
« François Bayrou a stupéfait ses proches en s'exprimant récemment sur le projet de mariage pour tous. »
(lu dans Le Point no 2093, octobre 2012)
François Bayrou (photo Wikipédia sous licence GFDL par Guermonprez)
Ce que j'en pense
La règle est pourtant claire : à stupéfait (du latin facere, sens actif) le rôle d'adjectif ; à stupéfié (du latin fieri, sens passif) celui de participe passé. L'usage l'est beaucoup moins...
Si certains spécialistes (Grevisse, Dupré) ne voient pas au nom de quel principe on refuserait à un participe passé (stupéfié) d'être utilisé comme adjectif, tous s'accordent pour cantonner stupéfait dans son emploi adjectival. Tous ? Pas exactement...
Larousse et Robert ont depuis longtemps accueilli dans leurs colonnes le très contesté verbe stupéfaire, légitimant de fait l'emploi de stupéfait comme participe passé. Force est de reconnaître à ceux qui tiennent ledit verbe pour un affreux barbarisme qu'il se rencontre sous les meilleures plumes : « Cela me stupéfait » (Flaubert), « Une chose par-dessus tout m'a stupéfait » (Mauriac).
L'Office québécois de la langue française justifie cet état de fait d'une pirouette : « Ce verbe [qui] ne se rencontre qu’à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif et aux temps composés [est] d’un emploi rare et littéraire. » La belle affaire ! Vous ne serez donc pas... surpris de me voir privilégier le verbe stupéfier dans l'exemple qui nous occupe.
Voir également le billet Stupéfait / Stupéfié.

Ce qu'il conviendrait de dire
Il a stupéfié ses proches.