• H muet ou aspiré

    Ainsi existe-t-il deux h : l'un dit « muet », l'autre improprement qualifié d'« aspiré ».

    Précisons tout de suite que ni l'un ni l'autre ne se prononcent ni ne s'entendent (sauf dans certaines onomatopées, et encore...). Aucune obligation, donc, à faire la bouche en cul de poule et à aspirer ou recracher tout l'air de vos poumons...

    Quelle différence, alors, entre les deux, me direz-vous ? Le h dit « aspiré » interdit la liaison et l'élision, qu'exige le h dit « muet ». Comparez :

    L'héroïne (h muet, qui gouverne l'élision) mais Le héros (h aspiré, qui interdit l'élision : on ne peut dire l'héros).

    Une héroïne (on fait la liaison une néroïne) mais Un héros (pas de liaison : on ne dit pas un néro). Un nouveau héros (et non Un nouvel héros).

    Je hurle (et non J'hurleh aspiré) mais J'habite (h muet).

     

    Reste à distinguer les mots à h muet de ceux dont le h est aspiré, en sachant qu'il n'y a malheureusement aucune règle...

    Astuce

    Le plus simple, pour être fixé, est de faire précéder les noms de l'article défini  le (si l' est requis, il s'agit d'un h muet) et les verbes du pronom personnel je (si j' est requis, il s'agit d'un h muet).

    En voici quelques exemples :

    h aspiréh muet
    la hache habile
    le haillon l'habit
    la haine habiter
    haïr l'habitude
    haleter l'haleine
    la halte l'hallali
    le hamac halluciner
    le hamster l'haltère
    le handicap l'hameçon
    le hangar l'harmonie
    le hanneton héberger
    la hantise l'hécatombe
    le hareng l'hégémonie
    le haricot l'hélice
    le harnais l'hélicoptère
    la harpe  l'hélium
    le hasard l'hérésie
    le haut-parleur hériter
    le hayon hermétique
    le hérisson l'hermine
    la hernie l'héroïne
    le héron l'hiatus (l'Académie accepte le hiatus)
    le héros hier
    le hêtre l'hilarité
    heurter l'hirondelle
    le hibou l'histoire
    le hors-d'œuvre l'hiver
    la housse l'honneur
    le hublot l'horreur
     le huis clos l'huissier
    hurler l'huître
    la hutte l'hyène (et non la hyène)

     
    Notons que, à l'oral, la difficulté ne réside pas tant dans l'élision (on sait généralement qu'il faut dire l'hôpital et non le hôpital) que dans la liaison. Aussi veillera-t-on à ne pas esquiver les liaisons qui doivent être faites... ni à faire celles qui sont impropres !

    Des haricots (h aspiré → on prononce des arico et non des zarico).

    Un handicapé (h aspiré → on prononce un andicapé et non un nandicapé). En situation de handicap (et non d'handicap).

    Il n'a qu'une hantise (h aspiré → une antise et non une nantise).

    Notre huissier de justice (h muet → on prononce notruissier et non notre-uissier).

    Les êtres humains (h muet → on prononce zumin).

    Ce homard (h aspiré) mais Cet homme (h muet).

    Deux cents homards (h aspiré → pas de liaison entre cents et homards, malgré le s de cents) mais Deux cents hommes (liaison).

    Cet enfant est hargneux, honteux (h aspirés → pas de liaison).

    Des conclusions trop hâtives (h aspiré → trop atives et non trop patives).

    Ils sont priés de hâter le pas et de se harnacher (et non d'hâter le pas et de s'harnacher).

    À tout hasard (h aspiré → on prononce atouazar et non atoutazar).

    C'est hors de question. Il est hors de cause, hors de danger, hors jeu (h aspiré → on prononce or et non tor).

    C'est honteux (h aspiré → on prononce c'est honteux et non c'est tonteux)

    Séparateur de texte

    Remarque 1 : Le site orthonet apporte quelques précisions étymologiques intéressantes :

    « À l’époque où l’écriture ne distinguait pas les lettres U et V, un H purement graphique devant cette lettre ambigüe a été ajouté dans des mots comme uile, uit, uis, devenus huile, huit, huis, etc., pour qu’ils ne se confondent pas avec vile, vit, vis. Cet h est muet.

    Dans huit, huitième, l’H n’est pas étymologique. C'est un artifice graphique pour exclure la liaison et l’élision, qui ne se font pas devant les numéraux (cf "le onze, les/onzièmes").

    Des mots d’origine latine ont pu subir l’influence de mots germaniques et recevoir un H "aspiré" : haut, hauteur, hérisson, hors, hurler. Le masculin héros, bien que d'origine grecque, a un H aspiré (peut-être sous l'influence du germanique héraut), alors que l'héroïne reste fidèle à ses origines. »

    Remarque 2 : Quant à la prétendue tolérance à propos de la prononciation des zaricots, il s'agit bien évidemment d'un canular dont le succès fulgurant ne laisse pas de m'étonner. Selon le site de l'Académie française, « la rumeur selon laquelle il serait aujourd’hui d’usage et admis que l’on fasse cette liaison a été colportée par un journal largement diffusé dans les établissements scolaires, L’Actu (n°8 du jeudi 3 septembre 1998, p.7), qui n’a pas jugé bon de publier de rectificatif ».

    Remarque 3 : Dans les dictionnaires, les mots commençant par le h aspiré sont précédés d'un signe distinctif (généralement un astérisque *).

    Subtilités

    La hanche (articulation) mais L'anche (les instruments à anche)

    Le huis clos (décision de ne pas admettre le public à l'audience) mais L'huis, la porte (dans les deux cas, le s ne se prononce pas).

     

    HéliconHautbois

    L'hélicon (à gauche) mais le hautbois (à droite).

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Novembre 2012 à 05:36

    merci bien!! ca m'aide beaucoup

    2
    Marc81 Profil de Marc81
    Mardi 13 Novembre 2012 à 07:53

    Merci à vous de votre visite.

    3
    MB
    Vendredi 1er Février 2013 à 21:42

    Merci pour toutes ces infos, et je plains les étrangers qui aprennent le Français...

      • Rémi
        Mercredi 15 Juin 2016 à 09:22

        J'ai habité en Chine pendant 3 ans et j'ai fait un échange avec quelques collègues chinois : ils m'aprennaient leur langue et je leur donnait - modestement - quelques notions de français. 

        C'est là que je me suis rendu compte que nous avions la chance d'utiliser une des langues les plus compliquées au monde...

    4
    Jeudi 28 Mars 2013 à 09:57
    Victor Bui

    merci bien

    5
    Vendredi 10 Mai 2013 à 10:47

      Un immence merci. C'est interessant

     

    6
    MRS
    Vendredi 12 Juillet 2013 à 16:41

    Merci pour vos précisions, elles sont bcp plus claires que le manuel " phonétique et méthodologie de la prononciation " que je bûche. 

    7
    Marc81 Profil de Marc81
    Vendredi 12 Juillet 2013 à 18:25

    Le compliment me va droit au cœur !

    8
    Jambon Cru
    Jeudi 3 Octobre 2013 à 18:13

    Juste une petite correction: dans la remarque 1, je lis "ambigüe". Les fautes étant rarissimes dans votre blog, j'ai eu un doute et suis allé vérifier si ces messieurs de l'Académie avaient ravancé le tréma d'une lettre, histoire que ces petits boutons de pantalon recentrent un peu mieux leurs bretelles, mais apparemment il n'en est rien.

    Par ailleurs, je crois qu'il faudra bientôt ajouter le "heuro" au chapitre des h aspirés, à ce que j'entends tous les jours autour de moi...

    Cordialement

    9
    Jeudi 3 Octobre 2013 à 18:49

    J'ai en l'occurrence respecté la graphie retenue par le site Orthonet qui, manifestement, a adopté les recommandations des réformateurs de 1990 concernant l'usage du tréma (déplacement du tréma sur la voyelle qui doit être prononcée) : ambiguë (orthographe traditionnelle), ambigüe (orthographe réformée).

    10
    Jambon cru
    Vendredi 4 Octobre 2013 à 18:04

    Je me disais aussi...

    Je n'avais pas cherché assez loin et n'avais pas imaginé cette graphie réformée. Dont acte.

    Et toujours bravo pour ce blog.

    11
    jean-charles2
    Samedi 19 Octobre 2013 à 10:51

    merci pour ces éclaircissements

    12
    Bidite
    Vendredi 15 Novembre 2013 à 00:14

    Bonsoir, et qu'en est-il des noms propres? Existe-t-il aussi ces deux h? On sait bien qu'on ne va pas dire les hollandais (zhollandais) mais ne dit-on pas: c'est Hervé (thervé) . Merci de votre réponse

    13
    Vendredi 15 Novembre 2013 à 10:00

    On retrouve la même distinction entre l'h muet dans Haïti et l'h aspiré dans Haute-Garonne, par exemple.

    14
    erbaf
    Jeudi 28 Novembre 2013 à 18:20

    Doit-on dire " les hhotes de ces bois ou bien les z'hotes de ces bois ?

    15
    Jeudi 28 Novembre 2013 à 18:28

    Le h de hôte est dit muet. On fait donc la liaison : l'hôte, un (n)hôte, des (z)hôtes.

    16
    tuy nom
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 11:04

    Intéressant!

    17
    MrAHCENE07
    Mardi 21 Janvier 2014 à 12:10

    -


    Je vous remercie infiniment

    18
    Jeudi 23 Janvier 2014 à 20:38

    Je suis parfaitement content pour cet eclairage, mille merci.

    19
    Jeudi 23 Janvier 2014 à 20:40

    Merci et felicitation.

    20
    Pierre
    Lundi 3 Février 2014 à 12:32

    Y a-t-il donc une double prononciation pour la lettre 'H' elle-même ?


    Doit-on dire l'H (l'ache) ou le H (le hache) ?


    Existe-t-il une règle à ce sujet ?


    Merci pour votre rubrique que j'apprécie.

    21
    Lundi 3 Février 2014 à 20:42

    En guise de réponse, je cite R. Georgin : « L'usage a longtemps été de considérer comme du féminin toutes les consonnes dont on prononçait le nom en faisant entendre un e muet ou un a. Cette distinction de genre byzantine remonte à une époque où l'on articulait èf, èl, èm, èr, ès et où d'autre part, l'u de un n'était pas nasalisé, ce qui donnait "u nef", "u nache", "u nel", "u ner", "u nem", "u nes". On entendait donc en liaison "une f", "une l", "une m" etc. prononciation qui entraîna l'attribution à ces consonnes du genre féminin. »

    De nos jours, tous les noms des consonnes, comme ceux des voyelles, sont désormais masculins (Hanse). Le féminin n'est plus aujourd'hui qu'un archaïsme  affecté (Dupré).

    22
    Pierre
    Lundi 3 Février 2014 à 22:51

    Merci pour cette réponse qui ne m'éclaire malheureusement guère plus...

    Puisque la lettre 'H' est donc du genre masculin, dit-on alors un Hache ou un (n)ache, le Hache ou l'ache ?

    Merci pour votre patience et mes plus vives félicitations pour ce site.

    23
    Lundi 3 Février 2014 à 23:46

    Il manquait en effet la conclusion : à l'époque où la consonne h était considérée comme du féminin (puisque commençant par une voyelle lors de l'épellation), on écrivait logiquement l'h (élision du a de la devant ladite voyelle) : "On distingue deux sortes d'H, l'H muette et l'H aspirée" (huitième édition du Dictionnaire de l'Académie).

    Depuis que la consonne h a changé de genre, on écrit désormais le h (et un / ache) : "On distingue deux sortes de h, le h muet et le h dit aspiré" (neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie).

    24
    Pierre
    Mardi 4 Février 2014 à 10:55

    Merci beaucoup pour tout ceci !

    25
    TAILLEFER
    Mercredi 5 Mars 2014 à 17:09

    N'y a-t-il pas eu longtemps une tolérance pour ne pas aspirer l'h de "handicapé" ?

    J'ai 67 ans, mes parents étaient tous deux enseignants ainsi que beaucoup de leurs amis et j'avais toujours entendu dire "les zandicapés" jusqu'à il y a environ 15 ou 20 ans.

    Comme si l'usage des euphémismes pour les handicaps (malentendant pour sourd par exemple) avait rigidifié la phonétique !

    26
    Mercredi 5 Mars 2014 à 17:18

    Je ne le crois pas : Littré, qui n'enregistre le terme handicap que dans son acception hippique, précise déjà dans les années 1870 que l'h est aspirée. Même son de cloche du côté de l'Académie, dès la huitième édition de son Dictionnaire (1932). C'est donc à tort que beaucoup d'usagers de la langue ont pris l'habitude de faire la liaison un-n-handicapé, des-z-handicapés...

    27
    cerise25
    Vendredi 6 Février 2015 à 18:07

    Bonjour, j'ai un problème avec la fable de la fontaine du corbeau et du renard: "des hôtes de ces bois". Je fais la liaison mais j'ai peur d'induire ma fille (ce2) en erreur car elle me soutient qu'on ne la fait pas s'il y avait un h (le maître l'a dit, et c'est tout!). Donc si j'ai bien compris hôte a un h muet et non aspiré, c'est bien ça ?

    28
    Vendredi 6 Février 2015 à 18:31

    J'ai peine à croire que le professeur de votre fille oserait dire "le hôte de ces bois"... plutôt que "l'hôte de ces bois". Voilà qui devrait suffire à persuader votre fille que ledit h est ici muet. Si elle persiste à ne pas vous écouter, proposez-lui d'ouvrir le premier dictionnaire venu : elle y verra que hôte n'y est pas précédé d'un astérisque, ce qui signifie que ce mot se prononce avec liaison et élision. Les-z-hôtes de ces bois.

    29
    cerise25
    Vendredi 6 Février 2015 à 20:02

    Merci, bon tuyau l'astérisque dans le dictionnaire. Apparemment la leçon d'école date de l'année dernière et ne traitait que du h aspiré, elle ne parlait pas du h muet, ce qui a induit ma fille en erreur. Le français est compliqué à cet âge là... Merci pour votre réponse. Cordialement.  

    30
    Vaugelas
    Mercredi 29 Avril 2015 à 17:04

    J'ai un peu la même expérience (et le même handicap) que Taillefer, comprenez "des-parents-enseignants-et-l'entourage-de-même", et sensiblement le même âge : c'est vrai, naguère, j'aurais sans doute encore dit "des zandicapés", avec la conviction de parler la langue française que mes parents enseignaient à leurs élèves. Et voilà que je ne suis pas autorisé à évoluer vers une prononciation "de meilleure langue", comme le disent si suavement vos références, parce que le principal interdit ne porte plus sur le h aspiré ou muet mais, en ces temps de langue de bois, sur l'appropriation ou non du handicap : des "personnes en situation de handicap" se sentiraient mieux considérées que des "personnes (z)handicapées" qui le seraient déjà infiniment mieux que des "(z)handicapés" tout court...  clown

    L'accessibilité de la langue française est un problème finalement assez complexe mais pas trop, auquel je comprends que certains préfèrent s'atteler pour éviter celui de l'accessibilité à tous des...  zéquipements publics, par exemple...

      • gerardja
        Jeudi 8 Décembre 2016 à 18:46

        Bonjour... Selon mon expérience (de famille d'enseignants également), "zharicots" et "zhandicapés" n'ont jamais été usités que dans certaines régions. Nombre d'anomalies ont en effet une origine régionale.

        Et bravo pour le site et ses commentaires ! 

    31
    Mercredi 29 Avril 2015 à 17:52

    Grevisse, en 1982, écrivait à ce sujet : "Étymologiquement handicapé a l'h aspiré et n'admet ni la liaison ni l'élision : le/handicapé, un/handicapé, les/handicapés. Mais on constate, même chez des gens cultivés, une tendance à faire la liaison ou l'élision : l'handicapé, un-n-handicapé, les-z-handicapés. Conseil : s'en tenir à l'h aspiré."
    Quant au politiquement correct que vous évoquez, convenons qu'il conduit le plus souvent aux mêmes travers : "Intégration des enfants en situation d'handicap" (lu sur le site Internet du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports).

    32
    MIchel JEAN
    Mercredi 29 Avril 2015 à 18:23

    Bonjour Mr Marc, il est écrit en préambule qu'il existe deux lettres H, et une petite fille de huit ans m'explique outragée mon erreur: (faut suivre)~ pour dire h muet il faut aspirer, et pour dire h aspirer il faut egalement aspirer. Fin de la leçon. Que lui répondre à sa logique tout en évitant d'être aspirer par sa colère. Merci. Mich.

    33
    Mercredi 29 Avril 2015 à 19:01

    N'hésitez pas à lui lire les premiers paragraphes de ce billet (notamment là où je parle de la bouche en cul de poule...).

    34
    Jean-M
    Samedi 16 Mai 2015 à 15:45
    Jean-M

    Bonjour Marc,

    je découvre votre site aujourd'hui et je suis abasourdi par mon ignorance...pas une page ,pas un paragraphe qui ne m'apprenne quelque chose ,qui ne me corrige d'erreurs faites avec constance depuis des lustres. Merci à vous, donc ,qui venez de gagner un lecteur fidèle ; ignorant mais rempli d'envie de progresser...(le point virgule s'imposait-il? La langue est une remise en question permanente).

    Une  question me vient ,toutefois ,après la lecture de ce passionnant article sur le H (la lettre ,pas la substance!).Justement ,le H quand on parle du Haschish est bien un H aspiré mais quand on évoque la lettre? Naturellement ,elle semble pleine de souffle et donc devrait bien s'écrire et se prononcer sans élision,non? le H ;or,vous écrivez l'h dans votre brillant article. Pourriez-vous éclairer ( activer, même)ma comprenette?

    Jean-M

     

    35
    Samedi 16 Mai 2015 à 23:10

    Je vous renvoie au commentaire (n° 23, ci-dessus) que j'ai laissé le 3 février 2014... et vous remercie de votre message d'encouragement.

    36
    Michel JEAN
    Jeudi 4 Juin 2015 à 10:18

    R'b/jour, Que Grévisse et compagnie, tout de meme !!!!, sache que le mot "handicapé" qui nous vient de la Perfide Albion" and in cap" qui signifiant "la main sous le manteau". Oui il y a longtemps la S.S. n'existait, les pers. hand. condamnées à mandier dans " l'espace public". Or, la (...). ètant interdite. Ces braves personnes portaient donc des longs manteaux ou capes pour cacher leur handicap (s) et tendaient la main pour essayer de récolter (recueillir) monaies et menues piècettes pour manger. Oui, les temps changent. Nous avons meme banni le mot de notre voc. Les personnes ayantt un handicap physique sont dites " à mobilité réduite"; mais qui réduit leur mobilité???

    37
    Jeudi 4 Juin 2015 à 10:56

    Selon l'Académie, handicap est la « contraction probable de hand in cap, proprement "main dans le chapeau", nom donné d'abord à un jeu dont la mise était placée dans une coiffure, puis à des compétitions hippiques ».

    38
    ChrisPassion
    Jeudi 18 Juin 2015 à 14:27

    La quasi totalité des intervenants dans les médias (journalistes, invités de toutes natures,...) ne fait pas de liaison concernant les "êtres Zumains"... Quant au mot "espèce", faut-il punir les sus-cités ou bien susciter une modification grammaticale préconisant de lui donner le genre du nom commun situé après?

    39
    Jeudi 18 Juin 2015 à 16:23
    M. Trespes

    Quel site, bravo! Et encore bravo! Je suis soufflé par la qualité de vos articles.

    Et bravo à tous ceux qui aiment écrire notre langue, si belle et si complexe.

    A bientôt car, à partir d'aujourd'hui, je vous suis.

     

    Salutations

    40
    etiamsiomnes
    Jeudi 18 Juin 2015 à 16:33

    A propos de H, aspiré ou non, on entend de plus en plus souvent un H aspiré additionnel dans la prononciation de mots commençant par A: 

    La anse, le ara

    Ce H aspiré virtuel m'agace. Qu'en pensez-vous?

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    41
    Vendredi 19 Juin 2015 à 19:22

    À ChrisPassion : En effet, liaisons et élisions ont tendance à se perdre. Que l'on songe aux fameux h-euros !
    Quant au cas d'espèce, je vous invite à lire ce billet.

    42
    Vendredi 19 Juin 2015 à 19:30

    À M. Trespes : Votre enthousiasme me touche et me motive à continuer dans cette voie.

    43
    Vendredi 19 Juin 2015 à 19:41

    À etiamsiomnes : La anse, le ara, un / euro, mais des zaricots, hélas...

    44
    eric BLEV
    Dimanche 12 Juillet 2015 à 01:15

    Bonjour à toutes et tous, et merci pour la qualité des échanges.


    Puis-je apporter mon témoignage ? Pour ma part, je constate que tous les mots commençant par un H aspiré ont une étymologie germanique (à quelques exceptions près: haricot, hangar, huche, huître, héros).


    La plupart de ces mots nous ont été légués par es envahisseurs germaniques des 5 ou 6 premiers siècles après Jésus-Christ : Francs, Burgondes, Alamans, Goths, Vandales et plus tard, Normands et sont en grande partie relatifs au domaine de la guerre, le commerce, la technique (hallabarde, hache, hampe, halte, hanse, halle, hâler, happe, hanap, harpe, harpon, havre, houe, hourder, housse), au règne végétal (hêtre, haie, houblon, houx) ou animal (hase, héron, faucon hagard, canars halbran, homard, harde), l'anatomi (anche) ou encore expriment des sentiments (haïr, haine, honte).


    D'autres mots sont arrivés en français plus tardivement par des langues germaniques plus jeunes, l'anglais (handicap, hamster, hot line, haquenée), l'allemand (halbran), le néerlandais (hourque), le danois (hublot), l'islandais (hune).


     


    Les langues germaniques modernes continuent de toujours marquer fortement le h en début de mot (hand en anglais ou en allemand, high: to have en anglais, hoch/haben en allemand...).


    A contrario, les Romains ne prononçaient vraisemblablement pas le H en début de mot; à preuve "hôpital, hôte, hôtel, homme, habit" sont muets en français, et l'italien (sorte de latin moderne) l'a même aboli dans "uomo" (homme).


    Cette connaissance étymologique est bien pratique, puisqu'elle permet de comprendre et de légitimer la prononciation du H dans "hêtre" et "hache" pour bien les distinguer de "êtres (humains)" et"ache".


    Elle connait évidemment ses contradictions avec des h aspirés dans des mots pourtant d'origine latine (huile, huître, huche, hangar)..... Caprice du français... ou de ses élites du 17ème siècle ?


     


    Les nombreux mots créés à partir de racines grecques ne prononcent pas non plus le h (hémisphère, hypothèse, hygormétrie).


    Reste enfin le cas épineux de "haricot"....


    Cette plante légumineuse a été découverte chez les Amérindiens du Mexique par le conquistador espagnol Cortès. Les Aztèques vaincus, l'Europe découvrira progressivement la richesse des aliments du Nouveau Monde (chocolatl, tomatl, patate, ayacoltl).


    Or il semble qu'en nahuatl, la langue des Aztèques, ayacotl désignait le haricot. Les Espagnols en léguant aux Français cette légumineuse transmettent également le terme qui sera déformé phonétiquement et aussi orthographiquement !


     


    Et depuis, on torture des générations d'écoliers en leur interdisant de faire la liaison avec les ! Les z-haricots ! Scandale !


    Sauf que rien, phonétiquement et étymologiquement parlant, ne me semble justifier ce parti-pris.... Quant à l'esthétique, c'est aussi affaire subjective, et de goût, puisque ce mot ne connait pas d'origine germanique justifiant cette règle... qui est pour moi arbitraire et infondée, même si je continue de dire les hharicots ! :)


    Personnellemnt, je suis beaucoup plus fréquemment agacé par l'absence de liaison chez nos contemporains dans des ensembles tels que : "quand on > quand hon", ou encore "cent euros > cent heuros" ! Ou à l'inverse par la présence d'une liaison inappropriée  " cent z-euros > sans euros ?


    Bonne nuit à tous.


     


    Bien cordialement.


    EBU


     


     

      • Rémi
        Mercredi 15 Juin 2016 à 09:35

        De mon côté, je trouve que ça m'arrache moins les oreilles d'entendre cent h-euros que cent z-euros...

        On peut également entendre sept z-humains. Mais alors quatre z-idiots... pitié... Comme on l'entend également de plus en plus dans les médias (télé, radio, etc.), cela ne risque pas de changer, malheureusement.

        Si cela nous arrache les tympans, faut-il pour autant s'en offusquer ? Cela me semble bien inutile puisque dans l'aire du temps. D'autant plus qu'une langue qui n'évolue plus devient une langue morte...

    45
    Dimanche 12 Juillet 2015 à 17:23

    Cette étymologie de haricot est contestée dans le Dictionnaire historique de la langue française : "C'est à cette époque [XIXe siècle] que l'on croit trouver son origine dans le mot indien du Mexique, ayacotl : Heredia invente une forme ayacot, aussi imaginaire que  les fabaricus, fabaricotus invoquées imprudemment par Ménage en 1690 pour rattacher haricot à faba..."

    46
    le-bo ro-ro
    Mercredi 15 Juillet 2015 à 18:04

    Je découvre avec bonheur un site intéressant au plus haut chef ! Ancien correcteur (à la retraite) je passe le meilleur de mon temps à re-lire le "Dictionnaire QUILLET de la langue française" édition de 1971, où l'on trouve encore la lettre - H - au féminin ! happyTrès cordiales salutations et encore un grand bravo.

    47
    Jeudi 16 Juillet 2015 à 09:28

    Je vous remercie de votre message d'encouragement (en ce qui concerne le genre des consonnes, voir le commentaire n° 21 ci-dessus).

    48
    Michel JEAN
    Jeudi 16 Juillet 2015 à 14:31

    Bonjour Mr Marc, qu'il est bien facile de parler d'envahisseurs Germains... Les gaulois(es) peuplades celtes échangeaient avec toute l'Europe "dèjà" et peut-etre encore plus! L'excellent travail dans l'ouvrage de Mr G. Dottin (grammaire gauloise) est très agréable à consulter sur la toile... Les travaux récents et récents travaux dans le Nord de l'Exagone ( autoroutes et compagnie) permirent et permettent de mettre encore récemment  au grand jour cette énorme qualité de vie qui étaient pour ainsi dire bien personnelle et propre! Ainsi l'image, peu à peu, du gaulois moustachu!!! et tresses blondes au vent des voiles et tout autre à présent. LE celte-Franc Clovis nous démontre à Soisson qu'il ne plaisante point avec l'hache!!! et le fayot... Merci. Bye. Mich.

    49
    etiamsiomnes
    Jeudi 16 Juillet 2015 à 21:12

    Les mésaventures du haricot. L'origine du mot est si controversée qu'on ne peut guère prendre parti. Une explication repérée sur internet est : le déverbal haricot de l'ancien verbe harigoter "déchiqueter, mettre en lambeaux". Cela m'a fait souvenir que dans la famille de ma femme vendéenne, on emploie un verbe "aricoter" dont je ne saurais préciser l'orthographe. La signification, assez vague : arranger, disposer. Mal aricoté, il ne sait pas s'aricoter. L'évolution du langage est souvent déroutante... 

    50
    dcs
    Dimanche 19 Juillet 2015 à 18:59

    Doit-on dire le baptême de Hugo ou le baptême d' Hugo?

    51
    Dimanche 19 Juillet 2015 à 19:26

    Hanse, que l'on suppose intéressé par le sujet, parle d'hésitation pour Hugo. On écrira toutefois couramment le baptême d'Henri, d'Hubert, d'Hugo, etc.

    52
    le-bo ro-ro
    Lundi 20 Juillet 2015 à 10:53

    Qu'en est-il des lettres "S" et "Y". Par ailleurs et bien qu'il s'agisse d'un dictionnaire, le QUILLET (édition 1971) de nombreuses fautes d'orthographe, de français ou de typographie sont à déplorerouch.

    Toujours très cordialement, un grand salut à tous.

    53
    Lundi 20 Juillet 2015 à 11:43

    Si la question porte sur le genre des lettres S et Y, l'Académie écrivait encore dans la huitième édition de son Dictionnaire (1935) : "Une S majuscule" mais "un Y". Et elle ajoute : "Au début de la plupart des mots, [Y] se comporte comme s'il était précédé d'une h aspirée, et la voyelle finale de l'article ou de la préposition de ne s'élide pas devant lui."

    54
    le-bo ro-ro
    Lundi 20 Juillet 2015 à 13:23

    Une "h" aspirée... est-ce volontaire ? si, non, les us ont-ils encore, à n'en pas douter, de beaux jours devant eux ? Quoi qu'il en soit, merci de votre disponibiité et de la courtoisie dont vous faites montre, ainsi du reste que l'ensemble des lecteurs que je salue encore. Je ne doute pas de revenir vers vous très prochainement. Cordialement.

    55
    Lundi 20 Juillet 2015 à 13:30

    En ce qui concerne le genre des consonnes, voir le commentaire n° 21 ci-dessus (édité le 3 février 2014).

    56
    Lucijack
    Samedi 29 Août 2015 à 06:01
    Lucijack

    Bonjour,

    Je découvre votre blog qui semble très bien fait... je ne vais pas manquer de l'épingler avec mes favoris. ^^

    J'ai un petit souci avec le verbe handicaper. Certes oui, on parle DE handicap, mais quid de la formule "être en mesure de l'handicaper/ le handicaper" ?

    Même si logiquement, on devrait appliquer la seconde, elle ne me semble absolument pas correcte. Mauvais réflexe à cause de l'usage oral ou sommes-nous en face d'une exception ?

    Pardon pour le déterrage de topic. ^^°

    57
    Samedi 29 Août 2015 à 09:17

    Concernant le verbe handicaper, je vous invite à consulter ce billet.

    58
    Calliopé
    Jeudi 3 Septembre 2015 à 11:07

    Bonjour,


    Je suis en train de m'atteler à un poème "classique" et j'aimerais savoir s'il y a "hiatus" dans le morceau de vers suivant "Derrière les hauts murs..." entre "les/hauts" ce qu'il me semble fait "é/o"... car dans la règle, on parle de deux voyelles qui se rencontrent à la suite de deux mots ; mais mon interrogation vient du fait que je ne sais s'il s'agit de "sons" (ce que je suppute) car "les" se termine par une consonne. 


    D'avance, merci.

    59
    Jeudi 3 Septembre 2015 à 11:32

    Le h de haut étant aspiré, la liaison n'est pas permise : les / hauts murs.

    60
    Calliopé
    Jeudi 3 Septembre 2015 à 14:09

    Merci... infiniment cher Marc... c'est bien ce que je supputais....

    61
    hiba
    Mardi 1er Décembre 2015 à 14:42
    Merci baucoup á vous pour votre visite
    62
    Lorenzo
    Mercredi 6 Janvier 2016 à 15:03

    Bravo pour ce site. C'est l'hyène qui me pose problème. Doit on au pluriel dire " des (z) hyènes" ?

      • Jeudi 7 Janvier 2016 à 09:45

        Selon Dupré, l'hésitation dans ce cas vient moins de h qui est généralement considéré comme muet (l'Académie écrit l'hyène) que de la semi-consonne [j] devant laquelle on fait difficilement la liaison : "Si vous êtes gêné pour dire des-z-hyènes, c'est parce que vous savez que votre crémière vous rirait au nez si vous lui demandiez des-z-yaourts."
        Il n'empêche : en toute logique, on devrait dire des hyènes comme on dit des huîtres...

    63
    Calliopé
    Jeudi 7 Janvier 2016 à 09:58

    Merci Lorenzo d'avoir levé "ce lièvre". Et bravo à vous Marc81 pour votre explication pertinente et teintée d'humour. Un peu de soleil au petit matin froid... Ce site est vraiment intéressant.

    64
    Michel JEAN
    Jeudi 7 Janvier 2016 à 15:59

     R-b'jour, pour répondre à l'invasion barbare des peuples du Nord: A. Rey, F. Duval, G. Siouffi: Mille ans de langue française. (excellent bouquin) p. 55. Du latin aux langues roman = A partir du Ve siècle, la gaule doit faire face à des migrations de grande ampleur, qualifiées traditionnellement d'"invasions barbares". L'expression est en fait inexacte dans chacun de ses termes. Les mouvements qu'on nomme "invasions" prennent souvent la forme de traités  d'alliance entre un peuple germanique et l'autorité romaine qui sous-traite ainsi une partie de la défense des frontières orientales de la Gaule. Les implantations germaniques ont souvent été pacifiques, même si elles sont fréquemment doublés d'ambitions territoriales réalisées ensuite par les armes. Quant au terme "barbare", il est chargé de connotations péjoratives qui ne rendent pas compte de la longue familiarité de certains peuples germaniques avec les Romains ni de la variété des comportements des ethnies migrantes. Bye.

    65
    etiamsiomnes
    Dimanche 21 Février 2016 à 10:30

    En relisant d'anciens commentaires je tombe sur celui de MB qui "plaint les étrangers qui apprennent le Français". Ne faut-il pas dans ce cas écrire "français" avec une minuscule? 

    Et merci pour votre site qui est vraiment très intéressant.

      • Dimanche 21 Février 2016 à 19:48

        Si, en effet.
        Merci à vous de votre visite.

    66
    sm
    Lundi 22 Février 2016 à 10:34

    "merci à vous" expression empoulée des journaliste au lieu de dire tout simplement : je vous remercie...

    L'expression reprise par les journaliste de tous les médias radio et télé:

    "merci d'avoir été notre invité"

    Il ne se rendent pas compte qu'il doivent dire : Merci d'avoir accepté notre invitation !  Le remerciement va à l'interlocuteur et non à eux !

      • Lundi 22 Février 2016 à 11:30

        Le tour merci à vous est plutôt considéré comme "assez familier" par Girodet, qui lui préfère : Je vous remercie.
        Hanse ne fait pas tant de manières : "Merci. Merci bien [...] Merci à vous."

    67
    etiamsiomnes
    Mardi 23 Février 2016 à 10:41

    Bonjour. Décidément, votre site fait le tour de la langue française. La remarque de sm était pertinente. J'ai cependant tiqué sur ce qu'il écrit: "expression empoulée des journaliste". L'orthographe "empoulé" n'est plus correcte me semble-t-il.

    Mais avec la réforme de l'orthographe tout est possible. N'est-il pas? (réminiscence d'Astérix).

    68
    Calliopé
    Samedi 27 Février 2016 à 19:34

    Bonsoir à tous,

    J'ai encore une histoire de "h" qui me pose problème. Décidément ! me direz-vous, et vous auriez bien raison (au fait, pendant que j'y suis, dois-je dire "aurez" plutôt que "auriez" à cause de la soi-disant concordance ?). Voilà ! Toujours à propos de poésie "classique", je m'apprêtais à écrire : "... quelqu'horrible blessure... ", mais je vois que mon correcteur Word -auquel je ne me fie pas, vu le paquet d'âneries qu'il me balance- me surligne "la chose". Ma question est la suivante : dois-je écrire "quelquE horrible..." et dans ce cas ça ne m'arrangerait que le "h" fût aspiré car cela me ferait un pied de trop, doublé d'un hiatus (euh/o...) ou alors,  "quelqu'horrible..." et là, ce serait le pied, c'est le cas de le dire, car j'aurais mon compte dans ce vers en alexandrins. D'avance, un grand Merci !

      • Samedi 27 Février 2016 à 23:22

        Vous allez trouver cela horrible, mais quelque ne s'élide que devant un ou une...

    69
    Calliopé
    Dimanche 28 Février 2016 à 09:21

    Rââââââhhhhh ! Misère de moi.... Mais je vous remercie "moultement" quand même, cher Marc...

    70
    etiamsiomnes
    Dimanche 28 Février 2016 à 10:47

    Je m'avance peut-être, mais je pense que le nombre de pieds sera le même, que l'on écrive "quelqu'horrible" ou quelque horrible".

      • Calliopé
        Vendredi 4 Mars 2016 à 20:16

        - quelqu'horrible : kel ko ri ble = 4 pieds

        - quelque horrible : kel ke o ri ble = 5 pieds

        J'espère que vous comprenez mieux mon désespoir à présent, cher "etiamsiomnes". C'est vraiment horrible ! Mais au final, pas tant que ça puisque j'ai trouvé une parade... j'ai dû remanier un vers... seulement.

    71
    Michel JEAN
    Lundi 29 Février 2016 à 09:06

    Mais c'est puisque c'est -"horrible"- affreux...!

    72
    Michel JEA?N
    Mardi 22 Mars 2016 à 10:33

    Bonjour M. Marc, nous ne savons pas comment ik faut dire avec les noms propres de villes tel que Humière et Haramon, parfois la liaison est faite avec [D'] et d'autres fois non sur le "net".  Perso: je penche pour l'aspiré. Merci.

      • Mercredi 23 Mars 2016 à 23:47

        Je crains qu'il n'y ait pas de règle définitive en la matière. Toutefois, je pencherais pour un h muet pour les toponymes français et pour un h aspiré pour les noms étrangers : la ville d'Humières, l'église d'Haramont mais les rues de Hanovre.

    73
    etiamsiomnes
    Jeudi 24 Mars 2016 à 16:08

    C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit...

    Le "h" de "horrible" n'est-il pas muet, comme celui de "horreur"? Dans la versification, le nombre de pieds ne tient pas compte du "e" muet, ni de tout ce qui peut être muet. Dans le Cid, on aura: "Parle. Ôte-moi d’un doute.", avec six pieds, ou bien, toujours chez Corneille: "Rome, l'unique objet de mon ressentiment..." avec douze pieds. Je ne vois pas du tout où est le problème avec "quelque horrible"????

    Et puis les licences poétiques ne sont pas faites pour les chiens:

    Même elle avait encor cet éclat emprunté...

      • Calliopé
        Vendredi 25 Mars 2016 à 13:58

        A la lecture de votre post qui me parait (fini le chapeau de gendarme sur le "i" devant un "t" dans la nouvelle orthographe) plus que sensé, "etiamsiomnes", au final, je suis infiniment perplexe. 

    74
    Calliopé
    Samedi 26 Mars 2016 à 10:30

    Cher "etiamsiomnes" je m'en reviens de nouveau vers vous. Oui, la licence poétique existe mais n'est valable qu'en "néoclassique".  Mais OK pour "encor" valable en "classique". Et puis "oui" le H de "horrible" est bien muet. En ce qui me concerne, j'écris surtout en "classique", genre pour lequel la prosodie est nettement plus drastique dans l'alexandrin, comme vous semblez ne pas l'ignorer. Si je reprends le cas qui me préoccupait, en l'occurrence "Quel/que/ ho/rri/ble/ ble/ssure/7 pieds dans le premier hémistiche, donc, au-lieu de 6 comme je l'aurais voulu. Ce qui revient à dire que pour que cette horreur de "quelque" soit acceptable, il eût fallu que "horrible" s'écrive "Orrible" (je compte sur la nouvelle orthographe pour pallier cette "orreur") pour pouvoir prononcer :

    "Quelque orrible blessure.....  " KEL/KO/RI/BLE/BLE/SSURE 6 pieds 

    (et continuer le 2ème hémistiche en le commençant par une voyelle, bien sûr), du genre :

    "Quelque orrible blessure/à jamais + 3 pieds" ou "Quelque orrible blessure/encore..."

    Oulala, quelle prise de tête de bon matin... "Mais  j'aime ça aussi/......." . Zut ! Ah ! Oh ! Un hiatus à présent...  

     

     

     

    75
    etiamsiomnes
    Dimanche 27 Mars 2016 à 10:38

    Cher (ou chère?) Calliopé. J'avoue mon ignorance en matière de prosodie classique. J'en suis resté aux vers ânonnés dans mon enfance. (J'ai dû m'y reprendre à 3 fois pour orthographier "ânonnés"). Quant à la nouvelle orthographe, j'y suis farouchement opposé: pourquoi aurait-il fallu se casser la tête en dictées et lectures pour voir en un instant anéantir tant d'efforts? 

    Bon courage!

      • Calliopé
        Dimanche 27 Mars 2016 à 15:32

        Cher "etiamsiomnes" (oui je suis chère mais bon, passons... et vous, cher je suppose...). Dommage pour ce qui est de la poésie... Concernant votre aversion pour la nouvelle orthographe, personnellement, je ne suis pas opposée à certains remaniements qui me semblent logiques donc nécessaires, surtout en ce qui concerne les mots affublés d'un accent aigu (et ils sont légion) alors que leur son émet un "è" et non un "é", genre "événement" devenu "évènement". Et puis aussi "porte-monnaie" devenu "portemonnaie", et pourquoi pas me diriez-vous -et vous auriez fichtrement raison- puisque depuis lurette on écrit un "portefeuille... Quoique certaines nouveautés me semblent quelque (tiens le revoilà celui-là) peu pas très catholiques, genre argüer (j’argüe, nous argüons, etc.), gageüre, mangeüre, rongeüre, vergeüre.... Pour le coup, j'en perds mes bas. Vous dites "pourquoi aurait-il fallu se casser la tête.... efforts". Eh bien, je vous répondrai benoîtement, simplement pour faire la nique à tous ces paresseux, partisans du moindre effort et leur montrer que vous -comme moi, bien sûr- avons encore quelques neurones bien accrochés, donc capables encore de courage et d'adaptation. Bon, passez quand même une bonne fin d'après-midi, une bonne soirée, une bonne nuit (barrez les mentions inutiles), et bien ravie d'avoir pu débattre avec vous... Je ne me relis pas, j'espère ne pas avoir laissé passer une fôte...

        PS. Faire gaffe, avec le mot "imbécillité" qui s'écrit "imbécilité" désormais... Logique, non ? Sans quoi nous pourrions passer pour des imbéciles.

    76
    etiamsiomnes
    Dimanche 27 Mars 2016 à 16:40

    Je bats ma coulpe... C'est vrai que notre langue est pleine d'illogismes. Mais cela impose-t-il une réforme officielle? Il y a tellement à reprendre si l'on veut se conformer à la prononciation usuelle: je bats, nous battons; hôpital... J'envie les Serbes et d'autres qui ont décidé d'écrire les mots comme ils se prononcent. 

    Très chère, nous nous écartons de cet h muet qui fut à l'origine de cette intéressante discussion.

    A plus, comme ils disent aujourd'hui.

      • Calliopé
        Dimanche 27 Mars 2016 à 19:50

        Le H muet et qui plus outre ce satané QUELQUE ... Voyez où ma logorrhée m'a une fois de plus emportée..

        A tout bientôt... comme diraient les Helvètes.

    77
    Michel JEAN
    Lundi 28 Mars 2016 à 09:46

    Revue Persée, Les testaments des derniers rois de Navarre (Bibliothèque méridionale), par R. Anthony et H. Courteault.

      • Calliopé
        Lundi 28 Mars 2016 à 13:36

        C'est très intéressant ! La "h", lettre considérée comme "parasite"... alors là, je suis bien d'accord... Merci pour ce lien Monsieur Jean...

    78
    Michel JEAN
    Lundi 28 Mars 2016 à 16:49

    Il y a aussi ce pluriel en *tz que l' on re-trouve avec la ville de Ressons sur Matz prononcé sur [Ma] : " peut-être grandement vieux".

    79
    Michel JEAN
    Mardi 29 Mars 2016 à 10:16

    Mais je vous précise que les divers textes anciens issus de différents  "scriptoriums" d'Abbayes royales ne sont pas toujours paroles d'évangiles ou règles exactes à prendre aux pieds de la lettre...!

    80
    Rémi
    Mercredi 15 Juin 2016 à 08:29

    Bonjour,

    Votre site est d'une limidité surprenante, surtout si on considère qu'il parle d'une langue aussi compliquée que celle du français. J'ai d'ailleurs une interprétation vis-à-vis de cette complexité : le français est à la frontière de deux cultures latine et germanique. Mélange de latin et de franc, ce qui expliquerait cette complexité (adoption des règles strictes latines avec adoption de la grammaire francque, plus sommaire, d'où les exceptions).  Je ne sais pas si mon explication est correcte.

    J'ai cependant une remarque : Vous écrivez : "Des mots d’origine latine ont pu subir l’influence de mots germaniques et recevoir un H "aspiré" : haut, hauteur, hérisson, hors, hurler. Le masculin héros, bien que d'origine grecque, a un H aspiré (peut-être sous l'influence du germanique héraut), alors que l'héroïne reste fidèle à ses origines. ". Est-ce à dire que les mots d'origine germanique auraient plutôt un h aspiré alor que les mots d'origine latine auraient un h muet ? Certains ouvrages traitant de la langue française, notamment anglais, l'écrivent souvent. Est-ce une légende urbaine véhiculée par voie de voix ?

    Rémi

      • Mercredi 15 Juin 2016 à 10:29

        Selon Grevisse, "la plupart des mots commençant par h aspiré viennent des langues germaniques : francique, allemand, néerlandais, anglais ; quelques-uns d'autres langues connaissant un h aspiré comme son : arabe, espagnol... Les mots d'origine latine ou grecque n'ont pas d'h aspiré normalement". Il ajoute : "Dans héros, on attribue souvent la disjonction à la crainte d'une homonymie gênante de les héros avec les zéros [...] En tout cas, les autres mots de la famille ont un h purement graphique ; Ch. Muller croit à l'influence de héraut."

    81
    Cécile
    Mercredi 31 Août 2016 à 09:09
    Des huîtres (des zhuitres)
    un hélicoptère ( un nhelicoptere)
    82
    Françoise
    Mardi 6 Décembre 2016 à 18:45
    Pour moi on ne dit pas, j' est requis mais j' ai requis. Horreur d' auxiliaire et de conjugaison .
      • Mardi 6 Décembre 2016 à 19:28

        J'ai écrit : "Si j' est requis, il s'agit d'un h muet", en prenant soin de mettre j' (et h) en italique et de laisser une espace entre j' et est.
        Cela signifie : "Si la forme élidée du pronom je est requise, il s'agit d'une lettre h muette"...

    83
    j.f
    Jeudi 13 Avril à 02:19

    Juste un mot : Merci, cher Monsieur.

    Et peut-être une question, si c'est bien le lieu pour la poser et si vous avez encore un petit instant...

    Que pensez-vous de la place faite aux verbes des domaines techniques dans les deux dictionnaires généraux de notre langue, Robert et Larousse ?

    En d'autres termes, sans relancer la querelle du dictionnaire, peut-on selon vous rejoindre Furetière encore aujourd'hui ? Si oui pourquoi ?

    (En quelques mots seulement, s'il vous plait, car je ne voudrais pas abuser de votre temps.)

    84
    Roméo
    Samedi 22 Avril à 21:21

    Savez-vous comment s'explique que les mots de la famille de handicap n'ont pas tous le même h, par ex. le nom et le verbe ?

    85
    etiamsiomnes
    Dimanche 23 Avril à 11:20

    Bonjour. Ce problème du h muet ou aspiré reste insoluble. Je me posais la question à propos de "henry et Henri". Ici encore on trouve les deux versions. Si le henry, unité physique, possède un h aspiré (selon Wikipédia), en ce qui concerne notre bon roi Henri, les deux versions coexistent. On trouve dans la littérature "l'enfance d'Henri le béarnais" aussi bien que "l'enfance de Henri le béarnais". Ou encore "la mort d'Henri d'Albret". Bref, on n'en sort pas bad.

    86
    Michel Jean
    Vendredi 2 Juin à 21:14

    Bonjour M. Marc, elle m'avoue entre quatre yeux après que je demande très humblement si si son prénom Béatrice et avec un [x] les yeux dans les yeux toujours elle me répond non avec un z. Me voilà tout Deauville... Blnsoir et bonne soirée. Mich.

    87
    morino
    Lundi 4 Septembre à 12:55

    Bonjour,

    Et pour un prénom svp ? Par exemple Haroun. Doit-on dire, la chambre de Haroun ou la chambre d'Haroun ?

    Merci et bonne journée

      • Lundi 4 Septembre à 15:14

        H est généralement muet dans les prénoms : Hector, Héloïse, Henri, Hugues, etc. Il peut y avoir hésitation avec ceux d'origine étrangère. Toutefois, on parle d'ordinaire des livres d'Haroun Tazieff.

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