fois de tous les damnez d'Heretiques » (Élie Benoît, 1695) −, quand bien même certains auteurs auraient maintenu, par erreur ou par redondance assumée, ledit pronom à côté du complément prépositionnel : « Pour n'en pas faire à deux fois de ce qu'il avoit de désobligeant à lui dire » (Maximilien de Béthune, avant 1641), « Comme je n'ai pas voulu en faire à deux fois de cette histoire » (Gatien de Courtilz de Sandras, 1688), « Du mien [= de mon cœur], vous n'en avez pas fait à deux fois, vous me l'avez expédié d'un coup d’œil » (Marivaux, 1734).

    Mais voilà qu'au XVIIIe siècle entre en scène la construction avec ni... ni, d'abord dans sa version masculine : « Je n'en avons fait ni un ni deux » (Laurent Bordelon imitant le parler d'un paysan, 1722), « Et puis tout d'un coup, sans en faire ni un ni deux, le velà tombé tout droit à mes pieds » (Claude-François Lambert, 1740), puis avec une à la place de un : « Le Sr. Pasquier n'en fait ni une ni deux, demande sa voiture et vole comme un trait chez le lieutenant » (Guillaume Imbert, 1780), « Le voilà, qui n'en fait ni une, ni deux, et qui m'applique un coup de canne » (Louis Abel Beffroy de Reigny, 1786). D'aucuns, considérant à la suite de Littré que le mot fois est sous-entendu dans la version féminine, veulent croire qu'il ne s'agit là que d'une variante intensive (ou plaisante) du tour primitif : car enfin, quand on ne fait pas de quelque chose à deux fois, c'est qu'on n'en fait ni à une fois ni à deux fois ! Pour preuve de cette filiation citons l'exemple, fût-il isolé et un poil tardif, que Ferdinand Brunot donne dans son Histoire de la langue française (1939) : « [Il] n'en fit ni à une, ni à deux » (Jacques-René Hébert, 1791). Mais comment expliquer l'antériorité de la graphie au masculin ?... D'autres, s'affranchissant du tour primitif, font observer que, si l'on dit un, deux, trois... en comptant, c'est bien plutôt une, deux que l'on entend quand il est question de marquer les premiers temps d'un mouvement, d'un commandement : « Les deux manières de compter : un, deux ! et une, deux ! pourraient être des survivances d'emplois anciens [on trouvait autrefois dire d'un et d'autre à côté de parler d'unes et d'autres]. La même dualité d’expression se retrouve dans ne faire ni un ni deux et ne faire ni une ni deux [...]. Le masculin peut s'expliquer sans ellipse par le simple emploi du nom de nombre. Littré explique [le féminin] par l'ellipse du mot fois, ce qui nous parait peu probable », écrit Kristoffer Nyrop en 1925. Sauf que le linguiste danois semble oublier un détail : le pronom en, présent dans les premières attestations et encore sous la plume de Balzac (1). Mon sentiment est que n'en faire ni un(e) ni deux est bien issu de n'en pas faire à deux fois, mais a été déformé − à partir de 1750 ? (2) − en ne faire ni un(e) ni deux : l'ancien tour faire de quelque chose n'étant plus compris, l'expression a été d'autant plus facilement réinterprétée en « ne pas prendre le temps de compter un(e), deux » (3) − comme cela se fait quand on hésite à se lancer dans une entreprise hasardeuse ou quand on prend son élan − que l'idée principale reste la même : se décider sur-le-champ, agir sans hésiter.

    Toujours est-il que l'usage s'est établi d'écrire ne faire ni une ni deux : « Ma foi, je ne fis ni une ni deux : je laissai mes souliers à la porte, et j'entrai comme chez moi » (Alexandre Dumas, 1836), « Chassagnol ne fait ni une ni deux : il offre sa main » (frères Goncourt, 1867), « Mais le paysan ne fit ni une ni deux, et saisit un gros bâton » (Grand Larousse du XIXe siècle, 1869), « Tout à coup, elle ouvre les bras, ne fait ni une ni deux, court à moi et s'écrie [...] » (Jules Verne, 1889), « Il ne fit ni une ni deux » (Aristide Bruant, 1892), « Je n'ai fait ni une ni deux » (Huysmans, 1902), « Je n'ai fait ni une ni deux, j'ai sauté dans l'auto » (Henri de Régnier, 1914), « À voir toutes ces choses militaires, notre observateur n'eût fait ni une ni deux » (Henry de Montherlant, 1934), « Je savais que Zio Giuseppe ne ferait ni une ni deux qu'il me tuerait » (Louis Aragon, 1936), « Je n'ai fait ni une ni deux » (Henri Troyat, 1965), « Il ne fait ni une ni deux : il tire son couteau et coupe la corde » (Jean Dutourd, 1967), « Je n'ai fait ni une ni deux, j'ai pris la photo » (Romain Gary, 1974), « Il n'a fait ni une ni deux. Il a sauté » (Henri Queffélec, 1980), « Vous ne faites ni une ni deux » (Katherine Pancol, 1990), « Il ne fait ni une ni deux et passe au service de son ennemi » (Jean d'Ormesson, 1997) ou, plus succinctement, ni une ni deux : « Moi, d'abord je lâche, ni une ni deux » (comtesse de Ségur, 1865), « Ni une ni deux je me dis : ça y est ! » (Céline, 1957). Vous voilà prévenu. Et Dieu sait qu'un homme averti en vaut deux...

    (1) Chez Balzac, l'hésitation porte sur un(e), pas sur en : « Oh ! oh ! je n'en ai fait ni un ni deux ! je me suis rafistolé, requinqué » (Le Père Goriot, 1835), « Ah ! il n'en a fait ni une ni deux ! Du premier coup, il a deviné nos pensées » (César Birotteau, 1837), « Crevel, comme il le disait dans son langage, n'en avait fait ni eune ni deusse, quand il s'était agi de décorer son appartement » (La Cousine Bette, 1846), « Je n'en ferais ni un ni deux, je vendrais sept ou huit méchants tableaux » (Le Cousin Pons, 1847).

    (2) C'est, semble-t-il, à partir de cette date que les graphies avec en commencèrent à être concurrencées par celles sans en (lesquelles finirent par s'imposer) : « Je ne fis ni un ni deux » (Éléazar de Mauvillon, 1753), « Et les avocats [...] de ne faire ni un ni deux, de vite retourner chez eux une requête fabriquer » (Ange Goudar, 1780), « Un confesseur, sans faire ni une ni deux, insistera à propos » (Séraphin d'Ostende, 1789), « Ne fesant ni un ni deux, il va droit à l'appartement » (traduction d'un livre de Johann Gottfried Gruber, 1803), « Ils ne font ni une ni deux » (Jean Chatton, 1820). De là la mise en garde de Jean Humbert dans son Nouveau Glossaire genevois (1852) : « En, préposition, est retranché a tort dans l'expression suivante : Il ne fit ni un ni deux et lui appliqua un soufflet. Dites : Il n'en fit ni un ni deux. » L'Académie elle-même s'y est prise à plusieurs fois pour orthographier ladite locution dans son Dictionnaire ; comparez : « N'en faire ni un ni deux » (sixième édition, 1835), « N'en faire ni une ni deux » (septième édition, 1878) et « Ne faire ni une ni deux » (depuis la huitième édition, 1932). Quant à Littré, force est de constater, une fois n'est pas coutume, qu'il n'a fait qu'ajouter à la confusion en écrivant : « Ne faire ni un ni deux » (à l'article « faire » de son Dictionnaire) et « Familièrement. N'en faire ni un ni deux, n'en pas faire à deux fois, se décider sur-le-champ. Il ne fit ni un ni deux et croqua la poire [mais où est donc passé le pronom en dans cet exemple ?] » (à l'article « deux »).

    (3) Témoin ces exemples : « Il n'a dit ni une ni deux... il s'est jeté après toi comme un perdu » (Xavier de Montépin, 1884), « Mais dès que je m'aperçois qu'il boude, je ne compte ni une ni deux, je saute à son cou » (Jules Renard, 1909).

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    Remarque
     : Les spécialistes de la langue ont du mal à s'accorder sur la nature de un(e) dans notre locution : adjectif numéral ordinal, selon le Grand Larousse et le Dictionnaire historique de la langue française ; adjectif numéral cardinal, selon le Larousse en ligne ; adjectif numéral cardinal employé comme nom, selon l'Académie, le Robert et le TLFi. Comprenne qui pourra...

    Ni un(e) ni deux

     


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