
« Pris de cours devant la montée fulgurante de ce groupe terroriste issu d'Al-Qaïda, les puissances occidentales et leurs alliés potentiels décident enfin de réagir » (à propos de Daech, nom arabe de l'État islamique).
(Rita Maalouf, sur huffingtonpost.fr, le 22 octobre 2014)
Ce que j'en pense
Quand on sait que la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'a pas ouvert un livre depuis deux ans, il ne faut pas s'étonner que nos hommes (et femmes) politiques ne soient pas davantage tentés de mettre le nez dans un dictionnaire. Ils y apprendraient pourtant que l'expression pour indiquer qu'on ne laisse pas le temps à quelqu'un de réagir, de se ressaisir est le prendre de court, où l'adjectif court − ici employé comme adverbe − ne saurait être confondu avec ses homophones court (de tennis), cours (d'une rivière, d'une planète, de la Bourse, de français) et cour (de récréation, de Louis XIV).
Sachez encore, pour ne pas être à court d'arguments, que la locution adverbiale de court signifierait − selon le Dictionnaire de l'Académie − « de façon serrée », proprement « avec un lien court » : Un chien attaché de court. Elle s'est rencontrée autrefois dans l'expression figurée tenir quelqu'un de court, « lui laisser peu de liberté », puis dans sa sœur jumelle prendre quelqu'un de court, qui s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui.
Est-il besoin de préciser que l'on écrira toutefois très correctement : Cet élève n'a pas pris de cours... de français ?

Ce qu'il conviendrait de dire
Pris de court.