• Quiconque

    En vieux français, onc (et ses différentes formes oncques et onques) signifie « jamais ». Emprunté du latin quicumque, qui qu'onques avait donc, autrefois, le sens de qui... jamais.

    De nos jours, dans le registre soutenu, quiconque est un pronom relatif indéfini, qui signifie « toute personne qui » et présente la particularité de ne jamais avoir d'antécédent (il fonctionne donc lui-même en tant que nom).

    Quiconque rira aura affaire à moi (citation de Molière).

    Quiconque n'observera pas cette loi sera puni.

    Une solide formation est recommandée pour quiconque envisage de créer son entreprise.

    Est passible d'emprisonnement quiconque se rend coupable d'un crime.

    Cet emploi est le seul admis par l'Académie, qui rappelle que quiconque ne doit être utilisé que comme sujet d'un verbe (celui de la proposition relative qu'il introduit, à l'indicatif).

    C'est pourquoi les puristes condamnent l'usage − pourtant de plus en plus fréquent depuis la fin du XIXe siècle et considéré comme régulier par Hanse et Grevisse − de quiconque comme pronom indéfini (donc non sujet d'un verbe) au sens de « n'importe qui, qui que ce soit ».

    Ceux qui le souhaitent pourront avantageusement remplacer quiconque, employé absolument, par personne ou qui que ce soit :

    Il danse mieux que personne (de préférence à mieux que quiconque, formulation par ailleurs moins soucieuse de l'euphonie).

    Je défie qui que ce soit de répondre à cette question (de préférence à Je défie quiconque).

    La chance peut changer la vie de toute personne (de préférence à de quiconque).

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    Remarque 1
    : Bien que masculin singulier, quiconque peut être considéré comme féminin quand le contexte l'exige (mais pas comme pluriel).

    Mesdemoiselles, quiconque d'entre vous trichera sera punie.

    Remarque 2 : Dans une phrase négative, quiconque (dans son emploi absolu critiqué) doit être remplacé par personne.

    Je n'en parlerai à personne (et non à quiconque).

    Littré fait cependant remarquer que, dans une phrase comme Cela ne paraît guère impressionner quiconque, guère (qui a déjà une valeur négative) s'accommode mieux du sens positif de quiconque que du sens négatif de personne.

    Mais on écrira correctement : Quiconque ne peut vivre dans la société des hommes ou n'en éprouve pas le besoin est une bête ou un Dieu (Aristote). Quiconque n'observera pas cette loi sera puni.

    Remarque 3 : La confusion entre les différentes fonctions de quiconque ne peut justifier la construction redondante et fautive quiconque... qui (Quiconque qui rira aura affaire à moi).

     

    Quiconque
    Éditions du Sonneur

     

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