• Visite macabre

    Visite de contrôle

    « Un homme venu visiter un ami dans son logement [...] a découvert ce dernier sans vie au pied de ses escaliers. »
    (paru sur ledauphine.com, le 10 janvier 2021.)  
     

    FlècheCe que j'en pense


    Il est des mises en garde qui gagneraient à être rédigées et étayées avec plus de soin. Ainsi de celle de l'Académie concernant l'emploi du verbe visiter : « Le verbe visiter s'emploie, dans certaines tournures figées, avec, comme complément d'objet, un nom de personne. Dans ce cas, les personnes désignées sont en situation de souffrance et leur rendre visite est une marque de compassion. On dit ainsi visiter les malades, visiter les prisonniers. En dehors de ces contextes précis, il est d'usage aujourd'hui d'employer des locutions verbales avec le nom visite et de conserver visiter pour des objets, des monuments. » (1) Il n'en fallait pas plus pour que se multiplient sur la Toile écrits et vidéos affirmant, sans rire, qu'en dehors de quelques exceptions « on ne dit pas visiter quelqu'un, mais rendre visite à quelqu'un », « il est incorrect de dire ou d'écrire elle va visiter ses parents ».

    Qu'il me soit ici permis de rappeler cette évidence : être sorti d'usage ne veut pas dire être incorrect, tant s'en faut. Et j'ajouterai encore ceci : affirmation sans argument ne vaut pas démonstration. Car enfin, l'Académie, dans cette affaire, a-t-elle seulement pris soin de... visiter ses propres enfants ?

    « Un commerçant [...] accoutumé à visiter sa clientèle » (René Doumic, 1921), « Avant de faire une seule visite, j'aurai commencé par être visité » (Pierre Benoit, 1935), « Vers le soir, allant visiter un ami qui m'assurait une liaison postale avec ma famille en France [...] » (Robert Aron, 1950), « Aller moi-même visiter la plupart des personnes et des œuvres récompensées » (André Maurois, 1953), « C'est en 1893 qu'il commença de visiter ses futurs confrères » (Georges Grente, 1954), « Il fit un voyage en Normandie pour visiter sa famille » (Pierre Gaxotte, 1957), « J'y montais chaque année pour visiter une inspiratrice, amie de ma mère (Jean Guitton, 1974), « De paisibles touristes [...] venaient le visiter aux fourneaux » (Erik Orsenna, 1977), « Il m'est singulièrement agréable de succéder à M. Jacques Rueff, que j'allais parfois visiter dans son petit bureau » (Jean Dutourd, 1980), « Hugo s'en va visiter M. Villemain, nouveau secrétaire perpétuel de l'Académie » (Alain Decaux, 1985), « Il demande ensuite à se rendre à Oufa pour visiter sa femme » (Hélène Carrère d'Encausse, 1998), « On songe à Gide visitant Paulhan et Arland dans leur thébaïde de Port-Cros » (Bertrand Poirot-Delpech, 1999), « Bagni fit l'honneur à son nouvel ami de le visiter plusieurs fois » (Marc Fumaroli, 2006), « Il se rend à Volterra [...] pour y retrouver Métilde venue visiter ses fils élevés dans un collège de la ville » (Dominique Fernandez, 2013), « Une dame de vingt ans plus âgée que lui venait parfois le visiter » (Marc Lambron, 2017).

    Ou encore de consulter les médias en ligne ?

    « Visiter un ami » (Ouest-France, 2021), « Lors d'un séjour en Algérie pour visiter sa famille » (Europe 1, 2021), « On séjourne au Room Mate Gérard comme [on] vient visiter un ami » (Le Figaro, 2020), « Un homme part à cheval visiter un ami » (La Croix, 2020), « [Ceux] qui voudront me faire l'honneur de me visiter » (L'Est républicain, 2020), « Il continuait de visiter sa fille de façon impromptue » (LCI, 2020), « Aller visiter sa famille et faire des achats » (La Voix du Nord, 2020), « Elle rejoint Stockholm pour visiter un ami » (Le Monde, 2019), « [L'homme] était en Dordogne pour visiter des amis » (France Bleu, 2019), « [Il] a indiqué venir de Rives pour visiter ses enfants » (France 3, 2019), « Barack Obama visite sa famille kenyane » (Le Point, 2018), « Si vous veniez me visiter chez moi, vous viendriez très certainement avec des fleurs » (Le Parisien, 2017), « Visiter ses enfants et se retrouver couché dans un loft sans rideaux » (L'Express, 1996), etc.

    Dans ces exemples, les personnes qui reçoivent de la visite sont-elles « en situation de souffrance » ? Bien malin qui pourrait l'affirmer. Aussi convient-il de relativiser les avis péremptoires des spécialistes et de s'en tenir prudemment aux faits.

    Commençons par rappeler que visiter quelqu'un, au sens de « aller le voir chez lui », est attesté sans discontinuer depuis le XIIe siècle − excusez du peu − et « sans la nuance spéciale de politesse ou de déférence qu'a cru devoir noter l'Académie ». Cette observation de Hanse, confirmée par d'innombrables exemples de visites amicales ou galantes relevés au cours des siècles (2), fait référence à la remarque d'usage ajoutée au XVIIIe siècle par les hôtes du quai Conti à l'article « visiter » de leur Dictionnaire : « Aller voir quelqu'un chez lui. Visiter son ami. Il n'est guère en usage qu'en parlant de visites de cérémonie » (1718-1798). En 1788, Féraud la reprend à son compte dans son propre Dictionnaire et apporte la précision suivante : « On ne dit pas, j'ai été visiter Mr un tel, et encore moins je suis allé visiter Madame de ; ce qui ferait une équivoque ridicule. » Mais de quelle équivoque parle-t-il ? De celle qui consisterait à confondre visiter « aller voir » et visiter « examiner » (spécialement une femme pour voir si elle est vierge ou si elle est enceinte [3]) ?

    L'argument de la bienséance est revisité par Théodore Joran quelque cent cinquante ans plus tard : « Voici une remarque qui est surtout à l'adresse des étrangers. Ils disent indifféremment : visiter des monuments, des musées, des églises, et visiter une personne. En français, visiter, quand il s'agit d'une personne, ne peut se dire que du médecin, qui examine un malade – ou du douanier qui fouille vos vêtements, pour s'assurer si vous n'avez pas de contrebande. Mais il serait peu séant de dire : "J'ai visité Mme une telle, chez qui j'ai dîné il y a huit jours" » (Les Manquements à la langue française, 1930). Seulement, cette fois, les défenseurs de visiter quelqu'un sont au rendez-vous, et leurs réponses sont cinglantes :

    « Un vénérable abbé, tout suffoqué d'avoir lu dans un journal parisien : "Le prince impérial du Japon a visité le Saint-Père", m'écrit que "le verbe visiter veut un complément d'ordre purement matériel [...]". Bonté divine ! monsieur l'abbé, où avez-vous pris cela ? "Aller voir quelqu'un chez lui" est, au contraire, le premier sens du verbe visiter. Vous avez certainement lu Héraclius [de Corneille] : avez-vous oublié que "Maurice, à quelque espoir se laissant lors flatter, S'en ouvrit à Félix qui vint le visiter" ? [4] "Leibnitz, écrit Diderot, alla d'Altorf à Nuremberg visiter des savants." "Aucun juge par vous ne sera visité ?" dit Philinte au Misanthrope ; et La Bruyère dit du courtisan qu'il a "des formules de compliment pour l'entrée et pour la sortie, à l'égard de ceux qu'il visite ou dont il est visité" [...]. Visiter, à l'époque classique, n'était donc pas une impertinence, mais une politesse » (Abel Hermant, 1930).

    « Visiter, faire visite ou rendre visite ? Peut-on employer indifféremment l'une de ces trois formes pour exprimer l'action d'aller voir quelqu'un chez lui ? On est frappé de la prétention avec laquelle certains puristes énoncent leurs opinions. Ils veulent défendre la langue française contre toutes les corruptions, maintenir la correction du langage. Leur intention est excellente, mais le résultat auquel ils arrivent est quelquefois déplorable, car ils font naître le doute chez ceux qui les lisent, et, tout compte fait, ils servent très mal la cause qu'ils croient défendre. [Ainsi de Théodore Joran qui] fait de l'esprit, mais quel esprit ! Il suffit de consulter les dictionnaires et de lire quelques bons auteurs pour le confondre [...]. Visiter quelqu'un n'est pas incorrect » (Armand Bottequin, 1945).

    « On dit plutôt "faire une visite à quelqu'un" que "visiter quelqu'un". Mais si les manuels du bon usage ont éprouvé le besoin de mettre les usagers en garde contre la seconde forme, c'est qu'elle s'emploie, et pas seulement chez les étrangers ! En fait, c'est un scrupule de puristes, car de bons écrivains ont employé visiter avec un nom de personne » (Le Français dans le monde, 1967).

    Comment expliquer pareille divergence de vues, autrement que par le fait que les observateurs consultés ne décrivent pas la même réalité ? Hermant et Bottequin se réfèrent à l'usage ancien, que les spécialistes présentent désormais comme « classique » (selon le Grand Larousse), « vieilli en France » (selon le dictionnaire québécois Usito), « désuet » (selon le Wiktionnaire), voire « rare » (selon le Robert), quand bien même il perdure dans la langue littéraire. Joran, de son côté, dénonce un usage semble-t-il plus récent, d'abord repéré dans la bouche des apprenants du français, mais qui se répand également chez les natifs de France − sous l'influence probable de visiteurs venus de Belgique, d'Afrique, du Canada et d'autres contrées francophones où le tour est donné comme courant −, et ce d'autant plus facilement que la langue ordinaire aspire, ici comme ailleurs, à toujours plus de brièveté (5). De là le traitement éminemment paradoxal de l'expression visiter quelqu'un, qui passe tantôt pour un archaïsme littéraire, tantôt pour un tour familier suspecté d'influence étrangère (6) ! Avouez qu'il y a de quoi en perdre son latin − lequel, soit dit en... visitant, construisait déjà le verbe visitare, fréquentatif de visere (« aller ou venir voir »), avec un accusatif de personne (aliquem visitare, « voir souvent quelqu'un »).

    Le piquant de l'affaire, cela dit, c'est qu'il n'est que de visiter les bistrots (lorsqu'ils rouvriront) pour s'aviser que aller voir quelqu'un est autrement répandu, dans la langue courante actuelle, que rendre visite à quelqu'un ou visiter quelqu'un... Qui s'en plaindra ?
     

    (1) Même son de cloche étriqué du côté de Girodet : « [Visiter] ne s'emploie guère au sens de "faire une visite à quelqu'un". En revanche, on dit très bien : visiter les pauvres, les malades, leur faire des visites de charité. De même : Le médecin visite les malades », de Josette Rey-Debove : « Visiter ne s'emploie pas au sens de rendre visite à (qqn) » et du Larousse en ligne : « Visiter quelqu'un (= lui rendre visite) n'est plus guère usité de nos jours, sauf dans quelques emplois, comme médecin qui visite ses malades, représentant de commerce qui visite ses clients, et en français d'Afrique. » 

    (2) « He ! vens de France [...] ! Pour mon ami me viens ci visiter » (Beuve de Hanstone, fin du XIIe siècle), « E il souvent la visitait Maint beau sermon li recitait » (Le Roman de la Rose, XIIIe siècle), « Souvent doiz visiter t'amie » (La Clef d'amors, fin du XIIIe siècle), « Visiter ses amis » (Oresme, vers 1370), « Li rois Artus n'estoit pas seulz En alant visetant les dames » (Jean Froissart, vers 1380), « Par l'ordonnance de sa dame, il print regle et coustume de la venir visiter a toutes les foiz qu'il sentoit le mary estre absent » (Les Cent nouvelles nouvelles, vers 1460), « Je m'en vaiz visiter ma mere » (La Passion d'Auvergne, 1477), « Grandgousier [...] visita son filz Gargantua » (Rabelais, 1534), « [L'Infante] estoit allée visiter Lucencio son amy » (Nicolas Herberay des Essarts, 1546), « [Il] estoit lors venu de Neufchastel ici voir l'Eglise et visiter ses amis » (Théodore de Bèze, 1565), « Il alloit visiter privément ses amis » (Nicolas Coeffeteau, 1623), « Mon dessein [...] étoit d'aller visiter mes amis de Poitou » (Agrippa d'Aubigné, avant 1630), « Ma sœur est allé visiter ma mere » (Vaugelas, 1647), « Elle les [= ses frères] vint un jour visiter » (Bossuet, 1653), « Il employa le tems de mon absence à visiter ses amis » (abbé Prévost, 1741), « Visiter un ami que j'avais perdu de vue depuis longtemps » (Ducray-Duminil, 1794), « Je ne suis pas étonné que tu prennes plus de plaisir à visiter un ami, dont la société ne te procurera que des jouissances, qu'à t'enfermer » (Charles Nodier, 1811), « À Florence, Milton visita Galilée presque aveugle » (Chateaubriand, 1836), « Est-il défendu à un ami de visiter un ami ? » (Alexandre Dumas, 1844), « Madame était allée voir sa famille, visiter une amie ou faire des emplettes » (George Sand, 1846), « Louise sortit avec la servante pour aller, dit-elle, visiter une amie dans le voisinage » (Eugène Sue, 1853), « Il eût été chez des amis ou dans ses terres, [...] il eût visité ses voisins » (Hector Malot, 1880), « La matinée du lendemain se passa à visiter ses amis » (Jules Verne, 1884), « On ne peut aller d'une chambre à l'autre pour visiter son voisin ou lui parler » (Huysmans, 1895), « Un ami de ses parents [...] vint le visiter un dimanche » (René Benjamin, 1925), « Quand [...] un ami célibataire va visiter un ami marié » (Jean Giraudoux, 1935), « Il était allé visiter des amis dans un pays qu'il ne connaissait pas » (Henri Pourrat, 1948), « La moto a succédé au train pour venir de Paris et visiter sa famille » (Jean-Michel Blanquer, 1992).

    (3) « [Les matrones] ont veue et visitée Jehanne La Cordiere, prisonniere detenue en Chastellet, et tiennent et croyent fermement et en leurs consciences que icelle prisonniere est grosse d'enfant » (Registre criminel du Châtelet de Paris, 1390), « Telle au contraire qui, visitée par les matrones au doigt et à l'œil, feuillet par feuillet, sera reconnue intacte [...] » (Anatole France, 1908).

    (4) En 1764, Voltaire écrivit à propos de ce vers de Corneille : « Venir visiter, expression de comédie. » À cause du soupçon de pléonasme ?

    (5) « Au lieu d'énoncer les mots et les syntagmes tout au long de la chaîne parlée, l'esprit cherche sans cesse à les représenter à l'aide de signes plus brefs et plus maniables […]. Un groupe verbal peut être représenté par un verbe simple : Elle ne visite jamais personne » (Henri Frei, La Grammaire des fautes, 1929).

    (6) « Germanisme qu'on entend encore souvent aujourd'hui » (Léon Zeliqzon, Expressions appartenant au français populaire messin, 1930), « Wohl zu unrecht als germanismus betrachtet ; es ist wohl eher ein archaismus [probablement considéré à tort comme un germanisme ; c'est plus un archaïsme] » (Wartburg, 1962), « [...] les items qui ont été considérés parfois comme des germanismes parfois comme des régionalismes : visiter quelqu'un » (Jean-Michel Eloy, 1995), « En dehors de ces emplois [visiter un prisonnier, un client, un patient], visiter quelqu'un est senti comme un anglicisme et certains recommandent de n'employer que rendre visite à quelqu'un » (Bescherelle pratique), « Le verbe visiter est considéré comme un canadianisme, un régionalisme ou un verbe vieilli au sens de "se rendre auprès de quelqu'un en lui faisant une visite" » (Portail linguistique du Canada), « Familier. Rendre visite à quelqu'un, aller le voir : Elle est allée visiter sa grand-mère » (Larousse).

    Remarque 1 : Visiter se construit aussi avec un complément direct de personne quand il est employé comme terme de religion au sens de « se manifester auprès de (en parlant de Dieu) » : « Le Seigneur se hâte de visiter ses élus » (Jean-Baptiste Massillon).

    Remarque 2 : Il est cocasse d'observer que les critiques n'ont pas davantage épargné le tour rendre visite : « Faut-il, comme certains puristes l'enseignent, vouer aux gémonies l'expression courante rendre visite ? Évidemment, elle convient proprement lorsqu'on va chez quelqu'un de qui l'on reçut la visite peu de temps auparavant. Mais cette distinction va se perdant, et Littré note rendre visite comme équivalent de faire visite » (G.-O. d'Harvé, 1923). Hanse confirme : « Rendre visite à quelqu'un n'implique nullement une idée de réciprocité [...]. Si l'on veut spécifier qu'on rend à quelqu'un une visite reçue, on emploie un article ou surtout un possessif : Rendre une visite à quelqu'un. Je lui ai rendu sa visite. »

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    La même chose (ou Un homme est venu rendre visite à un ami).

     

    « Crise des vocationsLe sexe des (or)anges »

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 3 Juin à 21:41

     Bonjour Marc,

     

    En effet, comme vous le dites « … un usage semble-t-il plus récent, d'abord repéré dans la bouche des apprenants du français, mais qui se répand également chez les natifs de France − sous l'influence probable de visiteurs venus de Belgique, d'Afrique, du Canada et d'autres contrées francophones où le tour est donné comme courant » et c’est bien le cas au Maroc où, de par mon expérience, je peux attester que la forme verbale « rendre visite » n’est pas du tout usitée par les Marocains de souche qui disent bien « visiter quelqu’un ».

    Dans le même ordre d’idée, et par contre je ne sais pas si c’est la survivance d’une tournure ancienne, au Royaume on dit également « voyager » (sans complément aucun) ou « voyager à (+ le lieu, la ville) » pour dire « se déplacer, aller à » ; ainsi on vous dira « demain je voyage », soit « demain je vais quelque part » ou alors avec son complément de lieu «…  je voyage à Agadir », alors qu’en France il est dit « je vais à Agadir » et cette notion de « voyager » ne sous-entend aucune notion de durée sur place : le « voyage » ainsi décrit peut très bien être un aller-retour dans la même journée, donc rien d’un voyage tel qu’on l’entend en France. Ce sont des petites différences lexicales, assez surprenantes aux premiers temps, mais une fois comprises et intégrées dans notre système de pensée « franco-française » elles ne posent pas de problème. 

     

     

    Salutations.  

     

     

     

     

     

     

     

     

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