• Empirer

    Au cours des époques, le verbe empirer a supporté différentes constructions.

    Comme verbe transitif, on a pu le gratifier d'un complément d'objet direct : Les remèdes n'ont fait qu'empirer son mal (= aggraver). « Pour vouloir fuir le mal, quelquefois on l'empire » (Thomas Corneille).

    Comme verbe pronominal, les classiques s'en sont délectés : « Leur état allait s'empirant » (Bossuet). Et encore, au XIXe siècle :  « Il était impossible que notre situation s'empirât » (Emmanuel de Las Cases), « Sa monomanie s'empire de jour en jour » (Villiers de L'Isle-Adam).

    De nos jours, ces emplois sont considérés par la plupart des ouvrages de référence comme vieillis ou littéraires. Ne subsiste plus guère, dans le sens de « devenir pire, s'aggraver », que la construction intransitive, avec l'auxiliaire avoir ou – plus rarement – l'auxiliaire être selon que l'on veut indiquer l'action ou l'état : Sa maladie empire, a empiré (voire est empirée).

    Seule l'Académie continue de présenter sans aucune mention d'usage le tour pronominal, qui perdure sous l'influence de s'aggraver : « Leur situation s'empirait inexorablement » (neuvième édition de son Dictionnaire), « L'état du malheureux s'était brusquement empiré » (Maurice Druon).

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    Remarque
    : Voir également l'article consacré à Pire / Pis.

    Empirer

    La surdité de Beethoven n'a fait qu'empirer à compter de ses trente ans.
    (portrait de Joseph Karl Stieler, source wikipedia)

     

    « Gâchette / DétenteMœurs »

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 21 Septembre 2011 à 19:22

    Ce grand musicien n'a vraiment pas eu de chance. Devenir sourd a été la pire chose pour lui. Tout comme devenir aveugle pour un grand photographe.

    A+

    Lydia

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