
« Les politiques s’emparent du "pays de merde" prononcé par Ibrahimovic (...) Une tirade qui pourrait ne pas rester sans suites. »
(paru sur lavenir.net, le 16 mars 2015)
Ce que j'en pense
Mince alors ! J'en étais resté, pour ma part, à la graphie sans s à suite, retenue par l'Académie dans la dernière édition de son Dictionnaire : « Éphémère, qui reste sans suite, qui ne mène à rien » (à l'entrée « lendemain »), « Ses menaces sont restées sans suite » (à l'entrée « menace »). Même option pour le singulier chez Larousse (« Une affaire classée sans suite », « Projet qui n'a pas eu de suite ») et chez Robert (« Classer sans suite, reléguer, mettre à l'écart »).
Rien que de très logique, au demeurant : la locution (rester, classer) sans suite ne fait-elle pas écho au tour donner suite à quelque chose (avec suite au singulier), qui signifie « en poursuivre la réalisation » ? C'est que Girodet nous invite à bien faire la distinction entre la suite d'une affaire (son cours, son déroulement) et les suites d'une affaire (ses conséquences). Comparez : une plainte restée sans suite (entendez : à laquelle on n'a pas donné suite, dont on a arrêté le cours) et une maladie sans suites (sans conséquences fâcheuses).
À la décharge de notre contrevenant, reconnaissons que ces subtilités mériteraient d'être plus clairement abordées dans les ouvrages de référence, lesquels se contentent d'ordinaire de signaler que sans suite se dit d'idées, de mots, de paroles, de propos incohérents et, en commerce, d'une marchandise qui ne sera pas réapprovisionnée. L'urgence est d'autant plus grande que, depuis l'affaire du Carlton, on ne compte plus dans la presse les enquêtes classées « sans suites »... hôtelières.

Ce qu'il conviendrait de dire
Une sortie (une saillie) qui pourrait ne pas rester sans suite.