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    Entreprenariat

    « La ministre déléguée au PME, Fleur Pellerin (...), recevra jeudi des associations représentatives de l'entreprenariat numérique. »
    (Dominique Albertini, sur liberation.fr, le 3 octobre 2012)
     
     
    Fleur Pellerin (photo wikipédia sous licence GFDL par Nicolas Reitzaum)
     

    FlècheCe que j'en pense


    Une fois n'est pas coutume, nos chers dictionnaires ennemis sont unanimes : la seule graphie consignée chez Larousse et Robert pour désigner l'activité, la fonction de l'entrepreneur est entrepreneuriat, quoi qu'en dise une certaine encyclopédie en ligne : « entreprenariat : Variante orthographique d'entrepreneuriat » (Wiktionnaire).

    Après tout, ce mot semble logiquement formé, à partir du substantif entrepreneur (attesté dès le XIIe siècle selon le Dictionaire d'ancien français de Grandsaignes d'Hauterive), auquel a été ajouté le suffixe -(i)at, propre aux dénominations de fonctions. Telle est également la graphie recommandée depuis 1984 par la commission de terminologie (qui suggère également comme équivalent : « esprit d'entreprise »). Et pourtant, ce i intercalaire me chiffonne...

    Reprenons : de formation récente, entrepreneuriat est apparu dans la langue de l'économie en même temps qu'actionnariat, partenariat, etc. La tentation était donc grande de privilégier, par analogie, la graphie fautive entreprenariat. Fautive, car entrepreneur n'est pas entreprenaire : il ne saurait fournir une telle dérivation, faute d'appartenir à la famille des substantifs en -aire, dont la terminaison se combine avec le suffixe -at pour prendre la forme savante -ariat, issue du latin -arius (c'est, du reste, la raison pour laquelle les variantes commissairiat et secrétairiat, influencées par commissaire et secrétaire, sont considérées comme des barbarismes). D'aucuns feront sans doute valoir l'analyse que Hanse fait du mot interprétariat : « [Il] a près de cent ans et est bien installé dans l'usage. Il est donc vain de lui reprocher d'être mal formé ; il ne dérive pas d'un nom en -aire ». Gageons que l'usage ne laissera pas entreprenariat mener à bien son... entreprise de concurrence déloyale.

    Pour autant, la forme entrepreneuriat ne me satisfait pas davantage. Pourquoi ne pas s'être contenté d'entrepreneurat, sur le modèle docteurdoctorat, moniteur → monitorat, professeur → professorat, tuteurtutorat (même si les racines latines ne sont évidemment pas les mêmes) ?

    En attendant de connaître la position de l'Académie sur ce sujet, on s'en tiendra à la graphie préconisée par Larousse et Robert.


    Remarque : De même, on évitera les formes fautives entrepreuneuriat, entrepreunariat, résultant d'une confusion phonétique.

    Voir également le billet Entrepreneur.

     

    Flèche

    Ce qu'il conviendrait de dire


    Elle recevra des associations représentatives de l'entrepreneuriat numérique.

     

    « Au chevet deUne étude en atteste »

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  • Commentaires

    1
    Pinailleur
    Mercredi 2 Juillet 2014 à 17:23

    Si docteur fait doctorat, entrepreneur devrait faire entreprenorat et non entrepreneurat comme vous le suggérez...

    2
    Mercredi 2 Juillet 2014 à 23:30

    Votre remarque est fondée, même si la variante entreprenorat ne s'est pas imposée pour des raisons d'euphonie.

    3
    Mercredi 7 Octobre 2015 à 11:50

    un article bien détaillé et complet, intéressante. 

    4
    Chris86
    Jeudi 8 Juin à 15:30

    La raison d'euphonie ne pourrait-elle justifier une préférence pour entreprenariat plutôt qu'entrepreneuri at ?

    Existe-t-il d'ailleurs des règles précises permettant les choix euphoniques (en dehors d'éviter les hiatus) ?

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