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« Pour [lutter contre la criminalité organisée], il faut le recrutement de 5 000 policiers [...] spécialisés sur ces questions-là. »
(Manon Aubry, interviewée sur Europe 1 le 23 novembre 2025.)
Ce que j'en pense
Les ouvrages spécialisés sont pourtant unanimes : ce sont les prépositions dans (+ nom précédé d'un déterminant) ou en (+ nom sans déterminant) qui sont de rigueur après l'adjectif spécialisé.
« Un chercheur spécialisé en littérature médiévale. Un médecin spécialisé dans le traitement des maladies mentales » (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie).
« Spécialisé dans, en. Je ne suis pas spécialisé dans ces questions-là (J. Romains) » (TLFi).
Las ! certains d'entre eux gagneraient à faire la police dans leurs propres rangs. Ne relève-t-on pas à l'article « mémorial » du TLFI un « Publication spécialisée sur un sujet » propre à semer le trouble ? La tentation de substituer sur à dans est si forte, de nos jours, que la construction suspecte se rencontre désormais jusque sous des plumes policées : « Les auteurs spécialisés sur le sujet » (Michel Onfray), « Journaliste spécialisé sur le Japon » (Patrick Beillevaire), etc. Il faut croire que « les auteurs spécialisés dans le sujet » ou, mieux, « les spécialistes du sujet » sont des formulations infiniment moins chic...

Ce qu'il conviendrait de dire
Des policiers spécialisés dans ces questions-là.