• Locutions prépositives

    Selon l'usage le plus fréquent, étant donné, mis à part, ci-joint, ci-inclus, ci-annexé, y compris et autres participes passés attendu, excepté, passé, vu, etc. restent invariables s'ils sont placés avant le nom auquel ils se rapportent. Ils sont alors employés comme préposition ou comme adverbe.

    Placés après le nom ou le pronom qu'ils qualifient, ils sont considérés comme des adjectifs et s'accordent avec celui-ci.

    Mis à part cette question, reste-t-il des interrogations ? mais Cette question mise à part, il n'y a plus d'interrogations.

    Ci-joint, notre proposition mais Veuillez relire la proposition ci-jointe.

    Étant donné les circonstances, il est excusé mais Les sujets étant donnés, l'épreuve a pu commencer.

    Tout le monde, excepté les enfants mais Tout le monde, les enfants exceptés.

    Il a tout lu, y compris la fin mais Il a tout lu, la fin y comprise.

    Vu la situation, mieux vaut tout arrêter mais La situation vue à travers les yeux d'un enfant.

    Passé vingt heures, il ne pourra plus entrer mais Il est arrivé à vingt heures passées.

    Passé cette porte, le silence est requis.

     

    Astuce

    On reconnaît un participe passé employé comme préposition au fait qu'il est possible de le remplacer par une autre préposition : passé vingt heures ↔ après vingt heures.

    Séparateur de texte

    Remarque 1 : La règle d'accord de certaines de ces locutions a été longtemps incertaine. Ainsi, Grevisse et Hanse notent que le choix est possible avec étant donné, passé et mis à part. Pour autant, celui-ci conseille l'invariabilité, quand celui-là reconnaît que, dans l'usage moderne, on les laisse souvent invariables.

    Concernant les locutions ci-joint, ci-inclus, ci-annexé, l'Académie apporte la précision suivante : placées en tête de phrase, ces locutions ont valeur adverbiale et restent donc invariables ; placées dans le corps de la phrase, elles s'accordent ou pas selon un usage encore flottant (mais restent invariables devant un nom sans déterminant) ; placées juste après le nom auquel elles se rapportent, elles ont valeur d'adjectifs et s'accordent.

    Ainsi peut-on écrire, selon l'Académie : Vous trouverez ci-joint notre proposition ou Vous trouverez ci-jointe notre proposition mais Vous trouverez, ci-jointe, notre proposition (en raison de la mise en apposition) et Vous trouverez ci-joint copie de notre proposition (en raison de l'absence de déterminant).

    Notez par ailleurs qu'il est préférable, dans le cas d'une lettre, d'employer ci-inclus plutôt que ci-joint (tout document complémentaire devant être glissé dans l'enveloppe).

    Remarque 2 : Vu (à ne pas confondre avec son homonyme vue) s'emploie également dans certaines expressions figées comme nom masculin toujours au singulier (à la différence du nom masculin dire qui supporte également le pluriel dans l'expression au dire de).

    Au vu et au su de tout le monde (= à la connaissance de tout le monde).

    Au vu des dernières révélations... (= après avoir pris connaissance des dernières révélations).

    Sur le vu des documents joints (tour administratif signifiant « après examen ou constatation de »).

    Au dire de, selon le(s) dire(s) de = d'après ce qui est rapporté par.

    En vue de (= dans l'intention de, en considération de).

    Remarque 3 : On notera que la locution conjonctive étant donné que, suivi de l'indicatif, est invariable et signifie « en considérant que, puisque, du fait même que ».

    Étant donné que vous n'êtes pas venus, nous sommes partis.

    Mise à part

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 16 Mai 2013 à 12:13
    Jean-no

    L'invariabilité n'est pas obligatoire pour "étant donné", "passé", "mis à part" (Grevisse 257.2)

    "passée le période d'hostilité contre les travaux (...)" (Colette).

    "passées les courses de féria il me faudra revenir" (Montherlant)

    2
    Marc81 Profil de Marc81
    Jeudi 16 Mai 2013 à 13:34

    Vous avez raison : la règle d'accord de ces locutions a longtemps été incertaine, comme le confirment Grevisse et Hanse. Mais cela n'empêche pas Hanse de conseiller l'invariabilité, et Grevisse, de reconnaître que, dans l'usage moderne, on les laisse souvent invariables.
    Ces trois locutions peuvent donc désormais être rangées dans la catégorie de celles qui restent invariables quand elles sont placées en tête de phrase, conformément à la position de l'Académie, de Girodet, de Thomas, de Bescherelle, de Capelovici et de quelques autres. Toutefois, l'accord ne saurait être considéré comme fautif.
    Je vous remercie de votre commentaire qui m'a incité à préciser mon article.

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