• Faire-part(s)

    Faire-part(s)

    « Et de rire et de moquer (...) Le site spécialisé dans l'actualité de la télévision Ozap, en pointe dans la "Sophia Aram week bashing", de préparer les faire parts de décès, allant même jusqu'à inventer la bizarre expression de "bouche à oreilles sur les réseaux sociaux". »

    (Bruno Roger-Petit, sur nouvelobs.com, le 18 septembre 2013) 
    Sophia Aram (photo france2.fr )
     

    FlècheCe que j'en pense


    Faire parts ? En voilà une « bizarre expression »... orthographique !

    Plutôt que de moquer son confrère Ozap, qui lui-même moque sa consœur Sophia Aram – présentatrice sur France 2 d'une nouvelle émission apparemment en panne d'audience –, notre journaliste aurait mieux fait de s'en tenir à l'essentiel, à savoir nous faire... part d'un message compréhensible de tous, dans un français correct, sinon impeccable.

    Las ! à trop fanfaronner dans un jargon anglais qui se veut sans doute branché – précisons à l'intention de ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare que le nom bashing signifie « volée de coups », puis « insulte, attaque verbale », et est dérivé du verbe to bash, « frapper, cogner ; houspiller » –, on finit souvent par se prendre les pieds dans les replis de sa propre langue.

    Rappelons à cet égard que le nom faire-part s'écrit traditionnellement avec un trait d'union et est invariable, si l'on en croit Girodet, Thomas et l'Académie : un faire-part, des faire-part. « Mais ça, c'était avant ! » me ferez-vous remarquer à bon droit. Avant que les réformateurs de 1990 ne s'intéressassent au pluriel des noms composés d'un verbe et d'un autre nom, lesquels ne doivent prendre la marque du pluriel... qu'au pluriel (!), ladite marque étant portée sur le second élément : un faire-part, des faire-parts. Quant au trait d'union, dont les jours sont visiblement comptés, il ne saurait disparaître au profit d'une espace : la nouvelle orthographe préconise en effet de recourir à la soudure « dans les cas où le mot est bien ancré dans l’usage et senti comme une seule unité lexicale ». Les éléments qui entrent dans la composition de la locution faire part de (« faire savoir »), à l'origine de notre substantif, n'étant plus compris de manière distincte, la graphie un fairepart, des faireparts (sur le modèle un portefeuille, des portefeuilles) est aujourd'hui recommandée... quoique visiblement boudée par les dictionnaires usuels. Un nouvel exemple de « réforme bashing » – pardon, de dénigrement de la réforme ?

    Remarque : Sans être un spécialiste en la matière, il me semble que « Sophia Aram bashing week » serait une formulation plus conforme à la logique comme à la syntaxe anglaises. Quant à l'expression de bouche à oreille (au sens de « oralement et en confidence »), qui a produit le composé bouche à oreille, elle s'écrit avec oreille toujours au singulier, histoire de rappeler que l'on parle d'ordinaire à l'oreille de quelqu'un d'autre. Là où l'affaire devient cocasse, c'est que ledit nom composé, à défaut d'être employé avec toute la pertinence requise dans l'article publié sur le site d'Ozap, y est au moins correctement orthographié : « Le mauvais bouche à oreille constaté sur les réseaux sociaux ». Décidément, il y a des baffing(s) qui se perdent...

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Préparer les faire-part de décès (orthographe traditionnelle).

    Préparer les faire-parts de décès ou les faireparts de décès (orthographes rectifiées).

     

    « Voir(e)L'échappé(e) belle »

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 21 Septembre 2014 à 14:19

    Article bien utile dont je viens de faire mon profit. au moment d'écrie au pluriel dans ce cas figure, j'ai souvent un doute, qui vient d'être levé ici.

    Merci !

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