
« Il a dit à David Pujadas : "Ça vous emmerde que j'ai réussi et ça me fait un plaisir incroyable" » (à propos de Bernard Tapie, photo ci-contre, lors de son intervention au vingt heures de France 2).
(Anna Cabana, sur lepoint.fr, le 2 juillet 2013)
(photo Wikipédia sous licence GFDL par JJGeorges)
Ce que j'en pense
Moi, ce qui m'en... nuie, c'est cet indicatif.
Il est en effet d'usage d'employer le subjonctif dans une proposition complétive après un verbe exprimant un sentiment (étonnement, joie, regret, etc.), même si le fait est certain. De fait, gageons qu'il ne viendrait à l'idée de personne d'écrire : Ça lui fait plaisir que nous avons réussi !
À la décharge de notre journaliste, reconnaissons que, dans le cas mis sur le tapis, la distinction entre le passé composé (j'ai réussi) et le subjonctif passé (que j'aie réussi) n'ait pas possible – pardon, n'est pas possible à l'oreille. Il n'empêche : si le style est relâché à l'oral, ce n'est pas une raison pour que la forme le soit à l'écrit.
Loin de moi l'intention de... me foutre de la gueule de qui que ce soit, mais oui, un e à ai, ça m'aurait fait un plaisir incroyable.

Ce qu'il conviendrait de dire
Ça vous emmerde que j'aie réussi.