Nombreux sont les spécialistes des deux côtés de l'Atlantique à nous mettre en garde contre certains emplois de l'adjectif anxieux :
« Anxieux est un anglicisme dans le sens de désireux, impatient. Il signifie en français : inquiet, alarmé, perplexe. Ne dites pas : Je suis anxieux d'arriver, mais : Je suis impatient, désireux d'arriver » (Raoul Rinfret, linguiste canadien, Dictionnaire de nos fautes contre la langue française, 1896).
« Anxieux serait-il en train de prendre en France l'acception [anglaise] de désireux ? » (Louis-Philippe Geoffrion, linguiste québécois, Zigzags autour de nos parlers, 1924).
« L'adjectif anxieux [...] veut dire "extrêmement inquiet". On l'emploie pour dire "désireux". C'est encore anxious qui est passé par là. On distingue parfaitement l'évolution sémantique du mot anglais : il s'agit toujours d'une vive préoccupation, mais dont tout caractère d'appréhension est absent » (André Levinson, dans Comœdia, 1927).
« En franco-canadien, pas mal de mots se sont enrichis de sens empruntés aux homonymes de l'anglais tout proche. On entend dire [...] être anxieux de se rencontrer d'après anxious "désireux" » (Louis Deroy, linguiste belge, L'Emprunt linguistique, 1956).
« La construction anxieux de + infinitif a été probablement empruntée au syntagme anglais anxious to, attesté depuis 1742 » (TLFi, 1971).
« (Être) anxieux de... s'emploie dans l'usage général pour "désireux, avide de" (milieu du XIXe siècle) ; c'est alors un calque de l'anglais anxious to, de même origine » (Dictionnaire historique de la langue française, 1998).
« Anxieux, en français, traduit toujours un état d'inquiétude, d'angoisse. C'est donc un sentiment désagréable. Le terme anglais anxious a la même origine que le français : du latin anxius. Cependant, l'anglais a élargi le sens original pour inclure l'idée de "désirer avec avidité", sens que le français n'a jamais acquis, sauf par un calque de l'anglais » (Le Langagier, bulletin linguistique canadien, 1998).
« La locution être anxieux de, lorsqu'elle a le sens de "avoir hâte, être impatient de", est un calque de l'anglais to be anxious, et devrait être remplacée par des locutions telles que avoir hâte de, être impatient de, être désireux de, selon le sens de la phrase » (Office québécois de la langue française, de nos jours).
« L'adjectif anglais anxious peut signifier, comme le français anxieux, "inquiet, soucieux, angoissé", mais il peut aussi désigner "désireux, impatient", voire "avide (de)", tous sens que n'a pas anxieux et que l'on se gardera bien de lui donner. On dira donc Il est anxieux de partir pour Rome si ce voyage l'inquiète, on ne le dira pas s'il l'attend avec impatience » (rubrique Dire, ne pas dire du site Internet de l'Académie, 2022).
Réussirai-je à apaiser un peu de l'angoisse qui s'empare du lecteur de ces lignes en osant affirmer que la cause, à y bien regarder, n'est pas aussi entendue qu'on voudrait le faire croire ?
Commençons par rappeler (avec l'Académie) une évidence que trop de lexicographes (TLFi et Dictionnaire historique en tête) passent sous silence : le tour (être) anxieux de, qu'il soit construit avec un substantif ou un infinitif, ne saurait être l'objet de critiques quand l'adjectif anxieux s'entend au sens ordinaire de « qui éprouve ou témoigne une vive inquiétude, dont l'extrême tension nerveuse est causée par l'appréhension de certains faits ». En voici quelques exemples :
(avec un nom ou un pronom) « Anxieuse de son salut » (Jean de Cartigny, 1557), « Le pauvre peuple estoit anxié [d'un ancien verbe s'anxier "s'inquiéter"] de la perte des biens » (Claude Haton, 1573), « [Ce mauvais présage] rendit Cosme solliciteux et anxieux pour le navire » (Martin Christophe, 1608 ; notez la construction avec pour), « [Je] ne me sen[s] ni blessé par le présent, ni anxieux de l'avenir » (Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876), « La liquidation des équipes francophiles serait inévitable si la révolution algérienne s'installait au Hoggar : elles en sont d'ores et déjà convaincues au point d'en être anxieuses » (Alain Peyrefitte, 1962), « [Le Russe] anxieux de la montée d'un adversaire redoutable parce que innombrable : la Chine » (Hélène Carrère d'Encausse, 2017), « [La France est] malheureuse de ce qu'elle est devenue, anxieuse de ce qu'elle va être » (Alain Duhamel, 2021) ;
(avec un infinitif) « J'ai été inquiet et anxieux de savoir si [...] » (Henri Vast, 1878), « Très anxieuse de savoir si ce n'était pas aujourd'hui qu'on s'en apercevrait [...], elle ne cherchait même pas les moyens d'éviter ce scandale » (Maupassant, 1881), « L'enfant [était] de plus en plus anxieuse de voir son père en cet état » (Émile Tandel, 1884), « Tous anxieux de voir surgir [...] Le Chef borgne [Hannibal] » (José Maria de Heredia, 1890), « Tourmenté également dans son mutisme voulu, [il était] anxieux de savoir comment le malheur allait tourner pour lui » (Zola, 1892), « [Il] se dissimule avec l'éventail, assez anxieux de savoir ce qui va lui arriver » (Charles Aubert, 1898), « Anxieuse de perdre un protecteur si généreux » (Adolphe Brisson, 1910), « Anxieux de savoir, trop heureux d'ignorer » (Paul Valéry, 1921), « Anxieux de ne plus trouver de matière neuve, les auteurs des XIVe et XVe siècles s'interrogent sur l'art de mettre en forme nouvellement » (Jacqueline Cerquiglini, 1989), « Peut-être aussi que [le monde], anxieux de se renouveler, se met à finir » (Jean d'Ormesson, 2001).
C'est sur l'emploi de anxieux au sens de « qui éprouve ou témoigne un désir intense et impatient », « [qui attend] quelque chose avec une grande impatience » (selon le Larousse en ligne) et, plus particulièrement, sur celui de (être) anxieux de (+ substantif ou infinitif) au sens de « qui a un ardent désir de, qui est impatient de » (selon le Grand Larousse), « ardemment désireux de, impatient de » (selon le Grand Robert), « désireux, avide de » (selon le Dictionnaire historique) que portent les critiques. Et c'est là que les choses se compliquent, le contexte ne permettant pas toujours de trancher entre les deux interprétations. Je n'en veux pour preuve que l'exemple cité plus haut de José Maria de Heredia, que le Grand Larousse et le Grand Robert rangent – à tort, selon Xavier Darcos (1) – sous l'acception critiquée. Toujours est-il que les attestations de (être) anxieux de exprimant sans ambiguïté une attente impatiente – que celle-ci soit mâtinée d'inquiétude ou, comme l'écrit le TLFi, « vécue, non plus dans la crainte, mais dans le plaisir » – abondent dans la littérature et – un comble ! – jusque sous des plumes académiciennes :
(avec un nom ou un pronom) « Viendra-t-il me voir ? J'en suis anxieux ; j'aurai grand plaisir à le recevoir » (Flaubert, 1853), « Veuillez m'envoyer en épreuves sous n'importe quelle forme la fin du Grand Meaulnes. J'en suis anxieux » (Lettre de Charles Péguy à Alain-Fournier, 1913), « [Sémiramis est] anxieuse d'azur » (Paul Valéry, 1920), « Elle attend l'adresse où on demande des mannequins. Elle veut cette adresse, elle l'aura [...]. Elle sait qu'elle ira se présenter, elle en est anxieuse » (Marcel Gobineau, 1961) ;
(avec un infinitif) « Il comptait les jours [...], comme fait l'enfant anxieux de voir arriver la réalisation d'une promesse ! » (Adolphe d'Ennery, 1845), « Il y avait une circonstance saisissante qui donnait une grande force à ces observations, et me rendait anxieux de les vérifier » (Baudelaire, 1856), « Georges semblait anxieux de tenir le secret de la marquise, il tendait avidement l'oreille » (Louis Noir, 1868), « Vous me trouverez toujours anxieux de satisfaire vos vœux, vos intérêts, vos besoins » (Jean-Augustin Barral, 1869), « — Vous êtes pressé de savoir [...] ce qui s'est dit entre Jacqueline et moi ? — Pressé, ce n'est point assez dire. Mettez anxieux » (Henry Rabusson, 1887), « Il s'informe de vous quotidiennement. Il était très anxieux de savoir quel jour vous nous arriveriez » (Abel Hermant, 1897), « [Un] pasteur, anxieux de voir son élève ceindre l'impériale couronne » (Clemenceau, 1900), « [Les moustiques revenaient], uniquement anxieux de trouver un pouce carré de peau pour leur piqûre » (Louis Hémon, 1913 ; il est vrai qu'il séjournait alors au Québec), « Il était anxieux de connaître la surprise qu'avait promise la fée » (René Boylesve, 1920), « Il se montre extraordinairement anxieux et désireux d'acquérir certaines qualités » (Gide, 1922), « Une élite lettrée est anxieuse de ressusciter une scène catholique » (Louis Théolier, 1922), « Anxieux d'en finir au plus vite » (Henry Bordeaux, 1925), « Plus le plaisir qu'elle [...] prenait restait platonique, et plus elle semblait anxieuse de s'assurer partout cette ambiance sensuelle » (Roger Martin du Gard, 1928), « Des hommes, anxieux de se connaître et de mieux comprendre le monde » (Georges Duhamel, 1946), « [Les] savants anxieux d'analyser les mécanismes de sa pensée créatrice » (René Vallery-Radot, 1946), « Bonne volonté de citoyens anxieux de bien agir » (André Maurois, 1946), « C'est Solange qui a raccroché la première, tant elle était anxieuse de courir vers lui » (Jean Dutourd, 1963), « Une imagination anxieuse de découvrir un lien entre l'homme et Dieu » (Jean Carrière, 1973), « Deux yeux me fixaient, grands ouverts, anxieux de croiser les miens, et dont les prunelles s'éclairèrent en rencontrant mon regard » (Maurice Genevoix, 1980), « [Tel livre vous valut] l'attention d'un large public anxieux de savoir et de comprendre ce qui se préparait à l'Est » (Michel Déon, 1991, qui évoque peu après « le désir anxieux de comprendre ce qui s'est passé à l'Est »), « Non moins anxieuse de revoir son frère pour lequel elle a tremblé et prié sûrement plus que pour son époux » (Christiane Gil, 2005).
Sans doute me fera-t-on remarquer que ces exemples sont assez tardifs, du moins postérieurs à 1742, date de la première attestation de l'anglais anxious to selon le TLFi. Qu'à cela ne tienne ! Le tour se trouve dès le début du XVIIe siècle sous des plumes ecclésiastiques : « Quand nous nous sentons entaschez de pechez veniels [...], il sera meilleur de les deplourer journellement à part soy [...] que de prendre une sollicitude anxieuse de les confesser » (Guillaume Gazet, Le Consolateur des ames scrupuleuses, 1610), « La tourbe [= foule] des religieux anxieuse et curieuse de r'avoir un pasteur aussi propre et ydoine que le deffunct » (Jean Ruyr, Recherche des sainctes antiquitez de la Vosge, 1626). De là à se demander, sans rire, si ce n'est pas plutôt le français qui a influencé l'anglais dans cette affaire...
Le doute s'accroît encore quand on s'intéresse à la famille du mot angoisse, avec laquelle notre adjectif aurait une racine commune. « Anxieux, qui a éliminé les formes d'ancien français issues de anxiosus (comme ainsus, ainsos, entieus...), est emprunté (1529), longtemps après anxiété (1190), au bas latin anxiosus, terme de médecine, dérivé de anxius "qui ressent ou qui fait ressentir de l'angoisse", lui-même dérivé de anxi, forme du verbe angere "oppresser, serrer la gorge", mot qui a donné angoisse », nous apprend le Dictionnaire historique. Or, il se trouve que de angoisse a été dérivé l'adjectif angoisseux « qui est pressé d'angoisse ; qui cause du tourment », courant en ancien français sous diverses graphies (anguissus, angoissous, angoissos, engoisseux...) et attesté comme équivalent du latin anxius (2). Serez-vous surpris de découvrir le sens auquel ledit angoisseux, construit avec un nom ou un infinitif précédé de la préposition de, est attesté par les spécialistes de l'ancienne langue ?
« Angoisseus de, pressé d'un désir inquiet de. "De la coupe iert molt covoiteus Et de l'acater angoisseus" (Floire et Blancheflor, vers 1170, manuscrit du XIIIe siècle) » (Frédéric Godefroy).
« Anguisus de, pressé du désir de. ["Je ere mult anguisus, Amie, de parler od [v]us" (La Folie Tristan d'Oxford, vers 1205, manuscrit de la fin du XIIIe siècle)] » (Walther von Wartburg).
« Eifrig bedacht auf, gierig (de) [soucieux de, désireux de, avide de ?]. "[...] Ne d'armes nul si angoissous" (Le Roman de Troie, variante d'un manuscrit du XIIIe siècle), "La gent liee e anguisosse De harnescher e aprester" (L'Estoire de la guerre sainte, fin du XIIe siècle), "De li baisier fu angoissous" (Blancandin, XIIIe siècle), "Angoissous fu mout de maingier" (Isopet de Lyon, XIIIe siècle) » (Adolf Tobler et Erhard Lommatzsch).
« Angoisseus, plein d'angoisses, triste ; pressé, avec de. "Corps, tu par es trop angoisseus De t'ame ocirre" (Apostrophe au corps, XIIIe siècle) » (Karl Bartsch).
« Angoisseux de + infinitif, pressé d'un désir inquiet de. "Le bon chevalier fut tous esbahy de ces parolles et angoisseux de sçavoir le pourquoy" (Jean Le Bel, XIVe siècle) » (Heinz Studer).
« Angoisseuz, impatients. "Cil estoient li plus angoisseuz du siege lever" (Guillaume de Tyr, XIIe siècle) » (Paulin Paris).
« Estre engoissex de, être plein d'ardeur pour. ["Cesar fu engoissex d'aler en Espaigne" (Li Fet des Romains, début du XIIIe siècle)] » (Louis-Fernand Flutre). (3)
Vous l'aurez compris : le sens « positif » de l'anglais anxious s'est d'autant plus facilement acclimaté sous nos latitudes, dans le courant du XIXe siècle (4), que le terrain avait été préparé de longue date par l'ancien français angoisseux (5), lequel avait pu servir à traduire le latin anxius. L'honneur est sauf ! Il n'empêche : force est de reconnaître que le double sémantisme de l'adjectif anxieux, susceptible de donner lieu à des interprétations contraires, est source de confusion. Ce n'est donc pas tant par crainte de commettre un anglicisme (6) que par souci de clarté qu'il semble aujourd'hui préférable de réserver à anxieux son sens « négatif » et de recourir à être impatient de, être pressé de, être désireux de, être avide de, avoir hâte de, avoir à cœur de, tenir beaucoup à, etc. quand on a le cœur serré d'impatience ou de désir ardent.
(1) « [Hannibal] est resté dans [la mémoire des familles romaines] comme une sorte de croque-mitaine horrible [...]. On se remémorait la panique collective, quand il marcha sur Rome, en 211 avant J.-C., comme d'un cataclysme. José Maria de Herredia s'en fait l'écho dans [son poème Après Cannes] : Tous anxieux de voir surgir... » (Dictionnaire amoureux de la Rome antique, 2011).
(2) « Angoisseus (anxius), "tourmenté, inquiet" » (Traduction en vieux français du De arte venandi cum avibus, XIIIe siècle), « Combien qu'il fust plus angoisseux de acomplir ce qu'il avoit promis » (Jean Miélot, 1458, traduisant le latin « amplius anxians impleri quod promiserat »), « Et lors fut moult courrocé et angoisseux (anxius) » (Légende dorée, traduction du latin de Jacques de Voragine par Jean de Vignay [vers 1348] révisée par Jean Batallier, 1476), « Anxius. Angoisseux, triste » (Vocabularius familiaris, 1490), « Anxius. Qui est chagrin et en grand soing. Angoisseux » (Dictionarium latinogallicum de Robert Estienne, édition de 1552).
Signalons enfin ces gloses « positives » du latin anxius : « Qui a fort à cueur le repos d'esprit de ceulx qui naistront apres luy, anxius securitatis nepotum » (Robert Estienne, Dictionaire francoislatin, 1539), « Le malade, anxius de salute sua, qui est desireux et qui halette apres la santé » (Paul Duez, Practique de la perfection, 1623).
(3) On peut encore citer : « De lui vengier devint mout angoissous » (La Chevalerie Vivien, début du XIIIe siècle), « E come jeo sui anguissos A porchacier ta delivrance ! » (Le Besant de Dieu, vers 1227 ; notez la construction avec la préposition à), « Si est moult engoisseus de savoir que ce est » (La Mort le roi Artu, vers 1230), « [Il] en estoit desirrant et engoisseux de savoir en aucune verité » (Le Roman de Tristan en prose, fin du XIIIe siècle), « Ceulx qui sont angoisseux de plus en [= de la beneurté] avoir » (La Consolation de la philosophie de Boèce, manuscrit du XIVe siècle), « N'est il bien angoisseux D'acquerir loz ? » (Christine de Pizan, vers 1402), « D'envie plain, d'acquerir angoisseux Les furtis biens » (Eustache Deschamps, avant 1406), « [Ilz] furent moult angoisseux de passer de lautre part du fleuve pour avenir a leurs ennemis » (Grandes Chroniques de France, 1493), « [Viviane] estoit moult engoisseuse de le veoir » (Les Prophecies de Merlin, 1505), « Angoisseux et desirant de combatre » (Jean Thierry, 1564).
(4) Les premières attestations du début du XIXe siècle font clairement référence à l'anglais anxious : « La police était très desireuse (very anxious) de répandre le récit de la découverte du complot » (Gabriel de Bourbon-Busset, 1818), « La Reine est très anxious de savoir si tu as reçu les tabatières » (Marie d'Orléans, 1835), « Elle est toujours fort anxious de marier sa fille » (Dorothée de Courlande, 1840) – et encore, au siècle suivant : « Que j'étais anxious de vous voir ! » (Marcel Prévost, 1922), « Mais je suis bien anxious de savoir » (Claire et Line Droze, 1938) – ou apparaissent dans des traductions de l'anglais : « Très anxieux d'en connaître le contenu, ils prirent immédiatement congé » (Les Lairds de Glenfern, 1829), « Il semblait très anxieux de convaincre le peuple que [...] ce n'était pas pour de l'or qu'il avait vendu son témoignage » (Louise Swanton-Belloc et Adélaïde de Montgolfier traduisant l'anglais de Richard Lalor Seil, 1830) ou sous des plumes anglophiles : « La raison et la liberté reviennent peinées et pleurantes du dommage qui a été causé, anxieuses de le réparer, s'il est possible encore » (Pierre Samuel du Pont de Nemours, 1803).
(5) Angoisseux, déjà considéré comme vieilli au XVIIe siècle avant d'être ponctuellement repris par la langue littéraire du XIXe siècle, sera supplanté, dans l'usage courant, par angoissant (sens actif) et angoissé (sens passif).
(6) Rappelons ici la remarque générale de Goosse à ce sujet : « Au Québec, la crainte des anglicismes fait que l'on prend pour tels des tours qui ont sans doute leur équivalent en anglais, mais qui sont tout à fait normaux en français » (Le Bon Usage). Reste à comprendre, dans le cas qui nous occupe, pourquoi l'Académie française a emboîté le pas à nos cousins d'outre-Atlantique...
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