• Je suis soufflé !

    « A l’Association Europa Donna, qui soutient les femmes atteintes d’un cancer du sein, "le standard a quasiment explosé le jour où Angelina Jolie a fait ses révélations mais c’est retombé comme un soufflet", indique Nicole Alby, la présidente d’honneur. »

    (Cécile Coumau, sur nouvelobs.com, le 26 septembre 2013) 

    Angelina Jolie (photo Wikipédia sous licence GFDL par Georges Biard)
     

    FlècheCe que j'en pense


    Retombé comme un... « soufflet » ? Mon petit doigt me souffle que c'est notre journaliste qui risque d'être soufflée par celui qu'elle mérite de recevoir sur la joue pour avoir ainsi confondu soufflet et soufflé.

    A-t-on idée, aussi, de réchauffer dans son sein deux substantifs qu'un air de famille indéniable et une prononciation à bout de souffle ne permettent plus guère de distinguer ? Il faut dire – mais vous vous en doutiez déjà – que nos frères siamois sont liés par une étymologie commune : le verbe souffler, emprunté du latin sufflare, « souffler » et, au figuré, « gonfler ». Le soufflet (prononcé avec un è ouvert), instrument servant à souffler de l'air pour l'envoyer sur un foyer puis, par allusion audit déplacement d'air, coup donné avec le plat ou le revers de la main, ressortit au sens propre ; le soufflé (prononcé avec un é fermé), entremets qui gonfle à la cuisson, au sens figuré.

    La confusion entre nos quasi-homonymes est d'autant plus compréhensible qu'on les rencontre dans des constructions similaires. Quand il est question d'un mouvement de va-et-vient semblable à celui de la respiration, c'est le soufflet de la forge (ou de l'accordéon) qui sert d'élément de comparaison : « Sa poitrine qu'on voyait se gonfler et s'abaisser comme un soufflet de forge » (Jean Guéhenno). Quand on veut insister non pas sur la répétition mais sur l'unicité du cycle, la vérité, qui souvent ne tient qu'à un souffle, nécessite moins, cette fois, d'aller au charbon qu'à la cuisine. C'est que les amateurs de bonne chère savent à quel point il est difficile de réussir un soufflé au fromage, tant la préparation à base de blancs d’œufs battus en neige a la fâcheuse tendance, une fois la cuisson achevée, à retomber... comme un soufflé ! Par analogie de mouvement, on dira de même, au figuré, d'une affaire, d'une polémique, d'une colère, d'une passion, d'une notoriété artificiellement grossie, donc sans réel fondement, qu'elle retombe, s'affaisse, s'effondre, se dégonfle comme un soufflé (ou, pour changer d'air métaphorique, comme une baudruche) : « Les grandes réputations dramatiques, montées comme un soufflé, et qui déjà s'aplatissent de même » (Barbey d'Aurevilly).

    Le premier qui constate qu'aucune de ces locutions ne figure au sein de nos dictionnaires usuels est prié de n'en souffler mot, jusqu'à ce que la semeuse à tout vent, bombant la poitrine comme ses petits roberts, finisse par vider son sac jusqu'au dernier souffle.

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    C’est retombé comme un soufflé.

     

    « Nu comme un ver(s)Complètement à lest(e) »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :