• Non mais c'est dingue !

    Non mais c'est dingue !

    « "Jamais Cetelem ne m'a contacté, ne m'a demandé mon avis. Et je ne veux pas qu'on croit que j'ai signé un contrat avec ces gens-là" affirme Polnareff. »
    (Guillaume Facon, sur lefigaro.fr, le 24 avril 2015) 

     

    FlècheCe que j'en pense


    Il faut bien reconnaître que croit, à l'oral plus encore qu'à l'écrit, est... le portrait craché de croie ! Il n'empêche : la première forme, qui correspond au verbe croire conjugué au présent de l'indicatif, n'a pas ici sa place après vouloir que (et plus généralement dans les subordonnées complétives après un verbe de volonté, d'ordre ou de souhait), qui se construit d'ordinaire avec le subjonctif, mode de l'action non réalisée. Comparez : On croit que j'ai signé un contrat (indicatif présent) et Je ne veux pas qu'on croie que j'ai signé un contrat (subjonctif présent). Il suffisait, du reste, de changer de verbe pour définitivement lever le doute : Je ne veux pas qu'on dise que... (et non qu'on dit que).

    À la décharge de notre journaliste, Hanse note toutefois que le choix entre l'indicatif et le subjonctif est permis après certaines expressions comme le malheur, le hasard voulut que..., selon que vouloir exprime la constatation d'un fait réel ou la volonté du destin : « Le hasard voulut qu'Ésope eut affaire dans le logis » (La Fontaine) − entendez : Il se trouve par hasard que... − ou « Un malheureux hasard voulut qu'ils ne fussent point réunis » (Alain-Fournier). Au demeurant, fait valoir Grevisse − à qui l'on peut accorder quelque... crédit en matière de langue −, le subjonctif reste possible « sans qu'on perçoive nécessairement une intention (comme serait la personnification du destin) ».

    En résumé, vous l'aurez compris : après vouloir que, l'indicatif tend à s'éclipser sur l'air de Goodbye Marylou quand le subjonctif fait son entrée sur celui de Love me, please love me.

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Je ne veux pas qu'on croie que j'ai signé un contrat avec ces gens-là.

     

    « Locution dans le ventGare au hangar ! »

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  • Commentaires

    1
    Yunnan
    Lundi 9 Août à 17:24

    Bonjour,

    Tout d'abord, un grand merci pour ce blog aussi passionnant qu'utile.

    Je me retrouve face à un dilemme et j'apprécierais un conseil d'une personne éclairée.

    Après des tournures telles que "je n'arrive pas à croire que" ou "je peine à croire que", utiliseriez-vous plutôt l'indicatif, le subjonctif ou bien l'un ou l'autre en fonction d'une nuance de sens ?

    Je suis navrée si ce sujet a déjà été traité, je n'ai pas trouvé l'article correspondant.

    Merci d'avance pour votre aide et vos explications, j'ai hâte de connaître votre point de vue sur la question.

      • Jeudi 12 Août à 09:25

        Il est d'usage de construire croire que avec l'indicatif quand on admet la possibilité de la chose à laquelle on croit, avec le subjonctif si l'on considère le fait comme douteux ou même impossible.
        Toutefois, Hanse ajoute : "Lorsque croire est employé à la forme négative ou interrogative, le bon usage, qui exigeait autrefois le subjonctif, admet aujourd'hui l'indicatif (ou le conditionnel, s'il s'agit d'une éventualité) ou le subjonctif sans qu'on puisse dire que ce choix exprime nécessairement une nuance quant à la finalité du fait exprimé dans la subordonnée : J'ai peine à croire qu'il l'ait dit (ou l'a dit)."

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