
« Jean-Marc Ayrault aurait demandé à Delphine Batho de retirer ses propos. C'est quand elle a refusé de le faire qu'elle s'est vue limoger » (à propos de la désormais ex-ministre de l'Écologie, photo ci-contre).
(paru sur lefigaro.fr, le 2 juillet 2013)
(photo Wikipédia sous licence GFDL par David Monniaux)
Ce que j'en pense
La règle est pourtant connue : l'accord du participe passé suivi d'un infinitif ne peut durablement se développer que si le complément d'objet direct du premier fait l'action exprimée par le second. Reprenons le cours de l'affaire : Delphine Batho a vu qui ? quelqu'un (en l'espèce, Jean-Marc Ayrault) la limoger ; se est complément d'objet direct de l'infinitif limoger (et non du participe passé vu). Rien que de très (éco)logique, me direz-vous, puisque l'on imagine mal la future ex-ministre se limogeant elle-même. Partant, l'accord du participe passé n'a pas lieu d'être, faute d'avoir été correctement budgété.
Une autre construction était toutefois envisageable, avec se voir : elle s'est vue limogée. Dans ce cas (où l'infinitif s'est recyclé en participe passé), se est complément d'objet direct du verbe voir et le participe limogée, attribut dudit COD (elle a vu elle-même être limogée).
Si les deux tours sont grammaticalement corrects, le premier a ici ma préférence, car il met davantage l'accent sur le déroulement de l'action que sur le résultat de celle-ci. En l'occurrence, on distingue nettement le Premier ministre faisant tomber le couperet, avant que Delphine, verte de rage, ne quitte... le bateau.
Voir également le billet Accord du participe passé des verbes pronominaux.

Ce qu'il conviendrait de dire
Elle s'est vu limoger (ou Elle s'est vue limogée).