• Règlement de compte(s)

    Règlement de compte(s)

    « Nouveau règlement de compte à Marseille. »

    (paru sur lemonde.fr, le 6 juin 2013)
    « Un mort dans un nouveau règlement de comptes à Marseille. »

    (paru sur lemonde.fr, le 20 juin 2013)

     


    FlècheCe que j'en pense


    Mais qu'a-t-il bien pu se passer en une semaine ? On est en droit de se poser la question, tant les « ardoises » marseillaises semblent se régler au rythme des revirements orthographiques des rédactions, du Monde comme d'ailleurs : ici, les s sont expédiés ad patres sans autre forme de procès ; là, ils ressuscitent d'entre les morts sous le regard médusé de la « Bonne Mère ».

    Que dit le règlement (notez l'accent grave) ? Si Hanse s'en tire à bon compte en laissant le choix à ses ouailles – « On écrit : un règlement de compte ou (plus souvent) de comptes. » –, la majorité des ouvrages de référence préconise la graphie au pluriel : « [Règlement] s'étend au fait de régler une question, de payer une dette ou un dû, entrant avec ce dernier sens dans la locution figurée règlement de comptes » (Dictionnaire historique de la langue française) ; « [Compte] est au pluriel dans règlement de comptes » (Bescherelle). Voilà qui a le mérite de la clarté. On ne peut hélas en dire autant des dictionnaires usuels, plus enclins à participer à la valse-hésitation générale qu'à prendre parti : à l'entrée « règlement », Robert enregistre règlement de compte(s)... mais ne mentionne plus que le tour au pluriel à l'entrée « compte ». Quant à Larousse, il n'y a guère que dans son édition électronique que ladite expression n'est pas laissée pour compte : « Règlement de compte(s) : action de régler un différend par la violence, et, familièrement, vengeance ». À ce compte-là, à quoi bon consulter un dictionnaire ?

    Devant une telle incohérence, grande est la tentation de vérifier de quel côté de l'arme se situe le détenteur dudit compte  : côté crosse, dès lors qu'il s'agit de régler ses comptes avec autrui (entendez : régler un différend) ; côté canon, quand il est davantage question de lui régler son compte (en d'autres termes : le liquider). Affaire de point de vue.

    Problème : bien que partisane du règlement de comptes, l'Académie ne fait état dans son Dictionnaire, pour les deux acceptions, que de l'expression régler son compte à quelqu'un : « Régler son compte à quelqu'un (pop.), régler un différend par des moyens énergiques, violents et, par ext., tuer quelqu'un ». Ce choix est d'autant moins anecdotique que les académiciens ont par ailleurs pris soin d'enregistrer les variantes rendre un compte, des comptes ; demander compte, des comptes. Il n'y a guère que Littré, citant Bossuet, pour mentionner le tour régler ses comptes avec, au sens figuré de « mettre au net une situation » : Pour régler ses comptes avec la justice divine.

    Ne comptez donc pas sur moi pour régler la question d'un simple billet... même si l'on gagnera somme toute à s'en tenir à la graphie de l'Académie.

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Un nouveau règlement de comptes.

     

    « Le niveau baisseTous ensemble(s), tous ensemble(s) ! »

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