« Il est aux alentours de 4 heures du matin dimanche 7 avril lorsque deux hommes [...] se sont faits agressés très violemment. Une agression homophobe selon les premiers éléments de l'enquête [...]. Deux à quatre agresseurs leurs tombent dessus. »
(Céline Lussato, sur nouvelobs.com, le 8 avril 2013)
Ce que j'en pense
Il va sans dire que les quelques fautes de français relevées dans cet article sont sans commune mesure avec la gravité des faits rapportés. Est-ce cependant une raison pour à ce point sacrifier la forme au fond ?
L'astuce consistant à remplacer un verbe du premier groupe (en -er) par un verbe d'un autre groupe aurait déjà permis à notre journaliste d'éviter de confondre le participe passé et l'infinitif du verbe agresser : Ils se sont fait mordre (et non mordus !) → Ils se sont fait agresser. Sauf à considérer agressés comme attribut du pronom personnel se (comme on dirait Ils se sont faits beaux), mais telle ne saurait être l'intention de l'auteur.
Ensuite, en vertu de la règle d'accord du participe passé suivi d'un infinitif, ledit participe ne varie que si le complément d'objet, placé avant le participe, fait l'action exprimée par l'infinitif. Les deux hommes n'ayant évidemment pas été agressés par eux-mêmes, l'invariabilité est donc de rigueur (c'est du reste toujours le cas du participe passé fait suivi d'un infinitif).
Quant à la confusion entre le déterminant leur (Voici leur fille et leurs chiens) et le pronom leur (Je leur ai parlé), l'indulgence incite à n'y voir qu'une simple coquille.
Il n'empêche : inutile d'ajouter l'agression syntaxique à l'agression physique.
Voir également le billet Accord du participe passé des verbes pronominaux.

Ce qu'il conviendrait de dire
Ils se sont fait agresser.
Des agresseurs leur tombent dessus.