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« Ces résultats [du premier tour des élections municipales] rebattent les cartes du débat à gauche [...]. Le tout sauf LFI devient une illusion, sauf à s'allier avec la droite. »
(Jean-Claude Tarby, dans une tribune publiée sur le site de Mediapart le 18 mars 2026.)
Ce que j'en pense
Rarement attelage aura autant semé le trouble parmi les spécialistes. Je veux parler, non pas de celui du PS et de LFI, qui défraie la chronique politique, mais de la locution sauf à, à laquelle je ne pouvais m'abstenir de m'intéresser au cours de mes récentes recherches sur sa sœur jumelle quitte à (voir cet article). Il n'est que de répertorier les gloses proposées, multiples et parfois contradictoires, pour mesurer l'étendue de la confusion :
« sans empêcher de » (Académie 1694-1798, Littré), « à la réserve de [= à l’exception de] » (Littré), « sous la réserve de » (Académie depuis 1835, Dictionnaire général, Hanse), « quitte à » (Littré, Tobler, Grevisse, Hanse, Thomas, Larousse [1], Académie), « au risque de » (Le Bidois [2], Larousse), « en acceptant l'obligation éventuelle, en prenant le risque de » (Grand Robert), « sans que soit exclu le risque de » (TLFi), « sans éliminer la possibilité de » (Dupré), « sans exclure l'éventualité de » (Grand Robert), « en excluant telle éventualité » (Larousse en ligne), « en se réservant le droit ou la possibilité de » (TLFi, Grand Robert), « sans s'interdire de » (TLFi, Dictionnaire historique, Larousse), « à condition que » (Académie 1798), « même si » (Ferdinand Brunot [3]), « à moins de » (Jacques François [4]), « sauf si » (Alain Frontier [5]), etc.
« Par sauf à + infinitif on marque proprement la réserve » (Kristian Sandfeld, Syntaxe du français contemporain, 1942), « Devant à + infinitif complément adverbial, sauf marque la réserve » (Grammaire française des continuateurs de Knud Togeby, 1982), mais « Le connecteur sauf à n'a aucune valeur exceptive ou de réserve ; il marque "une supposition entraînant éventuellement un risque à courir" (Le Bidois) ; il a une valeur concessive » (Alice Toma, L'Exception, 2009), « La combinaison sauf à suivi d'un verbe à l'infinitif [...] exprime une concession » (Mohamed Galal et Sylvain Kahane, Les Constructions exceptives, 2019).
Quelle cacophonie ! Je vous laisse imaginer le désarroi que peut éprouver l'usager en découvrant, plus particulièrement, que sauf à est paraphrasé par « quitte à » dans Il vous promettra monts et merveilles, sauf à renier sa parole (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie), mais par « en excluant telle éventualité » dans Il promettra tout ce qu'on voudra, sauf à renier sa parole (Larousse en ligne). La Semeuse qui dit à peu près le contraire du quai Conti : voilà qui mérite que l'on s'y arrête un instant.
Sauf, tout comme quitte, est à l'origine un adjectif. Issu du latin salvus (« entier, intact », d'où « en bonne santé, bien conservé » et, en latin chrétien, « sauvé du mal »), il s'est notamment employé, comme attribut ou comme épithète, au sens de « qui est indemne, qui a échappé à un péril (en parlant d'une personne) ; qui est préservé, intact (en parlant d'une chose) » : « En l'arcevesque est ben la croce salve » (Chanson de Roland, fin du XIe siècle), « Sain e sauf s'en retornerent » (Wace, vers 1140), « [Que] vostre honneur soit sauve » (Machaut, vers 1340 ; notez que la variante sauve était des deux genres dans l'ancienne langue). C'est, selon Dupré, parce que ledit adjectif pouvait être « antéposé au groupe substantival dans des expressions où il fonctionnait comme attribut d'un nom construit absolument (voir encore sauf votre respect, c'est-à-dire "le respect qu'on vous doit étant sauf") [qu']il a été interprété comme une préposition et a [progressivement] perdu la possibilité de s'accorder » (6). De là sauf a développé plusieurs valeurs qui, bien que proches, n'en sont pas moins différentes. Comparez :
(sauf exprimant la réserve) « Vous dites moult bonnes raisons, Sire ; mais sauf meilleur advis, Je loeroye qu'il fust mis En un coffre » (Miracles de Nostre Dame par personnages, vers 1340) ;
(sauf exprimant l'exception) « Vous ne me sçavriez requerre de chose dont je vous refusasse, saulf la couronne de mon royaume » (Perceforest, vers 1340) ;
(sauf exprimant la concession) « On ot bien vos conclusions, Mais, sauve voz bonnes raisons, Vous affullerez la tournelle [= vous serez emprisonné] » (Arnoul Gréban, vers 1450).
Dans la foulée apparaissent les constructions conjonctives sauf ce que, sauf tant que, sauf que, sur le sens desquelles le Dictionnaire du moyen français semble déjà hésiter : « à cette réserve (près) que », « étant cependant admis que », « excepté que », « si ce n'est, à condition que » (7). Les choses se compliquent encore avec la construction sauf à + infinitif, où la nature et la fonction mêmes de sauf sont sujettes à débat :
« L'adjectif sauf, qui s'emploie souvent comme préposition [...], n'a pas cette fonction devant un infinitif. Lorsque sauf apparaît devant un infinitif, il faut plutôt y voir un complément adverbial, assez semblable à même modifiant un infinitif » (Grammaire française des continuateurs de Knud Togeby, 1982).
« Sauf ne peut être qu'un adverbe quand il introduit une préposition, [étant admis que] la succession de deux prépositions n'est valide en français que pour de par, un cas exceptionnel en raison du caractère originellement lexical de par (< part) » (Jacques François, La Catégorisation plurielle de sauf, 2024).
« Certaines prépositions prennent comme complément un infinitif et forment avec lui un complément circonstanciel : sauf + à + infinitif. On ne considère pas sauf à comme un seul mot, mais comme une préposition simple (sauf) suivie d'une autre préposition (à) » (Anne Abeillé et alii, La Grande Grammaire du français, 2021).
« Nous considérons que sauf, excepté, hormis, dans leur emploi exceptif, n'ont pas les propriétés d'une préposition, mais plutôt celles d'une conjonction de coordination, puisque ces marqueurs peuvent être suivis, en plus du groupe nominal, d'un groupe prépositionnel ou d'une proposition adverbiale. Cette analyse va à l'encontre de celle généralement associée à ces marqueurs dans les grammaires et les dictionnaires français qui les traitent comme des prépositions » (Mohamed Galal et Sylvain Kahane, Les Constructions exceptives, 2019).
Mais laissons là ces querelles de grammairiens pour nous intéresser au sens des premières attestations de sauf à + infinitif, d'abord relevées dans des documents administratifs ou juridiques, puis dans des textes littéraires :
« Si doivent ils estre arrestez tant que il soit veu si le gage y siet ou non, sauf à [leur] faire delivrance comme l'en doit faire par court et sauf à les en envoier o caupcions entre termes » (La Très Ancienne Coutume de Bretagne, manuscrit du milieu du XIVe siècle), « [Le roy] a octroyé et accordé [tel privilège], sauf à appointer sur la requeste [des] prélats du royaulme » (Recueil général des anciennes lois françaises, 1484), « [Que soyent lesdicts debteurs] mis en prison fermée, jusques à entier payement, sauf à les reintegrer, s'il est dict que faire se doibve » (Edict de François Ier, 1536), « Ilz donneroyent le prochain Dimenche, une aubade à l'Archerie de ceux de Flameaux, sauf à faire retour à qui le devroit » (Noël Du Fail, 1547), « Se il avoit tort, vouloit payer quelque bonne chose à lesgard de toute la compaignie, de tout quoy demandoit respons, sauf à passer du parsus » (Id., 1547), « Or il portoit un de ces grands feultres d'Espaigne, pour se deffendre du soleil, qui le couvroit quasi luy et toute sa mule : sauf toutesfois à en rabattre ce qui sera de raison » (Bonaventure Des Périers, 1558), « Voyla un banc pour vous quatre, sauve à augmenter ou diminuer si le cas y escheoit » (Satyre Ménippée, 1594), « Sauf à desjoindre si faire se doit ou s'il y eschet » (Thresor de la langue francoyse, 1606). (8)
On devine – plus ou moins aisément – que sauf à (faire telle chose) s'entend à l'origine au sens de « la possibilité de faire telle chose étant sauve[gardée] », d'où « sans prejudice de, sans que cela empesche de » (première édition du Dictionnaire de l'Académie, 1694), « en se reserv[ant] la faculté de, quitte à » (Régnier-Desmarais, Traité de la grammaire françoise, 1705). Mais voilà que le linguiste Jacques François jette un pavé dans l'urne lexicale, en soutenant que sauf à, dans les exemples de Du Fail et de Des Périers, est paraphrasable par « à moins de » : un chapeau de feutre, qui le couvrait lui et toute sa mule, à moins d'en rabattre ce qui sera de raison ? J'entends d'ici fuser les protestations :
« Sauf à, locution prépositive devant un infinitif, ne signifie pas "sauf si, excepté si, à moins que" mais "sous la réserve de" ou "quitte à" [...]. Le sujet accepte un certain risque, mais se réserve le droit ou la possibilité de faire plus tard autre chose : Ils n'insisteront pas, sauf à revenir ensuite à la charge. Il les flattait pour leur tirer les vers du nez, sauf à les dénoncer ensuite ; tour littéraire » (Hanse, Nouveau Dictionnaire des difficultés du français moderne, édition de 1987).
« Depuis quelques années, on fait dire [à la locution prépositive sauf à] à peu près le contraire de ce qu'elle dit. On lui fait signifier "sauf si", alors qu'elle équivaut à "quitte à", "au risque de". Ainsi, plus personne ne peut comprendre aujourd'hui la phrase du Rouge et le Noir : "Il n'en est pas un qui ne désire ma condamnation, sauf à pleurer comme un sot quand on me mènera à la mort" et c'est de la sorte qu'on transforme tout doucement en langue morte la littérature la plus vivante » (Michel Mourlet, Discours de la langue, 1985).
« La locution prépositive sauf à peut signifier "sans que soit exclu le risque de" ou "en se réservant le droit de". Elle ne signifie en aucun cas "sauf si" ou "à moins que" » (rubrique Dire, ne pas dire du site Internet de l'Académie, 2012).
« Depuis quelques décennies, la plupart des auteurs emploient la locution prépositionnelle sauf à quand ils veulent dire à moins de, à rebours du sens qu'elle avait en français classique et jusque dans le première moitié du XXe siècle ("quitte à", "en admettant la possibilité de", "en acceptant de") » (La Grammaire de Forator, 2012).
On peut avancer sans trop se tromper que, si François est dans l'erreur, Hanse et consorts, eux, tombent dans le vœu pieux : anachronique au XVIe siècle, l'emploi de sauf à au sens de « à moins de » est aujourd'hui majoritaire. Comparez :
(emplois traditionnels) « Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté » (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789), « Ce prince aimait à se servir de ces intrigants, sauf à les loger ensuite dans une cage de fer » (Jules Michelet, 1832), « Traitez toujours, sauf à ratifier si bon vous semble » (Casimir Delavigne, 1835), « Je les [= des expressions régionales] conserve, sauf à les traduire plus tard en français de Paris » (Stendhal, vers 1836), « [Certaines femmes] se laissent prendre sans savoir pourquoi, sauf à en être au désespoir le lendemain » (Sand, 1837), « Il continuera de jouer, sauf à la rendre malheureuse » (Sainte-Beuve, 1852), « [Il] ne parl[e], sauf à être incomplet, que de ce qu'il a vu » (Théophile Gautier, 1852), « [Les enfants] iraient volontiers tout nus, sauf à garder un couvre-chef de leur goût » (Georges Duhamel, 1922), « Elle eût d'abord pris et payé le billet, sauf à n'y point aller » (Abel Hermant, 1923), « [Tel livre] n'a pas perdu de son intérêt ni de son actualité – sauf à rectifier quelques étymologies douteuses » (René Georgin, 1955), « Je me suis résolu à ne jamais prendre d'autre épouse que vous [...], sauf à rester toujours isolé si vous n'acceptez pas... » (André Thérive, 1957)
et
(emplois modernes) « Celle qui avait enduré le charivari [...] perdait toute chance de s'établir [= de se marier], sauf à épouser son galant ou à changer de pays » (Philippe Hériat, 1944), « Sauf à renoncer à la Littérature, la solution de cette problématique de l'écriture ne dépend pas des écrivains » (Roland Barthes, 1953), « Les Britanniques, sauf à perdre leurs dominions, doivent se plier à sa politique » (De Gaulle, 1956), « Impossible d'aller plus loin, sauf à sauter dans l'eau » (Gabriel Matzneff, 1976), « Rien ne me disposait au gaullisme. Sauf à considérer que, de même que tous les chemins mènent à Rome, les chambres d’hôtel communiquent avec Londres » (Erik Orsenna, 1988), « Sauf à croire qu'[il] ait confondu une autre arme avec des dragons, ce qui est plus qu'improbable [...], il faut bien tenir ses allégations, là encore, pour pure fantaisie » (Sébastien Japrisot, 1991), « La littérature ne p[eu]t jamais être totalement abstraite, sauf à se perdre sans retour dans l'inintelligible » (Philippe Forest, 1992), « La peinture [...] avait peu dressé de tombeaux, sauf à considérer comme tels les grands Hommages à la Fantin-Latour » (Renaud Camus, 1997), « L'ancien français [est] peu compréhensible – sauf à recourir à une minutieuse adaptation ou à la traduction – au lecteur contemporain » (Emmanuel de Waresquiel, 1997), « Les Mlabri utilisent massivement le thaï pour tout ce qui ne se rapporte pas à la vie domestique, et l'on peut prédire une disparition de leur langue à bref délai, sauf à considérer qu'il s'agit de plus en plus d'une langue mixte et que, dans cette mesure, le mlabri serait viable » (Claude Hagège, 2000), « Sauf à me risquer hors des limites de la légalité je ne risquais ni malversation, ni faillite frauduleuse » (Michel Houellebecq, 2001), « Pourtant, sauf à crever d'asphyxie, on ne pouvait en rester là » (Patrick Pécherot, 2001), « Sauf à mépriser sa langue, tout citoyen […] doit connaître les rouages et les mécanismes grâce auxquels les mots s’organisent » (Bernard Pivot, 2005), « Sauf à vouloir faire de l'humour, on n'utilise pas un adjectif commun pour des éléments de nature différente » (Bénédicte Gaillard et Jean-Pierre Colignon, 2005), « [La nouvelle convertit le lecteur] en spectateur qui ne peut plus sortir, sauf à quitter définitivement son fauteuil » (Éric-Emmanuel Schmitt, 2010), « Il est incorrect de parler de "terminus du train"... sauf à supposer qu'il s'agisse du wagon de queue » (revue Défense du français, 2014), « Sauf à imaginer un montage, la photo fait foi » (Marc Lambron, 2022).
Il se trouve même des grammaires modernes qui ne proposent plus que des exemples ressortissant au second groupe : « La vérité s'impose, sauf à être de mauvaise foi » (Pierre Le Goffic, Grammaire de la phrase française, 1994), « Tu échoueras, sauf à travailler davantage » (Anne Abeillé et alii, La Grande Grammaire du français, 2021).
Comment en est-on arrivé là, me demanderez-vous ? L'explication de ce revirement nous est donnée par Goosse, que l'on sent plutôt enclin à voter les circonstances atténuantes : « Sauf ayant perdu sa valeur originelle [d'adjectif] et étant devenu une sorte de préposition signifiant "excepté", sauf à + infinitif équivaut souvent à sauf en + gérondif » – donc à « à moins de » selon Jean-Paul Jauneau (9). Rien que de très cohérent, quand on songe que la valeur d'exception de sauf s'était déjà imposée de longue date dans sauf que (10). À la réflexion, on se demande même pourquoi cet alignement de sauf à sur les autres constructions avec sauf (sauf que, sauf si, sauf quand, etc.) ne s'est pas produit plus tôt. Et c'est là qu'entre en scène la locution concurrente quitte à. À en croire Léon Clédat, « la synonymie de quitte à et de sauf à se comprend fort bien, puisque quitte à est arrivé à signifier "en se réservant de" et que sauf signifie étymologiquement "conservé, préservé", d'où "réservé" » (Quitte à..., 1910) (11). L'auteur de La Grammaire de Forator poursuit le raisonnement : « Dès lors que la locution quitte à était devenue courante [depuis la fin du XIXe siècle ?], son synonyme [littéraire] sauf à, délaissé, s'est mis à paraître disponible », prêt à être réanalysé comme un suppléant de sauf si, à moins de, histoire de ne plus faire figure... d'exception. On peut certes regretter cette évolution, mais il paraît aujourd'hui vain de chercher à s'y opposer, tant elle s'apparente à une lame de fond. Pour autant, rien n'empêche l'usager soucieux d'éviter tout malentendu de passer son chemin, en recourant de préférence à l'une des locutions listées en introduction.
« Ah, que cette langue est belle, fine, nuancée... et parfois tout sauf claire ! » Je vous fiche mon bulletin de vote que feu Alain Rey ne changerait pas un mot de sa profession de foi (12).
(1) Grand Larousse et Larousse en ligne.
(2) Georges et Robert Le Bidois, Syntaxe du français moderne, 1938.
(3) La Pensée et la langue, 1926.
(4) La Catégorisation plurielle de SAUF, 2024.
(5) La Grammaire du français, 1997.
(6) Même son de cloche chez Bloch et Wartburg : « La préposition sauf s'est développée dans des constructions où sauf était placé devant le substantif, cf. sauve vostre grace (XIIIe), encore saulve l'honneur de toute la compaignie chez Rabelais » (Dictionnaire étymologique, 1932).
(7) Comparez par exemple : « Sauf tant que, "à cette réserve (près) que" [selon Robert Martin], "excepté que" [selon Bernadette Suty et Monique Haas] : "[...] s'apperu à elle un annemi en façon et estat des ennemiz que l'en fait aus jeux de la Pacion, sauf tant qu'il n'avoit nulles cornes" (Registre criminel du Châtelet de Paris, 1390) » et « Sauf tant que, "si ce n'est", "à condition que" : "Li soudis de l'estrade avoit volu rendre le fort, sauf tant que yaux et le leur s'en peussent yestre allé à Bourdiaux sauvement" (Jean Froissart, avant 1400) ».
(8) Pour ne rien simplifier, l'infinitif a pu se construire directement après sauf, ou avec la préposition de au lieu de à : « [Ils] ont accepté lesdictes nominations, sauf de pourveoir tousjours sur ce, ainsi que icelle Court verra estre necessaire et prouffitable » (Nicolas de Baye, 1414), « Après, oppina monsr de Hautbourbin, assez en ceste substance, sauf sçavoir avant que rapporteroyent ceulx qui estoyent dehors » (Philippe de Commynes, vers 1500), « Je lui feray la proposition, sauf de m'en rapporter à vous touchant le choix » (La Fontaine, 1659), « C'est ce qu'à prézent j'en puis dire, Sauf de parler encore aprés De son rézultat ou progrés » (Jean Loret, 1660). Dans tous les cas, le sens reste le même : « à cette réserve près de » (selon le DMF et Joël Blanchard).
(9) « Nous n'arriverons jamais à l'heure, sauf à prendre (= sauf en prenant, à moins de prendre) un raccourci » (N'écris pas comme tu chattes, 2011).
(10) « Sauf qu'il, Ohne dass, Excepto » (Dictionaire françois-alleman-latin, édition de 1621).
(11) Selon les Le Bidois, « quitte à, suivi d'un infinitif, ne diffère de sauf à que par une nuance, qu'il doit à son sens propre, (cf. le latin quietus, tranquille) » (Syntaxe du français moderne, 1938).
(12) Lexi-com', 2008.
Remarque : Il convient d'éviter toute confusion avec les cas où la préposition à est régie par un verbe (ou un adjectif) de la proposition principale, comme dans l'exemple suivant : « Ils ont pensé à tout, sauf à prendre le dossier » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie).

Ce qu'il conviendrait de dire
Le « tout sauf LFI » revient à (?) s'allier avec la droite.