• Nu comme un ver(s)

    « Ou ce Mort pour la patrie nu comme un vers quoique en plein champ de bataille. La toile de 1892, prêt d'Angers, est signée d'un certain Lecomte du Noüy » (1)

    (Éric Bietry-Rivierre, sur lefigaro.fr, le 23 septembre 2013) 
     

    FlècheCe que j'en pense

     
    « Nu comme un vers », vous êtes certain ? Tout compte fait, je pencherais plus pour Nnon que pour Noui...

    La coquille, bien que poétique – on imagine ce malheureux soldat se tortillant comme un... alexandrin, avant de rendre son dernier souffle de patriote – n'en est pas moins remarquable. Au risque d'asticoter notre journaliste, rappelons cette vérité toute nue : la palme de la nudité et, au figuré, de la fragilité et du dénuement revient au ver de terre, réputé dans la gent animale pour son absence de poils.

    Cela dit, la confusion entre les homophones ver (l'animal) et vers (la poésie versifiée) n'est pas nouvelle : « Leur folk rugueux s’est soudainement pris les pieds dans la prise et se retrouve, nu comme un vers, à se la jouer “unplugged” » (Les Inrocks, 2007) ; « Que ceux qui ont pu imaginer que le sauna finlandais se limitait à une bonne suée, nu comme un vers, au milieu d’inconnus, se détrompent » (Libération, 2009) ; « Éric Da Silva court dans les rues d’Avignon nu comme un vers » (L'Humanité, 2012) ; « Ce Néo-Zélandais, totalement saoul, a eu l'idée brillante de pénétrer, tête la première, nu comme un vers, dans un sèche-linge » (20minutes, 2012). En prose comme en vers, le « nu comme un vers »... tue !

    D'aucuns s'offusqueront, verts de rage ; d'autres se moqueront, un... verre à la main, quand l'étymologie nous inviterait, toute honte bue, à faire preuve d'un peu d'indulgence. Notre expression n'est-elle pas apparue au XIIIe siècle sous la forme : « Ele estoit nue come vers » (Le Roman de la Rose) ? C'est que, nous apprend le Dictionnaire historique de la langue française, notre lombric est la réfection d'après le pluriel vers de verme, issu du latin vermis, de même sens. Il faut croire que le ver n'avait rien de solitaire, à l'origine.


    (1) Il semble que la graphie correcte soit en fait Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ (avec le tréma sur le y), peintre et sculpteur français (1842-1923).

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Nu comme un ver.

     

    « Mieux vaut tard que coltar !Je suis soufflé ! »

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