• Expert près les... tribunaux

    « Une enquête préléminaire concernant des soupçons de favoritisme visant Mathieu Gallet, lorsqu'il était président de l'INA, a été ouverte à Créteil. »
    (paru sur lefigaro.fr, le 4 juin 2015) 

    (photo radiofrance.fr)

     
    FlècheCe que j'en pense


    Claude Kannas, dans Le Bescherelle pratique, avait pourtant pris soin de mettre les points sur les i : « Bien dire préli et non prélé. » Las ! la graphie fautive se répand dans les médias à la vitesse d'un galet lancé sur la glace : « enquête préléminaire » (L'Express, L'Usine nouvelle, RFI, Le Huffington Post), « résultats préléminaires » (RFI), « les préléminaires » (Atlantico), « 
    L'auteur voulait surtout introduire sa huitième pièce de théâtre, Foreplay ("Préléminaires") » (Le Monde).

    J'avoue avoir du mal à m'expliquer cette confusion, tant l'adjectif préliminaire peut aisément être décomposé en pré- (préfixe marquant l'antériorité) et en liminaire (emprunté du latin liminaris, « relatif au seuil, initial », de limen, « seuil, entrée »), d'où « qui précède, qui prépare le fait, l'objet principal » (question, remarque, discours préliminaire) et, employé substantivement au masculin pluriel, « ce qui annonce, rend possible quelque chose de plus important » (spécialement les préliminaires amoureux). Mais il faut croire que les lois de la phonétique sont ainsi faites que grande est la tentation de substituer é à i sous l'attraction d'un autre é placé dans une syllabe immédiatement voisine : les occurrences de la forme éléminer (pour éliminer) ne sont-elles pas aussi fréquentes sur la Toile ?

    Il n'empêche : mieux vaudrait ne pas trop faire durer ces préléminaires-là...

    Remarque : Dupré nous invite à bien distinguer préliminaire de liminaire : « un chapitre liminaire commence un ouvrage, il fait partie de l'ouvrage proprement dit ; un chapitre préliminaire n'en fait pas partie, c'est une sorte d'avant-propos. »

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Une enquête préliminaire.

     

    « Affronter / ConfronterDe l'influence de la prononciation sur l'orthographe »

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  • Commentaires

    1
    Michel JEAN
    Lundi 31 Août 2015 à 10:42

    Bonjour M. Marc,  Que sais-je, collection encyclopédique fondée par Paul Angoulvent: Dyslexie et Dyslatérité, E tienne Boltanski. juin 1982. p.51. Les conclusios de Vellutino sont les suivantes: " il parait ressortir de nos études que les difficultés lexiques ne dépendent pas d'un dysfonctionnement des mécanismes visuo-perceptifs. La recherche récente montre que les erreurs directionnelles si souvent notées dans la lecture et l'écriture des dyslexiques, longtemps considérées comme révélant un déficit perceptuel, pourraient bien etre le reflet d'une déficience linguistique" (Dyslexia, p. 86).

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