
« L'abstension fait sensation. »
(Manuel Sanson, sur lexpress.fr, le 24 mars 2014)
(photo Wikipédia sous licence GFDL par Pierre-alain dorange)
Ce que j'en pense
Notre journaliste ne croit pas si bien dire. C'est que, allez savoir pourquoi, j'ai la nette sensation qu'il s'est emmêlé les fils électriques en orthographiant ce mot d'un usage pourtant... courant.
Certes, le Dictionnaire historique de la langue française nous apprend que le substantif abstention « est d'abord attesté sous la forme astension (1160), signifiant "abstinence" », puis abstension, mais cela fait près de quatre siècles que le bougre, emprunté du bas latin abstentio, lui-même dérivé de abstentum, supin de abstinere (« s'abstenir »), a récupéré son t étymologique.
La tension a beau être palpable entre les deux tours des élections municipales, on évitera tout court-circuit orthographique en redoublant d'attention.

Ce qu'il conviendrait de dire
L'abstention fait sensation.