• Prêter / Porter à confusion

    Prêter à confusion signifie « être ambigu, équivoque ».

    Le verbe prêter est ici utilisé dans son emploi intransitif, avec le sens de « donner matière à, donner lieu à » (comme dans prêter à rire).

    Afin d'éviter toute confusion, justement, on se gardera de substituer dans cette expression le verbe porter à prêter, sous l'influence de la construction porter à (= amener à , inciter à).

    Son analyse prête à confusion (et non porte à confusion).

    En revanche, il est correct d'écrire : Son analyse a porté la confusion chez ses contradicteurs (= a semé la confusion), mais le sens est différent.

    Il existe plusieurs expressions où l'on évitera d'interchanger les verbes porter et prêter. Ainsi dira-t-on de préférence :

    • porter (ou tirer) à conséquence : comporter de graves suites.
    • porter atteinte, préjudice.
    • prêter à rire, à controverse, à discussion, à débat, à l'équivoque.
    • prêter attention : être attentif.
    • prêter le flanc à (la critique) : donner prise à.

     

    Séparateur de texte

    Remarque : Même s'il semble bien que Flaubert y ait eu recours dans sa Correspondance, le verbe confusionner (quelle horreur !) ne peut se dire pour « rendre confus ». On le remplacera avantageusement par confondre, du latin confundere, « mêler, mélanger » d'où « troubler, déconcerter, remplir de stupeur ou de confusion ».

    Etre confondu d'admiration.
    Vos compliments me confondent.
    Se confondre
    en remerciements, en excuses
    (= les multiplier avec excès)

    De même, on évitera d'employer l'adjectif confusant (emprunté à l'anglais confusing et recensé dans aucun dictionnaire) à la place de confus, ambigu, déconcertant, flou...

    Prêter / Porter à confusion

    Certaines expressions peuvent prêter à confusion...

     

    « PremierExprès / Expresse / Express »

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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Août 2011 à 11:44

    Je souris en lisant ton article du jour car tant de personnes emploient un mot à la place d'un autre en croyant bien faire que cela finit par être n'importe quoi. Il faut dire aussi que, pour des expressions aussi sensibles, il y en a peu qui se posent des questions ou font des recherches avant d'écrire ou de dire. Et c'est bien dommage. Mais toi ou moi n'y changeront rien. Vois la réflexion : "au jour d'aujourd'hui" qui me hérisse quand je l'entends, au lieu de dire plus simplement : "à ce jour". Elle se répand vitesse grand "V" parce que chacun croit que c'est bien puisque d'autres le disent !

    Lydia

     

    2
    Marc81 Profil de Marc81
    Samedi 27 Août 2011 à 12:28

    Oui, ça finit par devenir des tics de langage...

    J'ai prévu de faire un article sur "au jour d'aujourd'hui", expression particulièrement vilaine qui cristallise l'agacement de beaucoup de personnes.

    3
    Dan
    Samedi 12 Juillet 2014 à 13:56

    Est-ce qu'on écrit toi ou moi n'y changeront rien (comme notre amie Lydia) ou bien "toi ou moi n'y changerons rien.?


    Le français est ma seconde langue, veuillez m'excusez si ma question vole très bas!


     

    4
    Samedi 12 Juillet 2014 à 15:03

    Toi ou moi n'y changerons rien.

    5
    Dimanche 13 Juillet 2014 à 07:09

    Je viens de découvrir ma faute d'orthographe grâce à Dan. C'est terrible de me rendre compte à quel point je me piège moi-même.

    Bon dimanche Marc.

    Lydia

    6
    elia
    Mercredi 11 Mars à 14:53

    "N'y changera rien " plutôt, non?

    7
    Jeudi 12 Mars à 09:39

    Quand deux sujets au singulier et coordonnés par ou ne sont pas de la même personne, l'accord du verbe à la première personne du pluriel prévaut quand on veut exprimer l'idée d'addition (l'action peut s'appliquer aux deux sujets à la fois) : "Toi ou moi pouvons aider notre camarade" (Girodet).
    Mais le singulier est possible si l'on veut insister sur l'idée d'exclusion (seul un sujet peut exécuter l’action exprimée par le verbe), l'accord du verbe se faisant à la personne correspondant au premier sujet ou au second sujet : "Toi ou ton frère seras (ou sera) le premier" (Girodet).

    8
    Nini92
    Jeudi 12 Mars à 11:41

    En tout cas, cette souplesse d'interprétation me paraît bienvenue. En revanche, les "experts" du projet Voltaire sont beaucoup moins souples, eux, sur cette question.

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