• La confusion entre l'adverbe près et son homonyme l'adjectif prêt, dans les locutions prépositives près de et prêt à, est courante à l'écrit, mais se remarque également à l'oral lorsque le sujet est féminin.

    Ainsi entend-on :

    Elle n'est pas prête d'y arriver (au lieu de Elle n'est pas près d'y arriver).

    La polémique n'est pas prête de s'arrêter (au lieu de n'est pas près de s'arrêter).

     

    Rappel de la règle

    • Dans la locution près de (+ infinitif), qui signifie « sur le point de » et marque donc l'imminence, près est un adverbe (indiquant ici la proximité dans le temps) donc est invariable.

    • Dans la locution prêt à (+ infinitif), qui signifie « préparé à, disposé à », prêt est un adjectif et s'accorde donc en nombre (singulier / pluriel) et en genre (masculin / féminin). Dans ce sens, on dit aussi prêt pour.

    Il n'est pas près de s'arrêter (et non prêt de s'arrêter).

    Ils sont prêts à vous aider. Elles sont prêtes à le faire.

    Ce n'est pas près d'être prêt !

    Il ne se sent pas prêt pour passer l'examen.

     

    Astuce

    On écrit près de quand la locution contraire est loin de.
    Il n'est pas près de penser cela = Il est loin de penser cela.

     

    Subtilités

    Il est près de mourir
    (= sur le point de mourir) mais Il est prêt à mourir (= préparé à mourir).

    Il est près de partir (= sur le point de partir) mais Il est prêt à partir (= disposé à partir).

     

    Remarque 1 : La confusion entre près de et prêt à est d'autant plus fréquente « qu'on suppose ordinairement que celui qui est sur le point de faire quelque chose [...] y est en même temps disposé et résolu » (Régnier-Desmarais). La langue classique, du reste, distinguait mal les deux locutions, au point que prêt de a pu se dire pour prêt à ou pour près de : « Le voilà prêt de faire en tout vos volontés » (Molière), « Sur eux quelque orage est tout prêt d'éclater » (Racine).

    Remarque 2 : Prêt, adjectif, se rencontre dans plusieurs mots composés (avec trait d'union) : prêt-à-porter, prêt-à-monter, prêt-à-cuire, etc.

    Remarque 3 : Prêt est également un nom masculin : un prêt bancaire.

    Remarque 4 : La formule près le (la, les), aujourd'hui vieillie, s'utilise encore parfois dans le domaine administratif et juridique pour désigner une fonction attachée à un organisme : Avocat près le tribunal de grande instance de Paris, expert près les tribunaux, procureur près la Cour. Mais on tend de plus en plus à dire avocat à, expert auprès de (du, des).

    Prêt à
    Film de Robert Vince

     


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  • Voilà bien une locution qui vous vaut d'être regardé de travers lorsqu'il vous prend l'envie de l'employer correctement, tant l'usage a pris le pas sur la logique.

    Car, à bien y réfléchir, il semble logique d'employer l'indicatif (mode du réel) – et non le subjonctif (mode du virtuel) – à la suite de la conjonction de subordination après que, tant celle-ci introduit un fait accompli, passé donc attesté (à la différence de avant que qui exige le subjonctif puisque annonçant un fait futur donc éventuel, incertain).

    Encore faut-il opter pour le bon temps du mode indicatif, afin de respecter la concordance des temps entre la principale et la subordonnée qui exprime un fait qui lui est antérieur : on emploiera dans la subordonnée le temps composé correspondant au temps simple de la principale, ou le temps surcomposé correspondant au temps composé de la principale.

    PrincipaleSubordonnée
    Présent
    Nous arrivons toujours...
    Passé composé
    ... après qu'il a quitté son appartement.
    ... après qu'il est parti.

    Imparfait
    Nous arrivions toujours...



    Il vivait dans un appartement...

    Plus-que-parfait (action répétée)
    ... après qu'il avait quitté son appartement.
    ... après qu'il était parti.

    Passé antérieur (action ponctuelle)
    ... après que sa femme l'eut quitté.
    Passé composé
    Nous sommes arrivés...
    Passé surcomposé *
    ... après qu'il a eu quitté son appartement.
    ... après qu'il a été parti.
    Passé simple
    Nous arrivâmes...
    Passé antérieur
    ... après qu'il eut quitté son appartement.
    ... après qu'il fut parti.
    Futur
    Nous viendrons...
    Futur antérieur
    ... après qu'il aura quitté son appartement.
    ... après qu'il sera parti.


    Ainsi devrait-on dire :

    Il fait souvent la sieste après que je lui ai rendu visite (passé composé de l'indicatif, et non après que je lui aie rendu visite, passé du subjonctif).

    Après que vous avez eu parlé, il s'est retiré (passé surcomposé de l'indicatif).

    Je t'expliquerai après qu'il sera parti (futur antérieur de l'indicatif).

    Dans le langage courant, il est fréquent de substituer au passé surcomposé * (temps verbal, de moins en moins usité, formé du passé composé de l'auxiliaire et du participe passé du verbe) le passé composé de l'indicatif dans la subordonnée ; mais dans un registre soutenu, on utilisera le passé antérieur (dans la subordonnée) en relation avec le passé simple (dans la principale).

    Après qu'il est parti, nous nous sommes mis à table (passé composé de l'indicatif dans la subordonnée au lieu du passé surcomposé après qu'il a été parti, et non après qu'il soit parti).

    Après qu'il fut parti, nous nous mîmes à table (passé antérieur de l'indicatif dans la subordonnée, sans accent circonflexe sur le u de fut).

    Il vint me voir après que tu le lui eus demandé (et non après que tu le lui aies demandé).

    Dans le cas d'un fait éventuel, on pourra employer le conditionnel (mais toujours pas le subjonctif !).

    Elle a dit qu'elle viendrait après qu'elle aurait terminé ses devoirs (ou plus simplement : après avoir terminé ses devoirs).

    Pour autant, force est de constater que de nombreux auteurs de renom ont suivi la tendance, lourde bien qu'assez récente (seconde moitié du XXe siècle), à faire suivre après que du subjonctif, par analogie avec la plupart des subordonnants en que (afin que, avant que, de sorte que, etc.), construits avec ce mode. Peut-être aussi par souci de simplification, les temps composés de l'indicatif n'étant pas les plus faciles à manier...

    Astuce

    Le verbe qui suit après que se conjugue comme s'il était précédé de lorsque : Elle referma la porte lorsqu'il fut partiaprès qu'il fut parti.

    Séparateur de texte

    Remarque 1
    : Lorsque le sujet est le même dans la principale et dans la subordonnée, il est fréquent de contourner les difficultés de concordance des temps en recourant à la construction après suivi d'un infinitif : Elle débarrassera la table après avoir fini de manger (pour Elle débarrassera la table après qu'elle aura fini de manger).

    Remarque 2 : De même, la locution tout... que (où tout est invariable, sauf devant un féminin commençant par une consonne ou un h aspiré) se construit de préférence avec l'indicatif.

    Tout attentif qu'il est, il n'a pas entendu. Toute concentrée qu'elle est...

    Remarque 3 : Faites attention à ne pas confondre le passé antérieur de l'indicatif à la 3e personne du singulier et le subjonctif plus-que-parfait associé, qui se distinguent du seul accent circonflexe :

    Elle partit après qu'il eut parlé mais Elle partit avant qu'il eût parlé.

    Il y a fort à parier que cette ressemblance graphique et phonétique contribue à entretenir la confusion des modes.

    après que + indicatif


    « Longtemps, longtemps, longtemps
    Après que les poètes ont disparu
    Leurs chansons courent encore dans les rues. 
    »

    Extrait de L'Âme des Poètes, chanson de Charles Trénet.

     

     

     

     

     


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  • Il est dans l'air du temps de reconnaître son erreur en recourant à l'expression au temps pour moi, laquelle est à l'origine d'un débat qui ne semble pas encore tranché.

    En effet, si la plupart des spécialistes tolèrent aujourd'hui la variante autant pour moi, certains, arguant que cette locution ressortit au langage militaire, plaident en faveur de la graphie avec temps : selon l'Académie française, l'expression au temps ! se dit pour ordonner au soldat de reprendre un mouvement − jugé imparfait − depuis son début, de revenir au temps précédent, où temps désigne (selon Littré) « l'action d'exercice qui s'exécute à un commandement, et qui se divise en mouvements pour en faciliter l'exécution » (1). On en trouve notamment trace sous la plume amusée de Courteline (« Recommencez-moi ce mouvement-là en le décomposant. Au temps ! Au temps ! », 1888), dans l'expression Au temps pour les crosses ! (ordre de recommencer une phase de maniement d'armes quand le bruit des crosses n'a pas été synchrone et, au figuré, formule signifiant qu'il faut recommencer ce qu'on vient de faire) ainsi que dans l'italien al tempo.

    L'origine militaire de au temps pour moi semble confirmée par ses premières attestations, fussent-elles relativement récentes : « D'ailleurs, au temps pour moi : maladresse ! » (extrait d'un « conte régimentaire » signé d'un certain Jacques de Garches, 1892) (2), « Les sous-officiers eux-mêmes étaient rêveurs et eurent des distractions à la manœuvre. On les entendit s'écrier plus d'une fois : "Au temps pour moi !" » (journal L'Intransigeant, 1916), « Cessez le feu ! Au temps ! Au temps pour moi !... » (Sous Verdun, récit de guerre de Maurice Genevoix, 1916) (3).

    Hors de la caserne, cette injonction n'a pu être correctement orthographiée, faute de référence originelle, laissant la voie libre à la graphie altérée autant pour moi qui s'est imposée au fil du « tant » : « On a perdu de vue le sens primitif de l'expression et l'on est tenté d'écrire autant pour moi, c'est-à-dire il faut que j'en fasse autant, que je recommence », observait ainsi René Georgin en 1964. Et le sens militaire de « c'est à reprendre » aurait progressivement glissé vers le sens figuré de « se tromper », pour concéder que l'on est prêt à reconsidérer sa position initiale... en deux temps trois mouvements.

    Je croyais qu'il était là, mais il est déjà parti. Au temps pour moi !

    Si ce que tu dis est vrai, alors je me suis trompé. Au temps pour moi !

    « Il avait fait une erreur dans un raisonnement délicat et il avait dit gaiement : "Au temps pour moi." C'était une expression [...] qui l'amusait » (Sartre, 1939).


    Pour autant (!), cette étymologie militaire ne fait pas l'unanimité. Selon André Thérive, au temps ! « pourrait bien n'être qu'une orthographe pédantesque [pour autant], dont l'origine serait assez récente » (Querelles de langage, 1933). Même perplexité chez Claude Duneton qui, dans un article du Figaro littéraire (daté de 2003) où la graphie au temps pour moi en prend tout autant pour son grade, revendique la forme autant pour moi comme l'ellipse de c'est autant pour moi (4), par analogie avec une ancienne locution populaire : autant pour le brodeur, « raillerie pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi à un récit », que ce qui vient d'être dit est un mensonge (5). De leur côté, Charles Bernet et Pierre Rézeau, persuadés que les deux expressions sont correctes et ont un sens identique, invitent toutes les parties à cesser le feu : « Autant pour moi ! Formule par laquelle quelqu'un reconnaît s'être trompé. À rapprocher de au temps pour moi, de même sens, qui est un emploi figuré de l'injonction militaire au temps ! traditionnellement utilisée, notamment lors de maniement d'armes » (Dictionnaire du français parlé, 1989).

    Cette querelle de haut gradés de la langue vous laisse indécis ? Vous êtes sur le point de rendre les armes ?Sans doute est-il temps d'opter pour la forme mea(-)culpa !

    (1) Cette acception de temps n'est pas réservée au seul domaine militaire, tant s'en faut : « Temps, en termes de musique et de danse, est une certaine distinction des pauses et des mouvements qu'on observe en battant la mesure, qu'il est nécessaire d'observer pour faire d'agréables cadences [...]. On le dit aussi dans les exercices militaires. Pour bien voltiger, il n'y a qu'à prendre bien son temps [...]. Ce cheval marque deux ou trois temps à son arrêt [...]. En escrime, il y a trois sortes de temps » (Dictionnaire de Furetière, 1690), « Temps se dit, dans la danse, dans l'escrime, dans les exercices militaires, etc. des moments précis pendant lesquels il faut faire certains mouvements qui sont distingués et séparés par des pauses » (Dictionnaire de l'Académie, depuis 1694). Aussi René Georgin fit-il observer à bon droit, dans ses Consultations de grammaire, de vocabulaire et de style (1964), que le tour au temps ! « s'emploie également quand il est question de mouvements à exécuter, dans les salles de gymnastique, d'escrime et de danse où l'on compte par temps » : « Au temps ! crie Brague [à un apprenti acrobate]. Tu l'as encore raté, ton mouvement ! » (Colette, 1910). 

    (2) La phrase sera modifiée en « D'ailleurs, autant pour moi : maladresse ! » dans une publication de 1898. Décision de l'éditeur, de ses troupes ou volonté de l'auteur qui aurait changé son fusil d'épaule ?

    (3) Et aussi, au civil : « Au temps pour moi, j'm'ai gouré » (Henri Duvernois, 1914), à côté de « Elle n’est pas là, pensa-t-il. Autant pour moi... Ma foi, allons-y tout de même ! » (Paul Reboux, 1902), « Autant pour moi ! Où donc aussi, / Avais-je la cervelle éparse ? » (Raoul Ponchon, 1920).

    (4) Comprenez : « J'ai autant d'erreurs que vous à mon service, [il faut m'en imputer autant], je ne suis pas meilleur qu'un autre », en réponse à ceux qui se demandent autant de quoi ?

    (5) Ledit tour − dont un équivalent en français contemporain pourrait être : Cause toujours ! − est attesté sous diverses graphies chez Rabelais (1532), Pierre de Larivey (1579), Nicolas de Cholières (1587), Jean de Serres (1597), Étienne Pasquier (avant 1615), Antoine Oudin (1640), Randle Cotgrave (1660), Scarron (1668), Furetière (1690), etc. Son origine n'en demeure pas moins incertaine : brodeur doit-il être considéré comme une altération de bourdeur (« celui qui dit des bourdes, des mensonges ») ou bien s'agit-il d'une « allusion aux tromperies des tailleurs de l'époque [qui], quand le prix était convenu pour un vêtement, en réclamaient le double, sous prétexte que la bordure n'était pas comprise » (Lazare Sainéan, Le Langage de Rabelais, 1976, à la suite d'Adrian d'Amboise, Discours ou Traicté des devises, 1620) ?

     

    Séparateur de texte


    Remarque : Dans N'écris pas comme tu chattes (2011), Jean-Paul Jauneau ajoute à la confusion en préconisant de ne pas confondre « au temps pour moi, qui vient de l'exclamation militaire au temps pour les crosses ! et qui s'emploie pour signaler que l'on se rend compte d'une erreur d'appréciation ou de jugement, et autant pour moi, qui peut s'employer comme terme de comparaison, dans la langue populaire : J'ai dit cela ? Alors au temps pour moi, je me suis trompé. − "Je n'ai plus l'intention de revenir − Autant pour moi (= "moi non plus")." » Il me semble en effet que, dans le second exemple, la langue populaire dira plus volontiers : pareil pour moi !

    Subtilité : Il est bien évidemment des cas où l'emploi de l'adverbe de quantité autant ne peut être remis en question : Tu as acheté un kilo de tomates ? Achètes-en autant pour moi.

     

    Au temps pour moi
    (Illustration Rue 89)

     


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  • La prononciation ne permet pas toujours de déjouer les pièges de la langue de Molière. Ainsi, doit-on écrire la salle tout entière s'est mise à applaudir ou bien la salle toute entière s'est mise à applaudir ? En fait, tout est ici adverbe (au sens de « complètement, entièrement, tout à fait ») et reste donc invariable... enfin, pas toujours... Comme souvent en français, il y a des exceptions !

    Un petit rappel des différents emplois de tout et de ses règles d'accord s'impose.

    Flèche

    Tout, nom ou pronom


    Tout peut être nom ou pronom indéfini avec le sens de « toutes les choses ».

    C'est un tout (nom singulier). Ce sont des touts cohérents (nom pluriel).

    Tout est bien qui finit bien. Il a tout vu, tout entendu (pronom singulier).

    Tous pour un et un pour tous (pronom pluriel, prononcé tousse pour faire la distinction avec tous, adjectif).

    FlècheTout, adjectif


    Tout est adjectif (ou déterminant indéfini) quand il précède un autre déterminant, un nom ou un pronom. Il s'accorde alors en genre (masculin / féminin) et en nombre (singulier / pluriel).

    Tout homme est présumé innocent (= n'importe quel homme).

    C'est toute une histoire (= une véritable histoire).

    Il est parti toute la semaine (= la semaine entière).

    Tous nos amis sont réunis (prononcez tou pour faire la distinction avec tous, pronom).

    Remarque : Voir également l'accord de tous avec gens.

    FlècheTout, adverbe

     
    Tout est adverbe devant un participe, un autre adverbe ou un adjectif, au sens de « complètement, entièrement, tout à fait ». Dans ce cas, il suit une règle d'accord un peu particulière.

    Rappel de la règle d'accord

    Tout, adverbe, est invariable sauf quand il est placé devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré (pour raison d'euphonie).

     
    Ainsi un adverbe peut-il varier...

    Elle est tout étonnée (et non toute étonnée) mais Elles sont toutes contentes. Ils sont tout contents.

    La salle tout entière s'est mise à applaudir (et non toute entière).

    Elles sont toutes honteuses (h aspiré) mais Elles sont tout heureuses (h muet).

    Les tout premiers instants mais Les toutes premières heures.

    Dans les tout prochains jours, dans les toutes prochaines semaines.

    Les tout-petits (= les petits enfants).

    Il lit tout en écoutant de la musique.

    Je le lui ai dit tout net. Ils sont tout juste sortis de table.

    Les plaisirs tout simples de la vie.

    Ils l'ont fait tout seuls mais Elle l'a fait toute seule.

    Remarque : Tout est également considéré comme adverbe devant un nom, dans certaines expressions figées (voir aussi Accord de tout dans les expressions).

    Elle est tout yeux tout oreilles (= très attentive).

    Elle est toute loyauté et toute franchise, tout feu tout flamme, tout ouïe.

     Séparateur de texte

    Remarque 1 : On notera l'ambiguïté au féminin pluriel.

    Elles sont toutes contentes (= elles sont entièrement contentes → toutes adverbe  ; = toutes sont contentes → toutes pronom indéfini).

    Leurs filles sont toutes aussi grandes (les unes que les autres → toutes pronom indéfini) mais Leurs filles sont tout aussi grandes (que leurs garçons → tout adverbe, modifiant aussi).

    Remarque 2 : Dans l'expression tout autre, tout est adjectif et donc variable quand il signifie « n'importe quel », adverbe et invariable quand il signifie « tout à fait, entièrement ».

    Toute autre personne aurait compris (= n'importe quelle autre personne → tout adjectif) mais Il fait tout autre chose (= il fait tout à fait autre chose → tout adverbe), un sujet d'une tout autre nature.

    NB : Dans tous les cas, autre s'accorde avec le nom auquel il se rapporte.

    Nous aborderons de tout autres sujets (= des sujets entièrement différents → tout adverbe).

    Remarque 3 : Avec tout le monde et tout un chacun, l'accord se fait au masculin singulier.

    Tout le monde est là, tout un chacun le sait.

    Remarque 4 : Il convient de répéter l'adjectif tout lorsqu'il détermine des noms coordonnés de genre différent.

    Toutes les lois et tous les décrets.

    Remarque 5 : Voir également les expressions au tout début, les tout débuts.

     

    Subtilités : Tout suivi d'un complément prépositionnel (tout à , tout de, tout en) est parfois traité comme adverbe, plus souvent comme adjectif détaché.

    Elle est toute à ses pensées ou (plus logiquement) Elle est tout à ses pensées.
    Une femme toute de blanc vêtue ou (plus logiquement) Une femme tout de blanc vêtue.

    On se gardera cependant de l'équivoque avec un nom ou un pronom au féminin pluriel.

    Elles sont tout en noir (= entièrement en noir → adverbe, invariable) mais Elles sont toutes en noir (= toutes sans exception → adjectif, accord).

    Tout entière
    Livre d'Olivier Ka, Éditions Milan

     


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