
« (...) sans parler de touts ceux - parfois âgés ou handicapés (j'en connais) - qui ont retrouvé, grâce à la cigarette électronique, le plaisir d'aller dans un café ou un restaurant. »
(Benoît Duteurtre, sur marianne.net, le 24 août 2013)
Ce que j'en pense
Il faut croire que les vapeurs de la « vapoteuse » ne sont pas aussi inoffensives que notre journaliste veut bien le prétendre. Sinon, comment expliquer cette regrettable confusion entre tout, substantif, et tout, adjectif indéfini ? De nos jours, la graphie touts ne peut en effet correspondre qu'au pluriel du premier, qui désigne la totalité d'un ensemble : Un tout cohérent, des touts cohérents. Des parties prises comme des touts.
Force est toutefois de reconnaître que tel ne fut pas toujours le cas : Là, touts les ans je te pairay mes vœux (Ronsard) ; Je me donne à touts les Diables (Rabelais). Il n'empêche : n'en déplaise à quelques nostalgiques – « L'adjectif masculin tout s'écrit ordinairement au pluriel tous ; il vaudrait mieux écrire touts, suivant la règle générale de la formation du pluriel dans les substantifs et dans les adjectifs » (Grammaire française de Lhomond, 1814) –, l'usage en a finalement décidé (tout) autrement, et mieux vaut sans doute s'y conformer si l'on veut éviter de se voir taxer non pas ladite cigarette mais... d'archaïsme.
Voir également le billet Tout.

Ce qu'il conviendrait de dire
Sans parler de tous ceux qui...