• Initier

    Comme tout anglicisme à la mode, voilà un verbe à manier avec précaution !

    En effet, sous l'influence de l'anglais to initiate (qui signifie aussi bien « commencer », « amorcer », « instaurer », « inaugurer » qu'« initier »), l'ancien verbe français initier voit son usage s'étendre abusivement au-delà de son sens... initial, à savoir « instruire, révéler, apprendre les rudiments d'un art, d'une science ou d'une technique ».

    Depuis le XVIIe siècle, l'usage classique veut que l'on initie quelqu'un (un élève, un disciple) à quelque chose (idée de transmission, d'enseignement, parfois sous le sceau du secret).

    Initier un étudiant aux mathématiques, à la finance, à la peinture.

    S'initier aux mystères de la religion (notez l'emploi pronominal).

    C'est la raison pour laquelle l'emploi actuel du verbe initier suivi d'un complément d'objet direct inanimé, au sens d'« amorcer, engager, prendre l'initiative de, mettre en route » (quelque chose et non plus quelqu'un), est critiqué par les grammairiens.

    Certes, d'aucuns justifieront cet emploi d'initier par son étymologie (du latin initiare, qui signifie à la fois « instruire » et « commencer »), par son attestation chez Rabelais ainsi que dans toutes les langues latines ; certes, initialement signifie « au commencement, à l'origine » et initiative « le droit de commencer quelque chose ». Mais ce n'est pas une raison, selon l'Académie, pour laisser cet usage « se répand(re) abusivement dans les textes politiques, administratifs, journalistiques, alors que le français dispose de verbes ou de locutions tels que commencer, inaugurer, engager, entreprendre, lancer, être à l'origine de, mieux adaptés à traduire les diverses nuances de la même idée. »

    Aussi dira-t-on de préférence :

    Une rencontre organisée par le préfet (et non initiée par le préfet).

    Engager une discussion avec son interlocuteur (et non Initier une discussion).

    Entreprendre la réalisation d'un projet, d'une enquête (et non Initier un projet, une enquête).

    Lancer une campagne publicitaire (et non Initier une campagne publicitaire).

    Etre à l'origine d'un mouvement de révolte (et non Initier un mouvement).

    Instaurer une politique. Mettre en place un partenariat.

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    Remarque 1 : Il convient de faire attention à la conjugaison du verbe initier.

    A l'indicatif imparfait et au subjonctif présent : (que) nous initiions.
    Au futur et au conditionnel : il initiera / il initierait.

    Remarque 2 : Le nom initiateur désigne la personne qui fait découvrir ou qui est à l'origine d'une action. On fera la distinction avec l'instigateur, personne qui incite, pousse à faire quelque chose, et avec le promoteur, qui donne la première impulsion à quelque chose.

    L'initiateur d'un projet. L'instigateur d'un complot. Le promoteur d'idées nouvelles.

    Remarque 3 : On dira de préférence sur l'initiative de quelqu'un (comme on dit sur sa suggestion). Bien que toléré par l'Académie, le tour à l'initiative de est calqué sur à l'instigation de, selon Hanse et Girodet.

    Remarque 4 : L'Académie recommande de réserver au domaine de l'informatique l'emploi du verbe initialiser, qui signifie « préparer (un ordinateur, un périphérique, un programme) à entrer en service ».

    Initier
    Livre de Thompson-M, Editions Larousse

     

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