
« Partir, mais pas trop longtemps, et surtout pas trop loin : les membres du gouvernement Ayrault se sont vu accorder une quinzaine de jours de répis... à condition de ne pas quitter le territoire français. »
(paru sur courrierinternational.com, le 2 août 2013)
(photo Wikipédia sous licence GFDL par Flickr)
Ce que j'en pense
Les choses avaient pourtant bien commencé, notre journaliste ayant déjoué avec une agilité peu commune les pièges de l'accord du participe passé devant un infinitif : ils ont vu qui ? (quelqu'un) leur accorder une quinzaine de jours..., complément d'objet direct placé après le participe vu, qui reste donc invariable. Las ! voilà qu'il trébuche sur une vulgaire faute d'orthographe, troquant le t final de répit contre un s trompeur – par fausse analogie avec pis ou par simple... dépit ?
Rappelons à toutes fins utiles que répit est le doublet populaire de respect, tous deux empruntés du latin respectus (« regard en arrière ; égard ; refuge »). Notre substantif masculin s'est, du reste, d'abord écrit respit, puis curieusement répy, avant que la graphie répit l'emporte définitivement sur ses concurrentes. On retiendra de nos jours que le t de répit force le respect.

Ce qu'il conviendrait de dire
Une quinzaine de jours de répit.