• Inélégibilité

    Inélégibilité

    « Même si sa peine à cinq ans d’inélégibilité n’a pas été confirmée, il n’en demeure pas moins que cette juste victoire du droit ne peut servir de coda au berlusconisme » (à propos de la condamnation de Silvio Berlusconi, photo ci-contre, pour fraude fiscale).

    (François Sergent, sur libération.fr, le 1er août 2013) 


    (photo Wikipédia)


    FlècheCe que j'en pense


    Voilà ce qui arrive quand on s'ingénie à créer des monstres à rallonge : on finit par s'emmêler les voyelles.

    L'adjectif qui se dit de quelqu'un dont la justice a établi qu'il ne pouvait plus être élu est inéligible – composé du préfixe privatif in- et d'éligible, emprunté du latin eligibilis, de eligere (« choisir, trier, élire ») – et non cet inénarrable inélégible, peut-être sous l'influence d'élégie ou d'inélégant. Le substantif dérivé s'écrit donc correctement avec cinq i : inéligibilité (on dit aussi non-éligibilité).

    Reconnaissons que le faute n'est pas nouvelle : on la rencontre dans un dictionnaire français-anglais de 1756 : « Inélégible, adjectif. » Plus surprenant : Giraud-Duvivier mentionne dans la liste des « mots nouveaux » de sa Grammaire des grammaires (1814) : « Inélégibilité, substantif féminin. Qualité de ce qui est inéligible. » Et que penser de cette phrase d'Alexandre Dumas fils, membre de l'Académie française : « Elle ne demande pas (...) à être juge consulaire, juge civil, juré, élégible, elle demande à être électeur » (Les femmes qui tuent et les femmes qui votent, 1880) ? Un effet insoupçonné des soirées bunga-bunga ?

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Sa peine à cinq ans d’inéligibilité.

     

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