• Elle s'est refusé(e) à

    Elle s'est refusé(e) à

    « Contrairement à la direction de son parti, Sylvie Houssin [photo ci-contre] s'est refusé dimanche à donner une consigne de vote » (à la suite de l'élimination du PS au premier tour de la législative partielle dans la deuxième circonscription de l'Oise).

    (sur nouvelobs.com, le 18 mars 2013)

     (photo Le Courrier Picard)


     
    FlècheCe que j'en pense


    Au nom de quel parti pris refuserait-on l'accord du participe passé dans cette phrase ? Se refuser à y a le sens, non pas de « refuser soi-même » ni de « refuser à soi-même », mais de « ne pas consentir à ». Nous sommes donc là en présence d'un verbe pronominal non réfléchi, pour lequel le pronom se ne peut être analysé comme complément d'objet : l'accord avec le sujet est de rigueur.

    Les choses auraient été différentes dans la phrase : Elle ne s'est rien refusé, où se refuser (quelque chose) signifie proprement « (le) refuser à soi-même ». Rien, complément d'objet direct, étant placé après le participe passé, ce dernier doit rester invariable.

    Mais il faut croire que les consignes d'accord sont, de nos jours, aussi peu respectées que les consignes de vote...


    Voir également le billet Accord du participe passé des verbes pronominaux

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Elle s'est refusée dimanche à donner une consigne de vote.

     

    « RépréhensifLes marges arrière(s) »

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  • Commentaires

    1
    JEG
    Vendredi 28 Août 2015 à 17:18

    A la première pas de La Vie de Marianne, Marivaux emploie ce verbe et l'accorde. Or, je lis avec surprise en note de bas de page que "cet accord ne correspond pas aux règles d'aujourd'hui" (Livre de Poche).

    Vous avez raison, "se refuser" est ici est un verbe essentiellement pronominal signifiant "s'interdire de".

    2
    Vendredi 28 Août 2015 à 20:24

    Comme indiqué dans ce billet, il convient de bien distinguer les deux constructions : se refuser à (faire) quelque chose (sans COD) et se refuser quelque chose (avec COD). La phrase de Marivaux à laquelle vous faites allusion est la suivante : "Elle ne s'est refusée [sic] aucune des réflexions qui lui sont venues sur les accidents de sa vie." Il s'agit ici de la construction se refuser quelque chose, où se est complément d'objet indirect. La note de bas de page est donc pertinente, puisque le complément d'objet direct (aucune des réflexions) est placé après le participe passé.

    3
    JEG
    Vendredi 28 Août 2015 à 21:26

    Oui, vous avez raison, merci

    4
    Hagoossens
    Jeudi 4 Août 2016 à 07:39
    Hagoossens

    La porte -parole de Scotland Yard s'est refusé á tout commentaire (Le Figaro aujourd'hui). J'ai tiqué en lisant cela

      • Jeudi 4 Août 2016 à 09:20

        Vous avez eu raison de tiquer !

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